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Jean-Baptiste | Captive - Désillusion | E-Book | www.sack.de
E-Book

E-Book, Französisch, 354 Seiten

Reihe: Captive

Jean-Baptiste Captive - Désillusion

Tome 5
1. Auflage 2023
ISBN: 978-2-322-54797-5
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

Tome 5

E-Book, Französisch, 354 Seiten

Reihe: Captive

ISBN: 978-2-322-54797-5
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



Captive est un thriller psychologique SF. Une quête d'identité et de liberté. Une tentative d'adaptation pour ces mutants dans un monde où ils dérangent autant qu'ils fascinent. La saga en six tomes est complète. Comment vivre lorsque toutes vos certitudes ont été ébranlées ? Dans le cinquième tome de la saga, Deux doit faire face à la vérité et apprendre à s'approprier sa vie loin du laboratoire et des missions, dans un monde moderne qu'il connaît peu, à côté d'une Numéro Un qui est devenue une étrangère.

Julie est auteure qui est née et a grandi aux Antilles. Elle est l'auteure de "Captive", un thriller psychologique SF en six tomes. Dans la vie, elle exerce un métier aussi mystérieux que les dossiers du KGB et manipulateur que l'ex-gouvernement soviétique. Quand elle n'écrit pas, elle adore pâtisser et accompagner chacune de ses lectures par une tasse de thé.
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9.

William repensait aux cellules du sanatorium des docteurs Zaystrev et se demandait s’il ne devait pas en créer une pour ces deux spécimens.

Deux avait décidé de vider la réserve de drogue d’un de ses patients. La nouvelle n’avait pas eu le temps de se répandre et il était autant dans l’intérêt de Charly de passer l’évènement sous silence. Après l’avoir sécurisé au sous-sol, ils étaient remontés dans la chambre douze avec Elizabeth et découverts les fameuses recherches des docteurs Zaystrev. La conscience de William en avait pris un coup et il en fut mortifié. Une partie des documents étaient en russe et il était presque soulagé de ne pas pouvoir tout comprendre. Et les photos qui les accompagnaient laissaient envisager le pire. Lui aussi aurait préféré tout oublier, si on lui disait que le monde dans lequel il croyait était préfabriqué.

Quand ils étaient redescendus vérifier son état, l’infirmier qui était devant la porte n’osait plus rentrer.

— C’est la fille. Elle est devenue bizarre tout à coup. Au début, elle avait peur et était cachée dans un coin. Et puis elle a pété un câble et m’a fichu dehors de la chambre. Elle fait les cent pas maintenant.

— Et vous avez essayé de la piquer pour la calmer ?

— J’y ai pensé, mais elle est aussi agile qu’une loutre. J’ai capitulé.

William était tout de même entré, en se disant pour se rassurer que tant qu’il portait la blouse, il ne craignait rien. Malgré cela, elle l’avait accueilli en jetant un plateau à la porte.

— Je ne vous veux pas de mal. Je viens voir s’il va bien. Je vous le jure.

Il avait levé les mains en signe de reddition et le visage déformé par la méfiance et la haine, elle le laissa approcher. William ne connaissait que les rudiments d’une auscultation. Il était docteur en robotique, pas médecin. A priori, le patient était en vie, sa respiration et son pouls étaient redevenus normaux. Il n’avait pas pu s’empêcher de relever sa chemise pour vérifier encore une fois si la blessure avait disparu. Il avait du mal à le croire, mais il n’y avait plus rien.

— Qu’est-ce que vous faites ?

Elle s’était rapprochée comme une furie. Tout à coup, elle prit sa tête entre ses mains et répéta :

— Qu’est-ce que vous faites ? C’est encore une expérience ?

William avait reculé en levant les mains ; il avait fait le geste de trop. Face à lui, le sujet Numéro Un était resté immobile quelques secondes puis avait grimacé et regardé autour d’elle paniqué.

— Où suis-je ? Et qui êtes-vous ?

Violemment, elle s’était tournée vers son semblable.

— Deux… non. Non, non, non. Qu’est-ce qui s’est passé ? avait-elle encore demandé les bras tendus vers le corps endormi.

