Chaboseau / Mon Autre Librairie | Les Serbes, Croates et Slovènes | E-Book | www.sack.de
E-Book

E-Book, Französisch, 83 Seiten

Chaboseau / Mon Autre Librairie Les Serbes, Croates et Slovènes


1. Auflage 2023
ISBN: 978-2-38371-069-1
Verlag: Mon Autre Librairie
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

E-Book, Französisch, 83 Seiten

ISBN: 978-2-38371-069-1
Verlag: Mon Autre Librairie
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



La date de publication de l'ouvrage est importante : en 1919 le monde est en pleine reconfiguration géopolitique ; des questions existentielles se posent au sujet de nombreux petits États, qui n'ont que partiellement voix au chapitre. Le coeur de l'Europe en particulier est instable. Sous le regard acéré des Habsbourg et des Hohenzollern, Serbes, Croates et Slovènes, sans oublier Albanais, Roumains, Tchèques, Bulgares, Hongrois, Slovaques et autres Macédoniens, tous unis contre la Porte, sont pourtant installés depuis longtemps dans de dures rivalités interethniques. Le moment est venu d'essayer de trouver des voies d'apaisement. L'expertise de l'auteur en esquisse les tracés. (Édition annotée)

Pierre-Augustin Chaboseau, 17 juin1868, Versailles ; 2 janvier 1946, Paris. Élève surdoué parlant une quantité impressionnante de langues qu'il apprenait chacune en quelques semaines, il n'abandonna jamais cette passion et en fit le socle de son travail : lire, traduire, étudier et comparer les textes sacrés de toutes les religions. Trois rencontres devaient décider de son chemin de vie : Pierre Leymarie, directeur de la Revue spirite, puis Amélie de Boisse-Mortemart, martiniste convaincue, et enfin Gérard Encausse, alias Papus, avec qui il cofonda l'Ordre Martiniste. Médecin, adjoint au directeur du musée Guimet, traducteur, rédacteur scientifique, politologue, secrétaire d'Aristide Briand, fondateur du musée de l'Île-de-France à Sceaux... son activité était étourdissante. Il s'éteignit à 78 ans en plein travail, laissant plusieurs oeuvres inachevées.
Chaboseau / Mon Autre Librairie Les Serbes, Croates et Slovènes jetzt bestellen!

Weitere Infos & Material


II. Les Yougoslaves

Origines et vicissitudes de la race. – La langue et ses dialectes. – Les cultes. – Un peu de statistique.

La race slave se subdivise en quatre branches, qui se sont développées vers les quatre points cardinaux, ou à peu près. Les Slaves du Nord, ce sont les Russes proprement dits, les Grands-Russiens. On leur peut rattacher ces Russo-Sibériens qui vivent épars dans la moitié septentrionale de la Sibérie, et dont la majorité sont d’ailleurs des métis slavo-mongols. Les Slaves de l’est, c’est ce que l’on appelle tantôt les Ruthènes, tantôt les Ukrainiens, ou Petits-Russiens.

Les deux principaux rameaux des Slaves occidentaux sont formés par les Polonais et par les Tchèques et les Slovaques. Les Vendes de la Lusace témoignent d’un troisième rameau, qui fut puissant il y a une vingtaine de siècles, avant l’expansion germanique, et que représentent encore deux autres groupes, celui des Mazoures en Prusse orientale, et celui des Kachoubes en Prusse occidentale et en Poméranie.

Enfin les Slaves du Sud, ou Yougoslaves – car Youg signifie Sud – ce sont les Serbes, les Croates et les Slovènes.

Les Bulgares, à cause de leur idiome, sont généralement considérés comme des Slaves. La plupart de leurs intellectuels répudient cette classification. Un de leurs poètes va jusqu’à écrire toujours, à la suite de son nom, l’épithète de « tartaro-bulgare ». Entendons-nous. Les Bulgares primitifs étaient des hordes ouralo-altaïques, ou tourano-finnoises, si l’on préfère. Quand ils eurent franchi le bas Danube et conquis la Mésie, ils se mélangèrent à la population yougoslave établie dans cette région depuis près de deux siècles, et adoptèrent son parler. Ce sont donc des métis, apparentés de loin aux Serbes, aux Russes, etc., mais aussi aux Turcs, aux Magyars, et à la race qui occupe l’Estonie et la Finlande.

