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E-Book, Französisch, Band 2-2, 138 Seiten
Reihe: 2
BK Amour et Déraison II
1. Auflage 2026
ISBN: 978-2-322-67352-0
Verlag: Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: Adobe DRM (»Systemvoraussetzungen)
Espoir d immigrés
E-Book, Französisch, Band 2-2, 138 Seiten
Reihe: 2
ISBN: 978-2-322-67352-0
Verlag: Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: Adobe DRM (»Systemvoraussetzungen)
GERALD BK est un auteur passionné et créatif, dont le travail explore les profondeurs de l imagination et les complexités des émotions humaines. Initialement dessinateur de bandes dessinées, il a décidé de quitter le dessin scénarisé pour se consacrer pleinement à l écriture de livres. Cette transition a été motivée par un désir d aborder divers thèmes qui le touchent personnellement, tout en lui permettant d'inventer des scénarios riches et captivants. Amoureux des mots et des histoires, GERALD utilise sa sensibilité artistique pour créer des univers où les personnages prennent vie, où les intrigues sont tissées avec finesse et où chaque page invite le lecteur à se plonger dans une aventure sans précédent.
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Chapitre 2
Nancy en Quête de Réponses
La décision de Nancy était prise. Dès l’aube du jour suivant, elle se lança dans une quête qu’elle savait périlleuse, mais pour laquelle elle était prête à tout sacrifier. La lettre de Gaëtan, les mots brûlants d’un amour encore vivant malgré le temps, résonnaient en elle comme une lueur d’espoir. Un espoir fragile, certes, mais assez puissant pour défier les frontières invisibles et invisibles du monde.
Son premier objectif était de savoir où se trouvait Gaëtan, de quelle manière elle pourrait le retrouver. En Amérique du Sud, elle savait que les informations circulaient lentement et qu’elle devait agir vite, sans se laisser remarquer. Ce n’était pas simplement une recherche géographique, c’était une traque silencieuse à travers des vies oubliées. Elle se souvint des rares détails que Gaëtan avait partagés dans leurs derniers moments ensemble, des indices qui désormais semblaient aussi lointains que des étoiles mortes.
Nancy se rendit à la petite bibliothèque du village, un lieu poussiéreux où les rares livres étaient éparpillés entre les étagères branlantes. Là, elle chercha des informations sur les politiques d’immigration et les centres de rétention dans les pays voisins. Les employés la regardaient avec curiosité, mais elle n’était plus la même femme. Elle avait changé, façonnée par des années de solitude et de douleur.
Elle avait appris à cacher ses émotions, à ne pas laisser transparaître la fièvre de son désir de le retrouver. Elle trouva finalement une brochure, un dépliant maladroitement imprimé sur les démarches administratives des migrants. C’était là qu’elle apprit, en feuilletant les pages jaunies, qu’il existait des organisations humanitaires opérant en Afrique pour venir en aide aux migrants. En grattant la surface de cette information, elle réussit à dénicher un nom, une organisation en particulier qui, d’après les rapports, avait pour mission de soigner et d’accompagner les exilés souffrant de troubles mentaux. Son cœur s’emballa. Il y avait une chance. Mais elle savait aussi que les distances, les langages, les frontières physiques seraient des obstacles à surmonter. Chaque pas la rapprochait de l’inconnu, mais aussi de la vérité qu’elle cherchait depuis si longtemps.
Le voyage de Nancy commença à l’aube, chaque jour une nouvelle épreuve, chaque étape un défi. Elle traversa des montagnes, des forêts, des déserts, se cachant des autorités qui, bien qu’elles n’avaient pas d’intérêt particulier pour elle, représentaient un danger imminent. Les trajets étaient épuisants, mais le corps de Nancy, comme son esprit, était guidé par une seule idée : retrouver Gaëtan, lui offrir une nouvelle chance, un souffle d’espoir dans un monde qui les avait séparés.
Les nuits étaient les plus dures. Parfois, elle s’endormait à peine, les bruits du vent et des animaux sauvages s’infiltrant dans ses rêves. Elle se réveillait souvent en sursaut, le cœur battant, comme si, dans son sommeil, elle avait perdu une partie de son âme. Elle se forçait à avancer, à regarder au-delà des difficultés, à se concentrer sur la vision de Gaëtan, la force de son amour, l’idée qu’il avait peut-être attendu, tout comme elle, la possibilité d’une rencontre, d’un chemin vers la réconciliation.
