Bevan | Vie de Guillaume Farel | E-Book | www.sack.de
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E-Book, Französisch, 489 Seiten

Bevan Vie de Guillaume Farel


1. Auflage 2023
ISBN: 978-2-322-25945-8
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

E-Book, Französisch, 489 Seiten

ISBN: 978-2-322-25945-8
Verlag: BoD - Books on Demand
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Si Guillaume Farel (1489-1565) n'est pas aussi célèbre que Luther ou Calvin, son rôle dans la propagation de la Réforme protestante en Suisse et en France a cependant été immensément important. Évangéliste audacieux, orateur passionné et puissant, il a influencé en bénédiction petits et grands personnages qui ont croisé sa route. Sa vie nous est connue par la correspondance qu'il a entretenue avec les autres acteurs de la Réforme. Frances Bevan (1827-1907), traductrice et poétesse de nationalité britannique mais bilingue, installée à Cannes, a écrit la biographie la plus complète qui existe de Farel. Théologiquement issue des Frères de Plymouth, on peut sans doute lui reprocher son style assez mômier (c-à-d qui cherche trop souvent à convertir le lecteur), cependant son ouvrage se lit agréablement ; il reste une référence pour faire revivre dans nos coeurs un héros de la foi, dont la carrière démontre la puissance de Dieu, lorsqu'il daigne s'emparer d'un homme pauvre et d'apparence chétive, mais totalement dévoué à sa cause. Cette numérisation ThéoTeX reproduit le texte de 1885.

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?  Préface

En écrivant la biographie du grand réformateur de la Suisse romande, nous nous sommes tenu aussi près que possible de la vérité historique. Nous exprimons ici nos vifs sentiments de reconnaissance au modeste savant, auteur de la Correspondance des réformateurs, qui nous a permis de puiser largement dans son précieux recueil.

Outre le désir de remettre en lumière un des Français les plus dignes d'être connus, nous nous sommes proposé un but plus élevé encore, celui d'éveiller dans les cœurs français et suisses l'intérêt pour la vérité révélée dans la Bible et l'amour pour Celui qui a envoyé son fils semblable à Lui, afin que nous le recevions comme notre Sauveur, notre Dieu et notre Maître.

Si la vie de Farel est l'histoire d'une âme en rapport continuel avec Christ, c'est que le réformateur sentait sa responsabilité. Il avait reçu gratuitement un don précieux et son cœur brûlait du désir d'en rendre tous les hommes participants en leur faisant connaître le chemin de la délivrance du péché. Que le nombre de ces affranchis du péché soit augmenté de jour en jour ! c'est le désir et la prière de l'auteur de ce livre : elle le place sous la bénédiction de Celui qui s'est souvent servi des instruments les plus faibles et les plus petits !

sources principales
  • A. L. Herminjard. Correspondance des réformateurs dans les pays de langue française. Genève 1868-83, 6 vol. in-8.
  • J.-H. Merle d'Aubigné. Histoire de la Réformation au temps de Calvin. Paris 1863-78, 8 vol. in-8.
  • A. Roget. Histoire du peuple de Genève, de la Réformation à l'Escalade. Genève 1870-84, 7 vol. in-12.
  • L. Vulliemin. Le Chroniqueur, recueil historique et journal de l'Helvétie romande, renfermant le récit de la Réformation de ce pays et celui de sa réunion à la Suisse dans les années 1535 et 1536. Lausanne 1835-36, 1 vol. in-4o.
  • L. Junod. Farel, réformateur de la Suisse romande. Neuchâtel 1865, 1 vol. in-12.
  • Pierre de Pierrefleur. Mémoires où sont contenus les commencements de la réforme dans la ville d'Orbe et le Pays de Vaud. Lausanne 1856, 1 vol. in-8.
  • A. Ruchat. Histoire de la Réformation de la Suisse, édition Vulliemin. Nyon 1835-38, 7 vol. in-8.
  • Jeanne de Jussie. Le levain du calvinisme, ou commencement de l'hérésie de Genève (d'après l'édition de 1611). Genève, édition Revilliod-Fick, 1853.
  • Les œuvres de Farel et ses lettres, déposées à la bibliothèque des pasteurs de Neuchâtel et à la bibliothèque de Genève.
?  1
L'enfant sans Bible

Près de la ville de Gap, non loin de la frontière sud-est de la France, au pied des Alpes, existe un petit hameau à demi caché sous les arbres et entouré de vertes prairies émaillées de fleurs. — La Durance, qui descend en bouillonnant des montagnes, passe près du village. A la fin du quinzième siècle, les Farelles, c'est le nom du hameau, dépendaient d'un manoir dominant les chaumières et habité par un seigneur nommé Farel. On voit encore les ruines du château et de sa haute terrasse entourée d'un verger. Ce seigneur avait cinq fils, Daniel, Jean, Jacques, Claude, Guillaume et Gauthier, et une fille. Guillaume, qui paraît avoir été l'avant-dernier, naquit en 1489. Le nid paternel de Guillaume Farel n'était pas une retraite que ni troubles ni tumultes ne pouvaient atteindre. Au contraire, les montagnes du Dauphiné n'étaient rien moins que paisibles. Les vallées voisines du Piémont étaient habitées par les Vaudois, humbles montagnards qui obéissaient en grande partie à la Parole de Dieu et avaient souvent été persécutés par les papes de Rome et leurs suppôts.

