Groll / Canziani | Savoie mystères et splendeurs | E-Book | www.sack.de
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E-Book, Französisch, 296 Seiten

Groll / Canziani Savoie mystères et splendeurs


1. Auflage 2016
ISBN: 979-10-93226-08-8
Verlag: Daniel Groll
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

E-Book, Französisch, 296 Seiten

ISBN: 979-10-93226-08-8
Verlag: Daniel Groll
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



Dans un style très direct et avec une étonnante sensibilité, Estella Canziani décrit ses découvertes et pour parfaire ses descriptions, elle peint sans relâche, avec une grande finesse, les paysages, la vie domestique et les personnages en habits de fête de la Savoie. Elle relate aussi, les coutumes et les chants qui sont, comme ses peintures, insérés dans ce livre. Un livre redécouvert et traduit en français pour le rendre accessible à tous les passionnés de la Savoie.

En 2015, Daniel Gröll,à la lecture de cet ouvrage passionnant décide de numeriser les fichiers, de les convertir et de les mettre en forme pour en proposer la diffusion par les procédés numeriques actuels qui permettent d'imprimer des livres à la demande ou de les proposer en e-books pour tablettes ou liseuses.
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CHAPITRE II


À Saint-Jean-de-Maurienne nous avons trouvé toutes les auberges de l'endroit complètes, car chaque fois qu'il va y avoir une foire, la petite ville est envahie deux ou trois jours à l'avance par les paysans qui descendent des montagnes avec leurs vaches, moutons, cochons, mules et chèvres. Chacun porte le costume particulier de son propre lieu, mais pas le plus beau, car les foires exigent un travail ardu et les paysans sont très fiers de leur plus beau costume dont ils prennent le plus grand soin.

À trois ou quatre heures du matin les fermiers et leurs femmes sont debout pour installer leur bétail sur la « place de la foire » , et avant cinq heures les affaires ont déjà commencé. Il y a des rangées de bœufs et de moutons qui se tiennent ensemble par groupes, les chèvres et les cochons sont généralement attachés par une corde, tandis que l'on fait faire des allers et retours au trot aux chevaux et aux mules pour qu'ils soient évalués.

Nous avons également souvent pu voir un mouton couché sur le côté sur le sol alors qu'une vieille femme se penchait sur lui et coupait de sa laine avec la plus petite paire de ciseaux imaginable.

Chaque famille de fermiers est assise en cercle côte à côte, soit sur le sol, soit sur des sacs de foin et toujours tout à côté de ses propres animaux. Certains mangent et d'autres dorment pendant que les enfants jouent ou se promènent avec l'une des femmes dans le marché regardant des objets divers, des parapluies, des chapeaux de feutre, des couvertures, des babioles en métal, des rubans et des boutons qui sont à vendre.

Eparpillées alentour, il y a quelques roulottes de romanichels qui font leur cuisine sur un fagot de branches à même le sol en essayant de vendre quelques haillons et parfois, on peut voir une vieille femme qui s'est probablement levée à trois heures du matin la veille, qui a marché tout le jour et toute la nuit en descendant sa seule vache depuis les montagnes, et qui dort à poings fermés, assise sur le dos de l'animal.

De-ci de-là, se trouve un colporteur italien errant de foire de montagne en foire de montagne, assis sur une chaise cassée ou une caisse, criant et agitant ses marchandises alentour pour que les gens les voient. Nous avons parlé à l'un d'entre eux qui avait un éventaire de parapluies, et la première chose qu'il nous demanda fût « de quelle région de France venez-vous ? ». Mon père dit qu'il était italien et lui demanda d'où il venait lui -même. Il répondit « Stresa », mais il refusa de croire que nous n'y soyons jamais allés. Alors, je lui dis « qui vuol provare le pene d'inferno, Pallanza d'Estate e Stresa d'Inverno. » Cela le convainquit totalement, car il dit que personne ne pourrait jamais connaître ce proverbe à moins d'y avoir été, et après nous être serré la main, nous le laissâmes très heureux d'avoir rencontré quelqu'un qui connaissait si bien son pays.

Il y a des gens qui viennent à la foire seulement pour s'amuser. Ils arrivent généralement à grands fracas dans un char tiré par un cheval ou une mule avec des plumes de faisan piquées derrière leurs oreilles, le harnais garni de petites cloches, des brides colorées et des morceaux de fourrure teinte partout où l'on peut en mettre.

On utilise presque toujours des mules, car elles sont bien plus sûres que les chevaux qui ne peuvent pas grimper facilement les sentiers de montagne ; s'ils glissent sur la pente abrupte d'une montagne, les chevaux se tuent généralement, car ils ne savent pas tomber. Une mule si elle glisse ne résiste pas du tout, mais elle roule simplement jusqu'à être arrêtée par quelque chose se trouvant sur son passage, et il y a des chances qu'elle ne soit pas blessée.