Elle se fit des alliés inattendus en cours de route : un groupe de migrants, comme elle, fuyant la violence et la répression, qui, au début, l’observait avec méfiance, mais qui, peu à peu, lui accorda une forme de solidarité tacite. Parmi eux, il y avait une jeune femme, Elena, qui, touchée par la détermination de Nancy, décida de l’aider à traverser les frontières les plus périlleuses. Elena lui confia qu’elle avait traversé l’Argentine, le Pérou, et plusieurs autres pays avant d’atteindre le Brésil. “Le voyage n’est jamais vraiment fini”, disait-elle souvent en riant, malgré la douleur évidente dans ses yeux. “On continue d’avancer, encore et encore, jusqu’à ce qu’on trouve ce qu’on cherche, ou que ce soit nous qui soyons trouvés.”
Un soir, alors qu’elles traversaient une zone particulièrement dangereuse, avec des soldats patrouillant à proximité, Nancy sentit une main ferme se poser sur son épaule. Elena, la regardant droit dans les yeux, lui murmura : “Ne t’inquiète pas. Nous allons y arriver. Gaëtan t’attend.” Ces mots, simples mais porteurs d’une confiance profonde, la renforcèrent. Leurs vies dépendaient l’une de l’autre, et Nancy savait qu’elle devait poursuivre, coûte que coûte.
Des semaines après avoir quitté son village, Nancy arriva enfin à la frontière de l’Afrique, épuisée mais animée par une lueur d’espoir. Elle avait entendu parler d’un centre d’accueil dans une petite ville où des centaines de migrants étaient soignés et accompagnés. C’était un lieu de refuge, un havre de paix au milieu du chaos. Mais tout n’était pas aussi simple que Nancy l’avait espéré.
Les fonctionnaires, bien que bienveillants, la regardaient avec suspicion. En tant que femme seule et sans papiers officiels, elle représentait un risque potentiel pour eux. Après tout, elle n’était pas supposée être là. Cependant, son regard déterminé, son ton calme et persistant, finirent par gagner leur respect. Une bénévole, une femme d’âge mûr aux cheveux blancs et aux yeux pleins de sagesse, s’approcha d’elle.
“Vous cherchez quelqu’un ?” demanda-t-elle, le regard perçant.
Nancy lui expliqua son histoire, son amour pour Gaëtan, l’épreuve de l’exil, et surtout son désir de le retrouver. La bénévole, touchée par la sincérité de ses paroles, lui donna les coordonnées d’un médecin travaillant au sein de l’hôpital psychiatrique de la ville voisine. Elle l’avertit cependant que le processus pourrait être long, que les malades étaient nombreux et que Gaëtan n’était peut-être même pas sous leur radar.
Mais Nancy refusa de se laisser abattre. Elle s’y rendit immédiatement, son esprit obsédé par l’idée de revoir l’homme qu’elle avait aimé. L’hôpital, à la périphérie de la ville, était un endroit lugubre, mais c’était là qu’elle devait aller. Lorsqu’elle arriva à l’entrée, elle remarqua un soldat qui la scrutait de haut en bas, comme s’il savait déjà qu’elle n’était pas censée être là. Un frisson d’inquiétude lui parcourut le dos, mais elle serra les dents et poursuivit son chemin.
Finalement, après une série de démarches administratives compliquées, Nancy réussit à obtenir l’autorisation de rencontrer Gaëtan. Lorsqu’on la conduisit à sa chambre, son cœur battait la chamade. Elle entra lentement dans la pièce, et là, dans un coin, dans une position repliée, elle aperçut une silhouette qui, sans doute, était celle de Gaëtan. La pièce sentait l’humidité et la douleur. Tout à coup, l’espoir semblait incertain, tout comme la peur de le perdre à jamais. Mais elle n’avait pas le choix. Elle devait faire face à cette réalité.
“Gaëtan ?” murmura-t-elle doucement, le souffle court, son cœur suspendu dans l’attente de sa réponse.
Le silence qui suivit son murmure sembla s’étirer à l’infini. Nancy se tenait là, figée sur le seuil de la porte, les mains tremblantes, le regard accroché à la silhouette repliée dans le coin de la pièce. Ses yeux scrutaient les traits de l’homme assis là, comme pour discerner l’âme de l’homme qu’il était devenu. Gaëtan, ou l’ombre de ce qu’il avait été, était là, mais il semblait si loin, si brisé. Ses cheveux étaient longs et en désordre, ses vêtements élimés, comme s’il avait été plongé dans l’obscurité pendant des années. Il ne bougeait pas, ne réagissait pas à sa présence.
Nancy s’avança lentement, chaque pas lourd, comme si l’air autour d’elle avait soudainement pris du poids. L’odeur de l’humidité, de l’isolement, imprégnait la pièce, mais elle n’y prêtait aucune attention. Sa seule pensée était...




