E-Book, Französisch, 370 Seiten
Hamilton En Corée
1. Auflage 2024
ISBN: 978-2-322-49576-4
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Exploration des traditions et des bouleversements politiques de la Corée au début du XXe siècle
E-Book, Französisch, 370 Seiten
ISBN: 978-2-322-49576-4
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Angus Hamilton (1863-1915) est un journaliste, écrivain et explorateur britannique renommé pour ses reportages sur les régions d'Asie et du Moyen-Orient. Né en Écosse, Hamilton se fait rapidement un nom dans le journalisme grâce à ses écrits perspicaces et ses voyages audacieux dans des zones géopolitiquement sensibles. Hamilton commence sa carrière en tant que correspondant pour plusieurs journaux britanniques, où il couvre des événements majeurs et offre des analyses détaillées des situations politiques et sociales. Son intérêt pour les régions moins explorées et son talent pour la narration font de lui une figure respectée parmi ses contemporains. Parmi ses oeuvres les plus célèbres figure "En Corée", où il documente ses observations et expériences en Corée au début du XXe siècle. Ce livre est particulièrement notable pour sa profondeur d'analyse et son regard empathique sur la culture et la société coréennes à une époque de bouleversements. Hamilton parvient à capturer non seulement les aspects visibles de la vie en Corée, mais aussi les subtilités des changements sociaux et politiques. Outre la Corée, Hamilton a également voyagé et écrit sur d'autres régions du monde, incluant des reportages sur la situation politique en Perse et en Afghanistan. Ses récits sont caractérisés par une attention méticuleuse aux détails et une capacité à contextualiser les événements locaux dans un cadre géopolitique plus large. Hamilton est également reconnu pour ses compétences linguistiques et son respect des cultures qu'il étudie, qualités qui se reflètent dans la richesse et l'authenticité de ses écrits. Son oeuvre a contribué à une meilleure compréhension de régions souvent mal comprises ou négligées par le public occidental de son époque. Jusqu'à sa mort en 1915, Angus Hamilton reste actif dans le journalisme et l'écriture, laissant un héritage durable par ses oeuvres qui continuent d'être des références importantes pour les historiens et les passionnés de voyages et d'aventures.
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INTRODUCTION
Rien ne serait plus naturel que la guerre fût le résultat de la crise présente ; pourtant on peut dire également que rien n’est moins certain. Si le terrain des hostilités n’était pas limité à l’Extrême-Orient, et si la puissance qui se trouve en face du Japon était une autre que la Russie, on pourrait prédire positivement que la guerre éclatera. Mais avec la Russie, la considération de la valeur stratégique de sa position en Mandchourie doit exercer une influence prédominante sur ses résolutions. Pour ceux qui n’ont pas étudié de près l’histoire militaire, aussi bien que pour ceux qui n’ont pas une connaissance étendue de la situation, la position dans laquelle la Russie se trouve placée offre le plus grand intérêt. Il n’existe certainement, en dehors de la marche de Napoléon sur Moscou, aucune guerre, dans les annales de l’histoire militaire, qui puisse se comparer aux difficultés qui assiègent la Russie en Mandchourie et en Corée. De plus, sa position navale n’est pas meilleure que sa position sur terre. Sur terre, un chemin de fer à voie unique, traversant le cœur d’un pays ennemi, se termine à Port-Arthur. Sur mer, Vladivostok est sacrifié, par suite de sa situation, tandis qu’il est inaccessible en raison de son climat. Ces deux points, Port-Arthur et Vladivostok, marquent les extrémités de la position stratégique qu’occupe la Russie en Mandchourie. En écartant pour le moment Vladivostok de toute considération spéciale, il reste Port-Arthur pour les premières opérations de la campagne. Port-Arthur, par conséquent, relié à l’arrière par une voie unique de communication, devient le pivot des opérations.
L’aspect de Port-Arthur, vu de la mer, est peu attirant. D’âpres collines, se rattachant à la chaîne de montagnes qui divise la péninsule de Liao-tung, se groupent autour de la baie, empiétant sur le rivage ; dépourvues d’arbres et de végétation elles communiquent aux environs un aspect désolé et même sauvage. Entre les pointes extrêmes du port, qui se conforme aux dentelures de la côte, il y a plusieurs baies que leur manque d’eau rend inutilisables, mais qui, avec le temps, pourront former une addition importante à la faible étendue d’eau profonde que le port possède actuellement. On a entrepris des travaux de dragage, mais il y a tant à faire que de nombreuses années s’écouleront avant que Port-Arthur puisse étendre l’espace très restreint dont il dispose. La vase, amenée par les courants qui se déversent dans le port, a déjà atteint l’étendue d’eau profonde, et depuis que le port a été construit, ces dépôts ont très considérablement modifié la profondeur au large. À mer basse, les navires qui sont mouillés à moins d’une vingtaine de mètres du quai, reposent sur la boue avec un peu plus d’une brasse d’eau et, d’autre part, l’espace est si petit qu’il est impossible à une douzaine de vaisseaux de tenir à l’aise dans ce port. Les vapeurs de plus grande dimension que les petits bateaux de cabotage qui s’arrêtent à Port-Arthur, venant de Chine ou du Japon, doivent mouiller devant le port et opérer le déchargement et le rechargement au moyen de jonques ou d’allèges. Par rapport aux besoins de l’escadre, Port-Arthur est loin d’être assez vaste. Pendant que les croiseurs sont en train d’embarquer les approvisionnements, les cuirassés d’escadre doivent rester en dehors, disposition qui est évidemment incommode dans les circonstances critiques. C’est pour cette raison que les autorités firent construire à Dalny — à quelques kilomètres de la forteresse et à l’intérieur de la baie de Pa-tien-wan — une ville nouvelle, en même temps que des docks de commerce et des quais, afin que Port-Arthur pût être réservé plus spécialement aux besoins de la marine de guerre.