C'est à ces foires qu'on a la meilleure occasion de trouver des modèles à peindre, mais quoique je m'y sois rendue plusieurs fois et que les gens se fussent habitués à l'idée d'être peints, c'était difficile d'y parvenir.

Lorsque parfois, je voyais un joli costume et demandais d'où il venait à son propriétaire la réponse habituelle était soit « de mon pays » ou soit de quelque endroit se trouvant dans une direction tout à fait différente.

Ce ne fut pas avant de revenir l'année suivante, et que l'on ait entendu parler de nous dans les contrées de montagne et les villages alentour que les gens furent désireux de venir, et alors je pus avoir plus de modèles que je n'en voulais.

J'arrêtais fréquemment les paysans dans les rues pour les questionner au sujet de leurs costumes, et après avoir répondu à mes questions, ils voulaient toujours savoir où j'habitais ; et quand je répondais « bien loin » (il était inutile de dire en Angleterre, car personne n'en avait jamais entendu parler) ils en concluaient généralement que je voulais dire le village d'à côté, car telle était pour eux l'idée d'une grande distance.

À Saint-Jean-de-Maurienne il y a un petit marché hebdomadaire pour les fromages, le beurre, les œufs et les poulets. Les mules après avoir été déchargées sont attachées à n'importe quel piquet de bois à portée de main, ou à quoi que ce soit qu'on trouve dans l'une des rues voisines, et là, les animaux attendent patiemment jusqu'à environ trois ou quatre heures de l'après-midi, qu'on les recharge de nouveau pour repartir pour un trajet de quatre ou cinq heures de retour dans les montagnes.

Le marché commence à environ cinq heures du matin, les femmes se tenant à l'entour, en groupes pittoresques, les bras passés dans l'anse de leur panier. Les unes vendent des sabots de cuir ou de bois, d'autres portent des poulets vivant confortablement installés sous le bras horizontalement, les pattes liées ensemble et dépassant par-derrière. Parfois, on voyait un poulet porté sens dessus dessous par les pattes, mais c'était rare, et quand on les porte comme il faut bien droit, ils demeurent parfaitement calmes. De vieilles femmes avec de grands parapluies et des paniers pleins, d'œufs, de beurre ou de tomates, de pommes acides et de poires, descendent la rue principale à pied et frappent à chaque porte pour essayer de vendre leur marchandise, on m'a souvent arrêtée et sollicitée pour acheter un plein panier d'œufs frais.

On peut aussi acheter du pain à ces marchés hebdomadaires. La forme ordinaire du pain est la « couronne » qui est un cercle d'environ soixante centimètres de diamètre avec un trou au milieu à travers lequel on passe un parapluie, les paysans normalement les portent enfilées sur le parapluie posé à l'épaule et celles-ci tournent autour de leurs épaules, ou alors elles sont enfilées à chaque bras.

Je demandais à mon modèle si elle connaissait des légendes et elle me répondit : « Oui, mais c'est bien trop vieux, trop vieux pour vous les raconter. » Je la persuadais de me les dire et voici l'histoire.

Dans les temps anciens, les fées avaient l'habitude de voler tout le fromage le lait et le pain des bergers quand ils étaient occupés à mener leur bétail au pâturage. Alors, on décida pour que ça cesse de construire une chapelle qui on l'espérait, anéantirait le pouvoir de ces esprits ensorcelés. Quand on eut réuni assez d'argent, la chapelle fut construite, mais alors on s'aperçut qu'il n'y avait plus d'argent de reste pour payer le prêtre qui dirait la messe.

Pour contourner la difficulté, on décida que la messe ne serait dite ici qu'une fois par an, et que ce jour fixé par le prêtre pour la célébration, des offrandes de lait, de fromage et de pain seraient apportées à la chapelle pour y être vendues, et l'argent en serait donné au prêtre. Depuis lors, les fées n'ont jamais plus inquiété les bergers. Mon modèle lorsqu'elle eut fini l'histoire me dit : « Je ne sais pas si c'est vrai, moi, je n'ai jamais vu les fées, je ne sais pas, s'il faut y croire ou non. »

Puis elle me raconta la chose suivante qu'elle avait lue dans un très vieux livre quand elle était petite fille.

« Il était une fois un vieux couple qui était totalement consacré à leur fils unique, et leur tristesse fut grande lorsque, le jour fixé pour son mariage, il s'enfuit et ne put être retrouvé nulle part. Pendant des années, ses parents le cherchèrent, mais ils n'obtinrent aucune nouvelle du tout de lui.

Après une longue période, un personnage étrange qui avait erré dans les montagnes,...



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