E-Book, Französisch, Band 2, 538 Seiten
Reihe: Anima
Florin Anima : Du Souffle dans les rouages
1. Auflage 2026
ISBN: 978-2-322-67088-8
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
E-Book, Französisch, Band 2, 538 Seiten
Reihe: Anima
ISBN: 978-2-322-67088-8
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Béatrice Florin est pirate de métier au sein de la Taverne Maudite, mais surtout pirate littéraire lorsque les flots lui permettent d'amarrer. Elle écrit depuis l'âge de 10 ans, bercée par ses lectures de jeunesse (Harry Potter, A la Croisée des mondes, Artemis Fowl et bien d'autres), et cela lui a donné envie d'explorer les mondes de l'Imaginaire au plus tôt. Elle a embrassé la piraterie tardivement mais avec ce désir d'explorer, tout en conservant une certaine forme de liberté. Ainsi, elle s'est lancée dans sa saga Anima, basée sur un voyage inter-univers propre à la Fantasy.
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Chapitre 1 : Invitée inattendue
Château de Val Lejiam (Royaume de Val Lejiam), 4/5¤/956
Lumia perçait à travers les rideaux de l’aile est. Telle une nuée d’insectes, la poussière tourbillonnait dans le rayon de lumière, tandis qu’un avisecta, perché sur le rebord de la fenêtre, bourdonnait une mélodie pour annoncer le matin. Une jeune femme aux cheveux platine ouvrit un œil au milieu de ses draps. La luminosité l’agressa un instant et la força à se couvrir le visage. À tâtons, elle saisit une montre à gousset sur la table de nuit en métal cuivré sculpté. Son pouce à l’ongle soigneusement coupé appuya sur le bouton pour en dévoiler le cadran et ses aiguilles.
Huit heures.
Elle laissa échapper un bâillement gracieux et gémit en s’étirant avant de glisser hors du lit. Son corps nu se nimba de lumière : ses courbes flatteuses se dessinèrent dans le voile blanchâtre, rappelant la déesse Lumia elle-même. Un tatouage aux pigments noirs en forme d’oiseau aux longues plumes habillait son dos, de son omoplate gauche jusqu’à sa cuisse opposée.
D’un pas presque aérien, la femme s’approcha de son bureau et se figea. La diode verte du fax clignotait doucement : un message était sorti de la machine aux nombreux rouages. Un texte était inscrit en lettres capitales sur le parchemin roulé :
«
»
Ghealat arracha le papier et râla dans un demi-silence : elle était déjà en retard.
Rapidement, elle saisit ses vêtements qui jonchaient le sol et s’habilla. Dire qu’elle était rentrée la veille de sa mission diplomatique au sud du Royaume… Sa mère ne lui laissait donc aucun répit ! Heureusement, elle avait l’habitude de ce genre de : il n’était pas rare qu’elle oublie malencontreusement de lire son courrier quand elle se perdait dans les bras d’un amant ou d’une courtisane.
Justement, le cliquetis des attaches de son corset éveilla malencontreusement sa partenaire nocturne. Cette dernière, encore blottie dans les draps, geignit en constatant l’absence de la princesse à ses côtés.
– Rendors-toi, j’ai une réunion urgente ce matin, expliqua Ghealat en terminant de mettre ses bottes en sautillant sur le tapis, au centre de la pièce.
– Dois-je venir ce soir ?
– Non, je ne préfère pas, répliqua-t-elle en saisissant une seringue en verre dans une petite boîte avant de se la planter dans la cuisse machinalement.
– Comme toujours…
La princesse massa sa jambe avant de la recouvrir de sa jupe écrue asymétrique et embrassa furtivement la jolie brune. Elle n’avait pas de temps à perdre en bons sentiments. Cela ne faisait de toute façon pas partie de son tempérament.
Lorsqu’elle ouvrit la porte, ce fut sans grande surprise qu’elle trouva derrière une femme aux yeux noirs et à la peau mate. Cette dernière s’inclina face à sa souveraine tout en tenant les pans de sa belle robe vert pomme qui embaumait la violette.
– Bonjour, Myrthe, dit Ghealat en souriant à peine. J’imagine que vous m’attendiez.
– Votre Altesse, répondit-elle, Sa Majesté m’a envoyée vous quérir. Elle pensait que vous aviez oublié l’heure de la réunion.
Le regard de la régente pétilla. Non, elle n’avait pas oublié, pensa-t-elle : elle avait simplement besoin de se ressourcer.
– Comme vous pouvez le constater, elle avait tort, répliqua la figure royale en écartant les bras. À présent, ne faisons pas attendre davantage ma mère et ses invités.
