E-Book, Französisch, 331 Seiten
Bonar Biographie de Robert Murray Mac-Cheyne
1. Auflage 2023
ISBN: 978-2-322-47001-3
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
E-Book, Französisch, 331 Seiten
ISBN: 978-2-322-47001-3
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Le nom Mac-Cheyne se trouve en bonne place dans le Calendrier des Saints Calvinistes de la Pentecôte (où il s'orthographie plutôt M'Cheyne, la langue liturgique officielle des églises évangéliques francophones étant l'anglais), mais peu de fidèles pourraient dire ce qui lui a valu cette distinction. En réalité ce jeune homme mort à vingt-neuf ans, ne s'est guère préoccupé de disputes théologiques ; il était avant tout un pasteur-évangéliste, dont le ministère a eu une grande influence dans le Réveil religieux qui a précédé la création de l'Église libre d'Écosse (1843). Une autre raison de la renommée de Robert Murray M'Cheyne fut son expédition de 1839 en Palestine, dans le but de sensibiliser les protestants évangéliques au devoir d'évangéliser le peuple juif, avant le Millénium. La lecture de sa biographie laisse la forte impression que sa sainteté n'a pas été exagérée, mais douloureusement entretenue par une auto-censure constante du désir de gloire humaine, et par le souci permanent du salut de ses paroissiens. Humble quoique lisant l'hébreu, le grec et le latin, gagneur d'âmes, sioniste convaincu, on le rangerait sans hésiter dans la grande nuée des témoins de Jésus-Christ, même si le Calendrier des Saints Calvinistes de la Pentecôte n'existait pas. Cette numérisation ThéoTeX reproduit le texte de 1857.
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Travaux dans la vigne du Seigneur après l'imposition des mains.
Tandis que Mac-Cheyne était encore occupé à passer, devant le presbytère d'Edimbourg, les examens définitifs de théologie, au printemps et en été de l'année 1835, un grand nombre de pasteurs le demandèrent en qualité d'aide et de suppléant. Il fut, entre autres, particulièrement sollicité de choisir pour son début les paroisses réunies de Larbert et de Dunipace, près Stirling, dont M. John Bonar était alors pasteur. Ces invitations bienveillantes le décidèrent à demander, comme cela se fait souvent en pareil cas, au presbytère d'Edimbourg, sous la direction duquel il avait jusqu'alors poursuivi ses études, de transférer le reste de ses examens publics à quelque autre presbytère moins pressé d'affaires, auprès duquel il pût les achever sans délai. Sa requête reçut le meilleur accueil, et comme il avait des relations dans le Dumfriesshire, il choisit le presbytère d'Annan, qui lui donna, le 1er juillet 1835, l'autorisation de prêcher l'Évangile. Il nous apprend quels sentiments il éprouva alors par quelques lignes qu'il écrivit le même soir : « Prêché trois sermons d'épreuve dans l'église d'Annan, et après avoir subi encore un examen d'hébreu, le Modérateur, M. Monglaws, m'a autorisé solennellement à prêcher l'Évangile. Bénis l'Éternel, ô mon âme, et que tout ce qui est au dedans de moi loue et magnifie son saint nom. Ce que j'ai si longtemps désiré comme le plus grand honneur qui pût être fait à l'homme, tu me l'as accordé enfin, à moi qui ose à peine dire après saint Paul : A moi, le moindre de tous les saints, a été donnée cette grâce d'annoncer parmi les gentils la bonne nouvelle de la richesse inscrutable du Christ. Sérieusement impressionné, quoique incapable de sentir mon indignité comme je le devrais. Oh ! que que je sois paré d'humilité ! »
Un événement arrivé la semaine précédente, bien fait pour l'attrister en tout temps, vint d'ailleurs donner un caractère de gravité inaccoutumé à son entrée dans la carrière. C'était la mort si regrettable du révérend John Brown Patterson, de Falkirk, homme doué d'une éloquence rare et d'un savoir éminent, et qui avait mis toutes ses facultés, toutes ses forces, son âme tout entière au service de son Dieu. En quelques jours la fièvre l'enleva. Peu avant sa mort, il s'était singulièrement préoccupé de l'effrayante responsabilité des pasteurs, il en avait beaucoup parlé ; aussi sa fin prématurée fut-elle pour beaucoup de ministres une leçon frappante, et pour tous un avertissement de la soudaineté avec laquelle le compte des âmes qui leur étaient confiées pouvait leur être redemandé.
