Bunyan | Le voyage du Pèlerin | E-Book | www.sack.de
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E-Book, Französisch, 280 Seiten

Bunyan Le voyage du Pèlerin


1. Auflage 2019
ISBN: 978-2-322-22535-4
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 0 - No protection

E-Book, Französisch, 280 Seiten

ISBN: 978-2-322-22535-4
Verlag: BoD - Books on Demand
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Comment s'expliquer qu'un livre du dix-septième siècle, écrit dans un style presque enfantin, sur un sujet religieux, ait pu laisser une marque aussi profonde dans la littérature anglaise, au point qu'on ne compte plus le nombre de ses éditions et de ses réimpressions ? C'est qu'il ne faut jamais oublier que son auteur, John Bunyan, n'a pas tiré cette allégorie de son imagination seule : Le rêveur fatigué qui se retrouve dans une caverne, et qui va raconter son voyage onirique, c'est lui-même. Bunyan a écrit son livre en prison, où il est resté plus de douze ans, sans autre crime que d'avoir voulu prêcher publiquement l'Evangile ! Il est vrai que simple étameur de fer blanc, sans autre formation que sa lecture assidue de la Bible, Bunyan ne possédait aucun des titres ecclésiastiques exigés à l'époque pour pouvoir adresser un auditoire sur la religion. Cependant il est impossible d'arrêter une initiative prise par Dieu ; semblable aux apôtres du livre des Actes, aux instruments de réveil de toutes les époques, Bunyan a clairement été une telle initiative de Dieu.

John Bunyan (1628-1688), prédicateur baptiste non-conformiste, est devenu outre-Manche un personnage historique à cause de son conte allégorique, Le Voyage du pèlerin, qui a été réédité un très grand nombre de fois, et qui est le livre le plus imprimé après la Bible, a-t-on dit.
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I.


CONVERSION DU CHRÉTIEN

FACILE ET OBSTINÉ — CONVERSION D’UNE ÂME VRAIMENT RÉVEILLÉE — FAUSSE
CONVERSION D’UNE ÂME QUI NE SE REPOSE PAS SOLIDEMENT SUR CHRIST.

Comme je voyageais par le désert, j’arrivai dans un lieu où il y avait une caverne. Je m’y couchai pour prendre un peu de repos, et, m’étant endormi, je vis en songe un homme vêtu d’habits sales et déchirés Esa.64.6. Il était debout [tout prêt à agir, sorti du sommeil de la sécurité] et tournant le dos à sa propre maison Luc.9.62; 14.26-27. Il avait un livre à la main, et il était chargé d’un pesant fardeau Psa.38.5-6 ; Je vis ensuite qu’il ouvrit le livre et qu’il y lisait.

Bientôt il se mit à pleurer et à trembler, de sorte qu’étant tout effrayé, il s’écria d’un ton triste et plaintif : « Que faut-il que je fasse ? » Actes.16.30.

Dans cet état il retourna chez lui, et se contraignit, aussi longtemps qu’il lui fut possible, devant sa femme et ses enfants, de peur qu’ils ne s’aperçussent de son angoisse. Mais comme sa tristesse augmentait de plus en plus 2Cor.7.10. Il ne put se contenir longtemps ; ainsi il leur découvrit bientôt ce qu’il avait sur le cœur et leur dit :

– Ma chère femme, et vous, mes chers enfants, que je suis misérable et que je suis à plaindre ! Je suis perdu, et le pesant fardeau qui m’accable est la cause de ma perte. J’ai d’ailleurs un avertissement certain que cette ville où nous habitons va être embrasée par le feu du ciel 2Pi.3.7,10-11 ; et que les uns et les autres, moi, et vous, ma chère femme, et vous, mes chers enfants, nous serons misérablement enveloppés tous ensemble dans cet épouvantable embrasement, si nous ne trouvons un asile pour nous mettre à couvert ; or, jusqu’ici je n’en vois aucun.

Ce discours surprit au dernier point toute sa famille 1Cor.2.14 ; non pas qu’elle y ajoutât foi, mais parce qu’on s’imagina que cet homme avait le cerveau troublé, et qu’il s’était mis des pensées creuses dans l’esprit. Toutefois, dans l’espérance que son cerveau pourrait se remettre par le repos, parce que la nuit approchait, ils se hâtèrent de le mettre au lit.

Mais, au lieu de dormir, il ne fit, presque toute la nuit, que soupirer et verser des larmes. Quand le matin fut venu, ils voulurent savoir comment il se portait. Il leur dit que son état allait de mal en pis, et leur réitéra encore ce qu’il avait dit la première fois. Mais, bien loin de faire quelque impression sur eux, cela ne servit qu’à les irriter. Il s’imaginèrent même qu’ils pourraient le faire changer en usant de rigueur ; de sorte qu’ils commencèrent à le mépriser et à le quereller ; puis ils l’abandonnèrent à lui-même sans se mettre plus en peine de lui Mat. 10.34-39.

CHRÉTIEN S’OUVRE DE SA TRISTESSE DEVANT SA FEMME ET SES ENFANTS.. ...

Aussi s’enferma-t-il dans sa chambre afin de prier pour eux comme aussi pour déplorer sa propre misère. Quelquefois il allait se promener seul dans la campagne, tantôt lisant, tantôt priant, et c’est ainsi qu’il passait la plus grande partie de son temps.