Myrthe acquiesça en silence et la suivit dans le grand couloir après avoir refermé la porte. De grandes fenêtres laissaient entrer le jour et illuminaient les pierres immaculées qui composaient le château. D’un pas pressé, elles passèrent devant les divers sculptures et vases de fleurs sans y prêter la moindre attention. Les efforts des serviteurs pour rendre le lieu moins austère n’étaient pas négligeables, mais Ghealat avait davantage l’impression de circuler dans un musée que dans une chaumière accueillante.
Elle soupira en silence, agacée. Elle n’aimait pas ce genre de réunions sans motifs apparents, surtout quand la reine réunissait le Cercle. Était-ce pour discuter de son rapport au Mont-Maudit ? Dans tous les cas, cela n’annonçait rien de bon.
La jeune femme aux cheveux blonds tourna la tête vers sa servante. Celle-ci avançait à ses côtés, et semblait veiller à ne surtout pas croiser son regard. C’était le bon moment pour la tester, songea-t-elle.
– Avez-vous relayé les courriers que j’ai envoyés lors de ma mission sur nos terres ?
– Oui, Votre Altesse, répondit l’intéressée en baissant la tête. J’ai copié et transmis chaque message à Sa Majesté. J’ai également déposé un dossier avec d’autres exemplaires au Cercle d’or pour votre réunion du matin.
– Très bien.
Ghealat afficha pour la première fois de la journée un sourire satisfait. Myrthe était bien meilleure assistante que toutes les précédentes. Son professionnalisme l’avait faite passer de son statut de courtisane à celui de secrétaire particulière. Un mal pour un bien, songeait-elle, car il lui arrivait encore de regretter qu’une telle beauté échappe à sa couche. Ses longs cheveux sombres ondulés et ses traits exotiques faisaient tourner les têtes. Toutefois, la princesse s’en accommodait : après tout, le nombre de personnes prêtes à satisfaire ses désirs de chair restait conséquent.
Les talons des deux femmes claquaient sur les marches de marbre pour monter vers la salle du Cercle d’or. L’escalier était surmonté d’un immense vitrail représentant un oiseau bleuté, le même que le tatouage de Ghealat, volant au-dessus d’une falaise. Il s’agissait du symbole de la famille Rockhard. C’était l’unique héritage qu’elle avait conservé de son père, disparu en mer alors que sa mère était enceinte. Elle n’avait pas eu le cœur à se remarier ou reprendre son nom de jeune fille, comme l’auraient fait d’autres régentes. Eleanor II était fière de porter les couleurs de son mari décédé, homme qu’elle jugeait d’une immense sagesse.
C’était ainsi que sa mère régnait sur le Royaume de Val Lejiam, collaborant avec sa fille sans pour autant asseoir une autorité dictatoriale. À travers leur gouvernement, également appelé Cercle d’or, elles permettaient aux citoyens de s’exprimer par le biais d’élections tous les trois ans. Cette organisation empêchait toute prise de pouvoir absolu par la monarchie, même si la famille royale disposait de droits qui lui permettaient de contourner certaines lois. Droits dont elles n’usaient jamais.
Ghealat détacha les yeux du vitrail pour se concentrer sur sa tâche à venir. Tout comme l’oiseau bleu emblématique, elle espérait pouvoir voler vers d’autres occupations après la réunion, qu’elle espérait courte et formelle. Les derniers mois avaient été éprouvants depuis la pluie de pierres dans le ciel du Mont-Maudit. Cette simple pensée suffit à la faire frissonner. Leur police avait été presque intégralement décimée cette nuit-là et les enquêtes menées au pied levé n’avaient absolument rien révélé sur le phénomène. Le pire dans tout cela était qu’elle avait jeté ses hommes directement dans la gueule d’un mal dont elle ignorait tout. Les militaires étaient entraînés pour faire face aux pires kéramurs, ces redoutables ours à carapace épineuse, mais vraisemblablement pas à une menace quasi mystique.
Dire qu’elle avait mené ses troupes sur ces lieux sur la simple injonction d’un inconnu à travers un miroir ! C’était absurde. Ghealat avait par ailleurs enfermé sous clé l’unique fragment restant de cet objet étrange et ne s’y était plus intéressée. Après tout, elle avait bien d’autres choses auxquelles penser pour s’intéresser davantage aux gens d’Efflous. Ou Effluos… Elle ne savait même plus. Toutefois, la princesse avec qui elle avait communiqué l’avait touchée d’une...