La descente de tribus slaves vers le Midi semble avoir débuté avec le quatrième siècle de l’ère chrétienne, puisqu’il est avéré que dès cette époque, l’une d’entre elles habitait le pays auquel on devait donner, bien plus tard, la désignation de Banat.1

La deuxième invasion se produisit deux cents ans après, et se porta vers les hauts bassins de la Drave et de la Save. Mais les nouveaux venus, les Corutanes, ne se contentèrent pas de s’installer dans la région qui a gardé leur nom, à peine défiguré, la Carinthie, ainsi que dans celles appelées aujourd’hui Styrie, Carniole, Istrie. Ils se répandirent à profusion vers le Sud-Ouest, dans la plaine qu’arrosent le Tagliamento, la Livenza, le Piave, etc., jusqu’à l’Adige sans doute, jusqu’au Pô peut-être. Et là, ils conservèrent, ou on leur bailla, non plus le nom de tribu, mais, sous la forme de Vénètes, la désignation générique de leur peuplade, les Vendes.

Il est probable en effet que les diverses branches de la race slave eurent pour souche commune les Vendes, et certain que ceux-ci eurent pour premier habitat connu le versant septentrional des Carpates et les hauts bassins de l’Oder, de la Vistule et du Dniestr.

On ignore la cause de la migration vende qui aboutit au Banat. C’est la poussée germanique, à ce que l’on croit, qui incita les Corutanes à essaimer, et telle fut l’origine du peuple slovène. Remarquons en passant que ce dernier adjectif, dans la langue yougoslave, a simplement le sens de slave.

La troisième et la plus importante des invasions vendes, celle des Sorabes, c’est-à-dire des Serbes, eut lieu à la même époque que celle des Corutanes. Si positivement elle lui fut antérieure ou postérieure, ce doit être de bien peu. D’abord elle s’attarda entre la basse Drave et la Save, et dans les vallées de ce que l’on appelle aujourd’hui la Bosnie. Mais Héraclius Ier, empereur d’Orient, les invita à progresser sur les deux rives de la basse Save et dans le bassin de la Morava. Il comptait sur eux pour repeupler, et l’aider à défendre, une région où les Avars venaient de sévir, et où constamment ils menaçaient de reparaître. Les Serbes ne se firent pas prier. Dès la fin du VIIe siècle, plus de cinquante ans avant l’arrivée des Bulgares, les auteurs byzantins pouvaient dénommer Sclavinie la totalité du territoire qui s’étend du Danube à la Thessalie et à l’Épire, et depuis l’Adriatique jusqu’aux environs d’Andrinople.

Dans l’Ouest, les Serbes s’étaient fixés au milieu d’une de ces populations que l’on baptise autochtones tant que l’on n’a pas réussi à dépister leur point de départ, lequel est parfois lointain de la contrée envisagée. Il s’agit ici des Illyriens, descendants des antiques Pélasges, et ascendants des Chkipétars, des Albanais. Race indisciplinable, si l’on s’en rapporte à Velleius Paterculus, dont le récit peut se résumer comme suit : de l’an 156 avant Jésus-Christ à la onzième année de notre ère, Rome, pour soumettre les Illyriens, eut à entreprendre neuf guerres, dont les huit dernières furent occasionnées par plus de deux cents révoltes locales ou régionales. Sa domination ne fut d’ailleurs jamais que nominale en dehors du littoral et des îles. Encore nul aborigène ne savait-il un mot de latin dans l’immédiate banlieue des ports.

Soit que la mentalité des terribles montagnards eût beaucoup évolué au cours de cinq ou six siècles, soit pour d’autres raisons, les Serbes furent bien accueillis dans ce qui devait devenir la Bosnie, l’Herzégovine, la Dalmatie, la Tserna-Gora. Ils y furent très vite comme chez eux, absorbant tout au point de réaliser à leur profit, en deux ou trois générations, l’unité linguistique.

Dans le bassin de la Morava, la population était celte depuis plus de huit cents ans, depuis l’invasion de ces Scordisques qui, vers 276 avant Jésus-Christ, avaient fondé Singidunum, la future Belgrade. Notons cette désinence de dun, si fréquente chez nous parmi les noms des plus anciennes cités. D’autres désignations de lieux, par exemple celle de Skadar – la Scutari des Turcs2 – et celle d’une ville dalmate, Sinj, prouvent que les Celtes de la Morava avaient éparpillé des colonies à de grandes distances de leurs vallées.

