E-Book, Französisch, 258 Seiten
C'était Écrit
1. Auflage 2025
ISBN: 978-2-322-62520-8
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
E-Book, Französisch, 258 Seiten
ISBN: 978-2-322-62520-8
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
CARLIE est l'auteure de 7 livres à tout juste 28 ans. C'ÉTAIT ÉCRIT est son nouveau roman, dédier sur la bipolarité, maladie encore tabou à l'heure actuelle.
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Chapitre 1
Gabriel.
Ah ! Les rues de Paris, elles regorgent d’immeubles aussi beaux les uns que les autres, d’individus aussi peu courtois les uns que les autres et surtout le meilleur pour la fin, d’embouteillages interminables. Comme tous les matins je me retrouve bloqué dans la voiture sur cette longue avenue qui sépare l'appartement de mon lieu de travail.
Je profite du trajet pour un rapide briefing avec Matt'
- Écoute-moi bien, si elle te pose des questions, nous n’étions que tous les deux hier soir, j'insiste sur les mots « tous les deux ».
Une main tendue sur le volant et une autre tenant le téléphone à l’oreille, j’attends impatiemment d’avancer depuis plusieurs minutes.
Alors que je vais encore être en retard au bureau, je me concentre sur le récit que Matt’ doit tenir auprès de ma petite amie. Je prévois les questions et les réponses. Quand il m’arrive de ne pas rentrer de la nuit Camille se montre une enquêtrice redoutable.
J’ai eu la chance de ne pas la croiser ce matin quand je suis passé en coup de vent pour prendre une douche et me changer en dix minutes. Comme d’habitude, je lui ai envoyé un petit message pour la rassurer de mon absence avec la fameuse excuse d’une rade de batterie.
J’écoute Matt’ me raconter sa soirée, avec la jeune femme qu’il a rencontrée dans le bar où nous nous sommes retrouvés la veille au soir. Alors que les voitures devant moi avancent enfin, j’aperçois deux hommes en uniforme se tenant sur le bord de la route à côté de leurs motos. Je lance d’un coup mon téléphone sur la banquette arrière de la voiture, entendant à peine la voix de Matt’ me racontant la suite de sa nuit. Les verres accumulés la veille, mon peu de sommeil, m'invitent à faire profil bas. Je m’insulte de tous les noms et croise les doigts pour ne pas être contrôlé. J’essaie de camoufler tant bien que mal un bâillement qui me décrocherait limite la mâchoire. Je regarde mon visage dans le rétroviseur et remarque les énormes cernes, j’attrape d’un geste brusque mes lunettes de soleil laissées sur le tableau de bord. Pourtant le temps ne s’y prête pas spécialement en cette matinée où les rayons du soleil se font désirer. Avec une chance folle, la route se dégage juste avant que je ne passe devant eux, tout en souplesse. Je souffle un grand coup pour évacuer l’adrénaline accumulée en quelques secondes seulement et continue le peu de trajet qu’il me reste jusqu’au parking souterrain. Je suis en retard, comme d’habitude, j’appelle l’ascenseur qui se trouve bien sûr au dernier étage. Tout est contre moi aujourd’hui. L’ascenseur arrive enfin et je remarque en fouillant mes poches que j’ai oublié mon téléphone dans la voiture. Tant pis, je ferai sans jusqu’à ma pause déjeuner. J’appuie sur le bouton correspondant à mon étage et passe une main dans mon épaisse tignasse brune, histoire de remettre un peu d’ordre dans mon apparence débraillée. Mes cheveux sont encore humides de ma récente douche. Je remets un bout de chemise qui déborde de mon jean à l’intérieur pour être présentable. La petite sonnerie de l’ascenseur m’annonce que je suis enfin arrivé. Je débarque dans le bureau où je retrouve Matt’ concentré devant son écran d’ordinateur.
- Quinze minutes de retard, tu t’améliores, me lance-t-il moqueur.
Je m’installe à mon bureau qui se trouve face à celui de mon meilleur ami et lui montre gentiment en réponse mon majeur.
- Tu as de la chance, le patron n’a pas encore fait sa ronde…
Habitué par mes retards, notre patron aime jeter un coup d’œil dans notre bureau le matin pour être sûr que je sois là bien à l’heure. Je suis peut-être plus chanceux que je ne le pensais finalement.
Je détaille à Matt’ ma nuit et lui fait de même après lui avoir annoncé que je n’avais pas pu écouter la fin de son monologue au téléphone.