Le dimanche suivant, Mac-Cheyne prêcha pour la première fois dans l'église de Ruthwel, près de Dumfries, le matin, sur le « Réservoir de Bethesda, » et l'après-midi sur « la Porte étroite. » Le même soir il écrit dans son journal : « J'ai éprouvé qu'annoncer Christ avec autorité est une chose beaucoup plus sérieuse encore que je ne l'avais imaginé ; mais quel glorieux privilège ! » La semaine suivante (samedi 11 juillet), nous trouvons encore : « Seigneur, emploie-moi à ton service quand il te plaira et où il te plaira. En ta main, tout ce que j'ai reçu remplira sa destination. Donne-moi donc d'être sans inquiétude. » Le lendemain, de nouveau, après avoir prêché à Leith : « Avant de monter en chaire je me suis souvenu de la Confession qui dita : Nous avons eu plus de souci du messager que du message. » Plus loin, toujours à la même date : « Tandis que j'étais en chaire, il me vint à la pensée que si Dieu permettait que je devinsse son ministre, je pourrais jouir dans la prédication de doux moments de communion avec lui. L'âme tout entière est émue quand elle parle pour Dieu. Il serait donc possible que la foi devînt alors plus vive que dans des moments de calme et de repos. »
Il ne commença ses travaux à Larbert que le 7 novembre. Dans l'intervalle, il prêcha en divers lieux, et beaucoup de personnes commencèrent à s'apercevoir de la douceur particulière que prenait la parole en passant par ses lèvres. La lettre par laquelle il annonçait qu'il consentait à travailler dans cette paroisse, contenait entre autres choses les paroles suivantes : « J'ai toujours eu pour but, et c'est aussi ma prière, de ne faire aucun plan d'avenir, tellement je suis convaincu que la place qui me convient le mieux sera celle où le Seigneur jugera à propos de me mettre. »
La paroisse, théâtre de ses premiers travaux, était fort considérable, car elle ne renfermait pas moins de six mille âmes. L'église paroissiale est à Larbert ; cependant un second temple avait été érigé à Dunipace, bien des années auparavant, grâce aux efforts énergiques de M. Bonar. M. Hanna, plus tard pasteur de Stirling, venait de quitter Larbert lorsque Mac-Cheyne vint le remplacer, avec un cœur brûlant de zèle et de dévouement, mais dans un état de santé assez précaire. Ses devoirs d'aide consistaient à prêcher chaque dimanche alternativement à Larbert et à Dunipace, et à faire pendant la semaine un aussi grand nombre de visites pastorales que le lui permettaient ses forces de corps et d'âme. Les deux paroisses présentaient de notables différences dans les traits généraux de leur caractère, néanmoins toutes les deux étaient l'objet de soins également empressés de la part du pasteur et de son aide ; et souvent ils s'unirent dans la prière pour demander que les canaux des cieux s'ouvrissent sur les deux églises. Il y eut là des âmes sauvées. Que de fois pourtant le fidèle pasteur ne mêla-t-il pas ses larmes à celles de son jeune collaborateur, en s'écriant : « Seigneur, qui a cru à notre prédication ! » Ils semèrent beaucoup dans la foi, et ne perdirent jamais courage alors même que les récoltes semblaient ne point répondre aux semailles.
Mac-Cheyne se complaisait extrêmement dans le souvenir que Larbert était l'un des lieux où Robert Bruce, ce saint homme de Dieu, avait jadis travaillé et prié. Il s'en rappelle plus tard, même au fond de la Terre-Sainte, car, écrivant de là, il exprime le vœu « que l'Esprit souffle sur Larbert comme aux jours de Bruce. » Mais ce qui lui tenait au cœur, ce qui occupait ses pensées plus que toutes les réminiscences pareilles, c'était le salut des âmes : il en avait soif. Une lettre qu'il écrivit de Dundee, en 1837, à M. Bonar, montre de quelles compassions il était animé envers ses paroissiens. « Je ne saurais exprimer l'intérêt que je ressens pour Larbert et Dunipace. Il me semble que c'est mon pays natal. Le soleil de justice s'y lèvera-t-il jamais pour éclairer ses montagnes et ses vallées de la lumière de la connaissance de Jésus ? »
Il ne se fut pas plutôt installé dans son habitation, qu'il commença son œuvre. Et, pour lui, le commencement de tout travail consistait invariablement dans la préparation de son propre cœur. Pendant les premières heures si calmes du matin, il préludait, par ses dévotions particulières, aux événements du jour. Les murs de son cabinet, témoins intimes de son esprit de prière, virent, je pense, bien des larmes et entendirent bien des supplications et des soupirs. Souvent dès l'aube du jour il chantait quelque cantique. Enfin il recherchait beaucoup sa propre sanctification dans une lecture attentive de la Parole, et il est peu de chrétiens qui aient réalisé autant que lui les bénédictions promises par le Psaume 1. Son feuillage ne se flétrit point, car ses racines étaient au bord des grandes eaux.
C'est à Larbert qu'il commença à faire une étude approfondie des œuvres de Jonathan Edwards ; il les regardait comme une mine qu'il suffisait d'exploiter pour qu'elle produisît des trésors ; les Lettres de Samuel Rutherford n'étaient pas moins fréquemment entre ses mains. De temps à autre, il parcourait aussi des ouvrages scientifiques, mais il ne le faisait plus qu'avec le but bien arrêté d'y trouver l'éclaircissement de vérités spirituelles. Un jour qu'il lisait des détails sur l'architecture des insectes, il s'écria, transporté d'admiration : « Dieu règne sur une fourmilière tout aussi visiblement que sur des hommes vivants ou de puissants séraphins. »
Extrêmement désireux de croître dans la connaissance des Écritures, il faisait une étude régulière et assidue de l'Ancien Testament aussi bien que du Nouveau. Il aimait à pénétrer jusqu'aux derniers recoins de la vaste révélation de Dieu ; aussi disait-il un jour à un ami : « Il serait un triste observateur du monde, l'homme qui ne voudrait examiner que les champs fleuris et les jardins bien arrosés des terres cultivées. On ne peut se former aucune idée juste de notre monde, si l'on n'a pas erré au milieu des rocs sauvages de la montagne, à travers les plaines marécageuses et les landes stériles ; si l'on n'a enfin, du pont d'un navire, contemplé l'étendue des grandes eaux sans aucun rivage à l'horizon. Il en est de même de la Bible ; ce serait une triste manière de l'étudier, que de ne pas vouloir connaître toutes les paroles inspirées de Dieu ; que de ne pas sonder soigneusement les chapitres même les plus arides, pour y recueillir le bien qu'ils ont été destinés à produire ; que de ne pas s'efforcer de comprendre toutes les sanglantes batailles qui y sont racontées, afin d'y trouver du pain pour celui qui mange, et de tirer le miel de la carcasse du lion. » —...