VUE GÉNÉRALE DE PORT-ARTHUR.
Port-Arthur a la chance de posséder toutes les choses qui font, pour une base navale, partie intégrante du succès. Le bassin à sec, plutôt insuffisant et peu solide, a 116 mètres de long, 10 mètres de profondeur, et 24 mètres de largeur, tandis que le bassin maritime est égal en surface à tout le mouillage disponible pour les navires dans le port proprement dit. Quand les travaux de dragage dans les baies du port seront achevés, on espère obtenir une mince profondeur de quatre brasses. L’approfondissement systématique du port offrira à la flotte une surface de mouillage dépassant considérablement un mille carré, mais tant que le travail n’est pas exécuté, la valeur de Port-Arthur en tant que base navale satisfaisante est infiniment moindre que le prestige dont il jouit comme position imprenable,
Port-Arthur possède une petite place d’armes, un champ de tir, un champ de manœuvres pour l’artillerie, une station de torpilleurs et une réserve pour les exercices qui sera agrandie quand les baies seront ouvertes. Il y a un poste de projecteurs électriques, et diverses écoles d’instruction — torpilles, artillerie, télégraphie — tandis que les arsenaux et les ateliers qui s’étendent autour du bassin maritime et à l’intérieur des chantiers de la flotte sont très abondamment pourvus. Ces mesures néanmoins furent surtout prises par la Russie, quand elle s’empara de Port-Arthur ; leur existence à l’heure présente prouve combien il est impossible de faire peu de cas des avantages qui dérivent, pour la Russie, de la possession de ce port, et de quelle étendue sont les conséquences de la monstrueuse bévue commise par lord Salisbury, en consentant à son usurpation.
En dehors des moyens de défense, la Russie n’a pas jusqu’ici ajouté beaucoup à Port-Arthur ; les troupes sont pour la plupart cantonnées dans les vieilles maisons chinoises, les choses ayant été quelque peu négligées en faveur de l’organisation des moyens de défense qui importaient avant tout. Toutefois de belles casernes sont aujourd’hui en construction, et, s’il n’y a pas de guerre, on prévoit que de larges installations seront bientôt prêtes au bord des baies et sur les collines. Les fortifications sont vraiment splendides. Des forts qui existaient au temps des Chinois, très peu sont conservés. Depuis l’entrée en possession du gouvernement russe, on a travaillé d’une façon continue à étendre le périmètre des fortifications, aussi bien qu’à les consolider. Il est d’une absolue évidence que les autorités sont résolues à ne pas procéder par demimesures. Les Russes ont obtenu Port-Arthur, et ils ont l’intention de le garder. Il y a sur les falaises, s’élevant immédiatement à la droite de l’entrée du port, une position extrêmement forte, formée, je crois, d’une batterie de six canons Krupp de 52 centimètres, qui est de plus soutenue par un fort placé à quelques mètres au-dessus du port, et en commandant tout le front, avec huit Krupp de 25 centimètres. À des hauteurs correspondantes, il y a sur la pointe opposée, deux forts semblables avec des batteries pareilles, tandis que les mines dans le port sont contrôlées de ces deux positions. En suivant les collines vers le sud et le nord, on trouve d’autres forts ; l’un, entre autres, de grande dimension, est situé sur l’extrême crête de la chaîne et, dominant tout le reste, commande la mer et les approches du port à une grande distance. Il est impossible de découvrir de quel genre sont ces canons, mais d’après leur position, l’étendue du fort et le rôle qu’ils sont destinés à jouer, il n’est pas probable qu’ils soient inférieurs à 27.000 kilogrammes, lançant des obus d’environ 500 livres. La ligne intérieure des forts n’est pas moins formidable, et il semble bien que Port-Arthur ne pourra jamais être réduit par un bombardement seul, tandis que toute attaque se produisant par terre serait cruellement reçue, grâce aux positions d’où les Russes défendraient leurs flancs et le col. Pour l’instant toutefois, l’artillerie de campagne fait défaut parmi les troupes de la garnison, de même que beaucoup des forts récemment construits manquent de canons. On peut aussi hasarder l’opinion que l’ensemble de la position a été fortifié avec un tel excès qu’elle peut devenir éventuellement une source de faiblesse dans la disposition finale...