Deux ans avant la naissance de Farel, Innocent VIII ordonna que ce qui restait du malheureux peuple des Vaudois, fût poursuivi et exterminé. « Ecrasez ces hérétiques sous vos pieds, s'écria le pontife, comme des serpents venimeux. » Conformément à cet ordre pastoral, les modestes demeures qui abritaient le petit troupeau de Christ, furent attaquées en 1488 et 89, par une armée de dix-huit mille soldats, à la tête desquels marchait le légat du pape. Les malheureux Vaudois se réfugièrent dans les cavernes et les antres des rochers, mais les soldats les poursuivirent de retraite en retraite, ne laissant pas une forêt ou un vallon inexploré et couvrant le sol des victimes de celui qui s'appelait le vicaire de Christ sur la terre ! Ces scènes sanglantes se passaient autour du village des Farelles lorsque Guillaume naquit, et ses parents ont dû en avoir connaissance, mais ils ne paraissent pas avoir mis en doute que les soldats du pape ne fissent l'œuvre de Dieu ; ils avaient des oreilles pour ne pas ouïr, des yeux pour ne pas voir. Du reste, les parents de Farel avaient une apparence de raison à alléguer en faveur du massacre des Vaudois : c'est que les prêtres affirmaient que ces pauvres gens étaient tous des sorciers et des magiciens, qui se réunissaient avec les Juifs les nuits de sabbat pour adorer le diable et commettre toute sorte d'abominations. Les prêtres racontaient encore que les Vaudois se rendaient à ces sabbats nocturnes en chevauchant à travers les airs sur le dos de monstres, ou bien assis sur un manche à balai, en bois de bouleau, franchissant ainsi de grandes distances avec la rapidité de l'éclair. C'étaient, ajoutait le clergé, ces invocations des hérétiques au diable, qui produisaient les mauvaises récoltes, les épidémies et autres calamités.

« Mes parents, dit Farel, croyaient à toutes ces choses. » Il nous est difficile de comprendre que pareille folie et pareille ignorance aient jamais existé. Et pourtant il y a de nos jours bien des gens aussi crédules que les Farel, qui mettent la parole de l'homme à la place de celle de Dieu et pensent faire acte de foi en acceptant les inventions de l'homme. Il y a, par exemple, des milliers de personnes qui croient encore qu'un prêtre peut pardonner les péchés, et qu'il suffit d'être baptisé d'eau par un ministre pour être né de nouveau. Cela nous paraît peut-être moins absurde que de croire aux sorciers voyageant dans les airs sur des manches à balai, mais aux yeux de Dieu c'est tout aussi condamnable, surtout de la part de ceux qui, ayant la Bible, peuvent s'éclairer. Nous devons avoir pitié des Farel, car ils n'avaient que la parole de l'homme, celle de Dieu leur était inconnue ; il croyaient bien, mais leur foi était en l'homme et non en Dieu, or le Seigneur Jésus a dit : « Croyez en Dieu. » Cette foi-là est la seule efficace.

Guillaume était aussi crédule que ses parents ; on lui enseigna, comme il le dit lui-même, à prier tant de saints et d'anges, que son esprit devint comme un temple d'idoles et qu'il était semblable à un calendrier ambulant des jours de saints et de jeûnes. Guillaume apprit en outre les merveilleuses légendes de ces saints ; comment St-François en causant amicalement avec un loup dans les bois, lui persuada de ne plus dévorer les hommes, comment il fit monter en chaire devant toute la congrégation le loup qui donna la patte en signe d'obéissance, et enfin comment ce bon loup tint fidèlement sa promesse. On lui racontait aussi l'histoire de Ste-Elisabeth dont le mari lui avait défendu de donner du pain aux pauvres. La sainte continua ses distributions malgré les ordres de son mari. Or un jour qu'elle allait en ville avec son tablier plein de pain et de viande, elle rencontra son époux qui lui demanda ce qu'elle portait. Ste-Elisabeth répondit que c'étaient des fleurs ; le mari méfiant ouvrit son tablier, mais n'y trouva en effet que des lis et des roses, Le petit Guillaume aimait à réfléchir, il aura pu se demander s'il était louable pour une femme de désobéir à son mari, et s'il pouvait être mal de mentir puisque les saints en donnaient l'exemple. On racontait à l'enfant bien d'autres histoires des saints qui, après avoir été décapités, avaient marché en portant leur tête, qui avaient prêché aux oiseaux et aux chenilles, qui avaient marché sur la mer, tué des dragons et eu des visions. On lui parla aussi des saints qui avaient vécu pendant des années sur une colonne, de ceux qui ne se lavant jamais par renoncement, se laissaient ronger par la vermine ou mêlaient des ordures avec leurs aliments.

On lui apprit à lire lorsqu'il était encore un tout jeune garçon, mais hélas ! personne ne lui donna la Bible, c'était un livre que lui et ses parents n'avaient jamais vu. « Quand je pense, dit-il lui-même, où j'en ai été auparavant, l'horreur me prend, en songeant aux heures, prières et services divins que j'ai faits et fait faire à la croix et à autres telles choses contre le commandement de Dieu. Et si alors Satan ne m'eût aveuglé, ce que je faisais et ce que je voyais me devait bien montrer et faire connaître combien j'étais hors du droit chemin. La première notable idolâtrie dont il me souvienne et le premier pèlerinage auquel j'ai été, fut à la sainte croix qui est en une montagne auprès de Tallard, diocèse de Gap, laquelle croix sert, à ce qu'on dit, à faire recouvrer la vue ; le lieu porte le nom de la croix et l'on dit qu'elle est du propre bois de la croix en laquelle Jésus-Christ a été crucifié. Or le bois d'icelle croix est couleur de cendre, c'est un bois tout rude et non aplani, et en tout contraire à celui de la croix que j'ai adorée et baisée à Paris… et je ne pense point qu'il y ait un seul des bois que j'ai vus qu'on dit être de la croix, qui ressemble à l'autre ni qui soit de la même espèce de bois. Cette croix de...



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