Je connais Matt’ depuis le collège, nous sommes inséparables, les études, les vacances, les nuits blanches à faire la tournée des bars. Nous faisons pratiquement tout ensemble, au point même d’avoir été colocataires pendant nos études supérieures. À l’époque, les soirées s’enchaînaient, les jolies femmes défilaient dans l’appartement devenu un quartier général pour nos amis. Cinq ans après, rien n’a vraiment changé, les soirées dans les bars, les nouvelles conquêtes même si je suis en couple depuis deux ans. En rencontrant Camille, j’ai cru que c’était elle, celle qui m’aiderait à me poser, qui me calmerait. La trêve amoureuse n'a pas eu raison de mes démons. J’ai craqué un soir après quelques verres avec une belle jeune femme des plus entreprenante. Que voulez-vous je suis un « faible homme ». J’ai tout de suite regretté et monté toute une histoire avec Matt’ pour que Camille ne se pose pas de questions sur mon absence à son réveil. De fait elle n’y a vu que du feu. J’y ai pris goût inconsciemment par la suite. Tel un enfant heureux, roulant dans la farine les adultes. Je me comportais en « homme enfant ». Alors à chaque lendemain de soirée, nous avons pris l’habitude de nous appeler avec Matt’ pour se mettre d’accord.
- Alors, on ressort ce soir ?
- Je ne préfère pas non, je ne veux pas non plus abuser auprès de Camille, lui dis-je en me retenant de bâiller.
- Elle se doute de quelque chose, tu penses ?
- Je ne sais pas, mais elle est loin d’être bête…
- Alors pourquoi elle ne te quitte pas ? Me demande-t-il comme si je connaissais la réponse.
Je hausse les épaules en guise de réponse, je ne comprends pas moi-même. Alors que Matt’ allait enchaîner, notre patron débarque dans notre bureau. Il nous salue, nous répondons d'un signe de tête. Le patron ne résiste pas au plaisir de charrier
- Je ne m’attendais pas à vous voir aussi tôt ici.
Nous faisons nos têtes d’étonnés que nous adorons prendre à chaque fois que le boss est surpris par notre travail ou par notre présence à l’heure.
- Comme si c’était notre genre de ne pas être à l’heure…
Matt’ n’a même pas le temps de terminer sa phrase que nous nous retrouvons de nouveau tous les deux seuls.
- Tu en fait toujours trop Matt’, lui indiquais-je.
Cette surenchère m'insécurise à chaque mensonge partagé, il ne peut jamais s’empêcher d'en rajouter. Du coup je crains que son zèle ne me porte préjudice.
Je le regarde ressasser sa dernière phrase en cherchant ce qu’il a pu dire de mal, puis laisser tomber avant de se re-concentrer sur sa paperasse. Quant à moi, je me lance à mon tour dans le travail, et fais abstraction de la fatigue.
- Tu étais où cette nuit ?
- Je découvre Camille dans la cuisine ouverte face à moi en pleine préparation d’un repas, ses cheveux blonds attachés en une queue de cheval fouillie. Cette coiffure inhabituellement négligée m'étonne. Camille aime tant prendre soin d’elle.
- Bonsoir à toi aussi, oui ma journée s’est bien passée merci, répondis-je en refermant doucement la porte derrière moi.
- Tu veux vraiment te moquer de moi là ? Je me suis fait un sang d’encre, tu ne m’as pas donné une seule nouvelle depuis hier soir, me lance-t-elle, en lâchant le couteau qu’elle tenait dans l’évier.
Elle pose ses deux mains à plat sur le plan de travail, baisse la tête et souffle un grand coup tout en fermant les yeux.
- Je sais, je suis désolé, mais tu sais comment terminent les soirées avec Matt’ … Dis-je en m’apprêtant à commencer toute l’histoire montée avec mon ami.
- Ne t’épuise pas…
Elle me lance un regard qui me donne des frissons dans le dos, elle se doute de quelque chose c’est sûr et je me sens impuissant.
- Camille…
Je frotte mes mains moites contre le tissu de mon jean et avance vers elle ne sachant quoi faire ou quoi dire. Camille passe à côté de moi, son épaule frôlant la mienne. Je lève la tête vers le plafond en me frottant le visage, épuisé de ma petite nuit et de ma journée interminable. Je n’ai pas la force de me confondre en explications avec elle. Je prends la place...