Il arrivait aussi qu’en allant par la campagne, les yeux fixés, selon sa coutume, sur son livre, il était extrêmement en peine, et j’entendis qu’en lisant il s’écria tout haut comme auparavant : « Que faut-il que je fasse pour être sauvé ? ».

Je remarquai d’ailleurs qu’il tournait les yeux, tantôt d’un côté tantôt de l’autre, comme un homme qui cherche à s’enfuir ; cependant il ne quittait point la place, parce qu’apparemment il ne savait où aller.

Dans ce moment, je vis un homme, dont le nom était ÉVANGÉLISTE, qui s’approcha de lui et qui lui demanda pourquoi il poussait des cris si lamentables.

– Monsieur, lui répondit-il, je vois par le livre que j’ai entre les mains que je suis condamné à la mort, et qu’ensuite je dois comparaître en jugement Héb.9.27. Je ne saurais me résoudre à la première, et ne suis nullement préparé au dernier Ezé.22.14.

ÉVANGÉLISTE : – Comment ne pouvez-vous pas vous résoudre à la mort, puisque cette vie est mêlée de tant de maux?

CHRÉTIEN : – C’est que je crains que le fardeau que je porte ne me fasse enfoncer plus bas que le sépulcre, et ne me précipite jusqu’au fond des enfers. Or, Monsieur, si je ne suis pas seulement en état de souffrir la prison, combien moins pourrais-je soutenir le jugement et en subir l’exécution ? Voilà ce qui me fait pousser tant de gémissements.

ÉVANGÉLISTE : – Si tel est votre état, pourquoi en demeurez-vous là?

– Hélas ! répondit le Chrétien, je ne sais où aller.

Là-dessus l’Évangéliste lui donna un rouleau de parchemin où étaient écrites ces paroles : « Fuyez la colère à venir » Mat.3.7. Le chrétien lut ce rouleau, et aussitôt il demanda à l’Évangéliste, en le regardant tristement : – Où est-ce donc qu’il faut fuir?

Alors l’Évangéliste étendant la main, lui dit : – Voyez-vous bien, de ce côté là, une petite porte étroite ? Mat.7.13.

Cet homme lui répondit : – Non.

L’Évangéliste lui dit : – Ne voyez-vous pas, du moins, une lumière brillante au milieu de l’obscurité ?

– Il me semble, répliqua-t-il, que je la vois.

– Eh bien ! dit l’Évangéliste, attachez uniquement les yeux sur cette lumière Psa.119.105, marchez droit vers elle, et alors vous verrez bientôt la porte étroite. Quand vous heurterez, on vous dira ce que vous aurez à faire.

Alors le Chrétien se mit à courir. Mais il n’était pas encore fort éloigné de la porte de sa maison, que sa femme et ses enfants lui crièrent qu’il revint sur ses pas. Mais lui, sans se retourner, se boucha aussitôt les oreilles en s’écriant : La vie, la vie, la vie éternelle ! Mat.16.26. Et sans se retourner, il se hâtait de traverser la plaine.

Ses voisins étant sortis pour les voir, les uns se moquaient de lui, les autres le menaçaient ; quelques-uns lui criaient qu’il rebroussât chemin. Il en eut même deux qui entreprirent de le poursuivre et de le ramener de force dans sa maison. Le premier se nommait OBSTINÉ, et l’autre FACILE ; et bien que cet homme eût beaucoup d’avance sur eux, ils ne se rebutèrent point, et firent tant qu’ils l’atteignirent.

Alors il leur dit : – Mes chers voisins, pourquoi me poursuivez-vous?

– C’est, répondirent-ils, pour vous persuader de revenir sur vos pas avec nous.

– Mais, répliqua le voyageur, c’est impossible. Vous demeurez dans la ville de CORRUPTION, où je suis né aussi bien que vous Rom.5.12, et si vous y mourez, vous serez tôt ou tard précipités plus bas que le sépulcre, dans une étang ardent de feu et de soufre. Prenez donc courage, mes chers voisins, et faites plutôt le voyage avec moi.

OBSTINÉ : – Comment! avec vous? Abandonner tous nos amis et renoncer à tous nos plaisirs !

CHRÉTIEN : – Oui, sans doute, parce que rien de ce que vous laisserez n’est à comparer à la moindre partie de ce que je cherche, et si vous voulez venir avec moi et m’accompagner jusqu’au bout, vous aurez les même avantages, car le pays où je vais est un pays de richesse et d’abondance. Hâtez-vous donc, et vous éprouverez la vérité de ce que je vous dis.

OBSTINÉ : – Qu’est-ce donc que vous cherchez, et qui vous oblige à renoncer à tout pour l’obtenir ?

CHRÉTIEN : – Je cherche un héritage qui ne peut ni se corrompre, ni se souiller, ni se flétrir, et qui est dans les cieux pour ceux qui le recherchent avec soin et avec persévérance. Lisez, si vous voulez, toutes ces choses dans mon livre.

OBSTINÉ : – Bagatelles ! bagatelles ! Voulez-vous rebrousser chemin avec nous ou ne le voulez-vous pas ?

CHRÉTIEN : – Non, non ; je n’en ferai rien....



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