Les Serbes s’entendirent avec les Scordisques mieux encore qu’avec les Illyriens. Les deux éléments se mélangèrent rapidement, de sorte que les habitants modernes de la Serbie propre ont pour ancêtres authentiques des métis slavo-celtes. Ce sont nos cousins, et même les seuls que nous ayons dans le monde slave. Si à cette parenté l’on ajoute que le défrichement intellectuel leur est venu de Byzance, et que plus tard la culture leur a été transmise des pays romans par Raguse, il est aisé de s’expliquer et l’instinctive attraction, la sympathie particulière qui a existé entre Serbes et Français immémorialement, et ce phénomène singulier d’un peuple slave dont la mentalité relève surtout de la civilisation méditerranéenne.

Les clans conquérants se partagèrent le pays, et il en résulta une mosaïque de principautés, gouvernées à la manière féodale par des souverains, les Youpans, qui furent longtemps pour Byzance des vassaux irréprochables. L’une des youpanies avait son centre dans la vallée de la Zéta, au cœur du Monténégro tel qu’il était avant 1913. Ouvrons une parenthèse pour rappeler que cette désignation de Monténégro est la traduction italienne de Tserna-Gora, traduction imaginée par les Vénitiens quand ils s’attribuèrent quelques portions du littoral voisin. S’obstiner à parler de Monténégro, c’est donc commettre une espèce d’indélicatesse, analogue à celle dont les Anglais ou les Espagnols se rendraient coupables en appliquant à la France le nom qu’on lui inflige en Allemagne. Tserna-Gora n’est du reste ni plus long, ni plus difficile, ni plus laid à prononcer ou à écrire que Monténégro.

Les Youpans de la Zéta commencèrent par se donner de l’air vers le Nord et l’Est, annexer les hauts bassins de la Drina et de l’Ibar, autrement dit la Rascie. Puis, en 1042, ils se déclarèrent indépendants. Lorsqu’en 1096 les Croisés languedociens et provençaux, après leurs pérégrinations à travers l’Italie, la Slovénie, le royaume croato-dalmate, l’Herzégovine et la Tserna-Gora, entrèrent dans Skadar, ils constatèrent que cette ville était la capitale d’un État important, ou presque, puisqu’il englobait, avec la Tserna-Gora et la Rascie, un bon tiers de l’Albanie, et plus de la moitié de la Macédoine.

Le chroniqueur de l’expédition, le chanoine Raymond d’Aguilers, insiste sur le très aimable accueil fait aux chefs de celle-ci, Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, et Adhémar de Monteil, évêque du Puy, par le maître du lieu, Constantin Bodine, fils et successeur du Youpan Michel. Ce Constantin avait épousé une Italienne et marié sa sœur à un Italien. Il s’était proclamé roi à Prizrend3 en 1073, et le Saint-Siège l’en avait solennellement approuvé en 1077. Il était en guerre depuis vingt-trois ans avec les Byzantins, qui l’avaient un jour battu à Kossovo, dans cette plaine tragique entre toutes, l’un des endroits du monde où le sol a bu le plus de sang.

À la dynastie de la Zéta succéda, en 1143, celle de la Rascie, les Némania, qui devaient se maintenir au pouvoir deux cent vingt-huit années durant, et dont l’époque devait rester jusqu’à nos jours la plus brillante dans l’histoire des Serbes.

L’expansion politique de ceux-ci était considérable dès le règne d’Ouroch Stéfanovitch (1243-1276), mari d’une...



Ihre Fragen, Wünsche oder Anmerkungen
Vorname*
Nachname*
Ihre E-Mail-Adresse*
Kundennr.
Ihre Nachricht*
Lediglich mit * gekennzeichnete Felder sind Pflichtfelder.
Wenn Sie die im Kontaktformular eingegebenen Daten durch Klick auf den nachfolgenden Button übersenden, erklären Sie sich damit einverstanden, dass wir Ihr Angaben für die Beantwortung Ihrer Anfrage verwenden. Selbstverständlich werden Ihre Daten vertraulich behandelt und nicht an Dritte weitergegeben. Sie können der Verwendung Ihrer Daten jederzeit widersprechen. Das Datenhandling bei Sack Fachmedien erklären wir Ihnen in unserer Datenschutzerklärung.