— Il va bien. Il va se réveiller, ne vous inquiétez pas. Il est bientôt l’heure de dîner, je vous fais descendre quelque chose… mademoiselle ?

Soudain, ses poings s’étaient serrés et William s’était tendu avant de battre en retraite. C’en était trop pour lui.

Plus tard, il avait retrouvé Elizabeth dans son bureau, encore sonnée par leur découverte.

— À quel moment, après avoir assisté à une conférence entière sur la coercition tu t’es dit que c’était une bonne idée de prendre contact avec ce type ? lui avait-elle reproché.

— Elizabeth, nous étions dans une situation compliquée. Et le docteur n’a pas présenté un dixième de ce qui est décrit dans ces papiers.

— William. Il y avait des photos d’être vivant, le torse ouvert, les organes à l’air, sans anesthésie.

— Ils ne sentent pas la douleur, ce n’est pas grave.

— C’est faux, William, elle sent la douleur, et les autres la sentaient aussi. Ça se voyait sur leur visage. Imagine te lever tous les matins en te demandant ce qu’une bande de scientifiques tarés va te faire aujourd’hui. Ils ont été torturés pendant des dizaines d’années et on leur a fait croire que c’était normal. Tu es allé le chercher dans une cellule. Une cellule avec doubles portes blindées. Tu ne t’es pas dit qu’il y avait un souci ? Ils portaient des colliers électriques autour du cou bordel !

— Elizabeth, je comprends que tu sois choquée. Et vraiment moi aussi je le suis. Mais je n’en savais rien, tu peux me croire.

— Tu devais te douter de quelque chose.

— J’ai fait tout ce que je pensais juste pour le centre. J’avoue, j’ai fermé les yeux sur les détails dérangeants. Mais ça a marché. Parfois, il faut faire des entorses à ses valeurs. Sans ça le général n’aurait jamais accepté de continuer.

— Will, réfléchis un peu. Tu as donné de faux espoirs au général. Je ne connais même pas les vraies capacités de mon travail. Comment va réagir le général quand il se rendra compte que les nanorobots ne font pas le dixième de ce qu’ils lui font à lui ? Tu as peut-être sauvé le centre pour un temps, mais et après ? Ça n’aura servi à rien si derrière les choses ne suivent pas.

— Chaque chose en son temps. Pour le moment, nous devons survivre encore quelques jours avec ces monstres.

— Ce ne sont pas des monstres !

Il avait fermé les yeux, agacé.

— D’accord. Mais là en bas j’ai une folle furieuse qui me laisse à peine les approcher. Il faut trouver une solution pour la calmer. Homer a essayé de lui injecter un calmant, mais c’est une vraie anguille.

— « Les individus arrivent à prévoir et à percevoir le moindre de mes mouvements. Ils sont très bons à ce jeu. Ils agissent à l’instinct, mais obéissent comme des chiens », fin de citation de leur dernier instructeur.

— Tu vas devenir une adulte et arrêter de bouder et de me rabâcher leur dossier. Tu veux les aider ? J’ai une gamine totalement paumée dans le sous-sol. Je vais appeler Crawford pour tout lui montrer. Sinon, on ne va pas y arriver. Ce n’est pas un hôpital pour les fous ici.

— Il fallait y penser avant.

— Si ça ne tenait qu’à moi, ils seraient déjà dehors. Je monte voir Crawford, ça ne sert à rien de discuter avec toi.

— C’est ça. Je descends les voir.

Elizabeth aussi s’était fait attaquer par Un après lui avoir rappelé à six reprises qui elle était. Devant cette détresse qui lui fendait le cœur, elle avait capitulé à son tour et retrouvé le docteur Crawford dans la chambre douze pour préparer un plan.

— Je ne sais pas ce qui se passe, mais tout ça, c’est… C’est du délire, avait commenté le psychiatre.

— On sait. Aurais-tu une solution pour la calmer ? avait demandé William.

— Et bien… en me basant sur ce qui lui était administré, et en croisant avec ce qu’on a, je pourrai lui préparer un cocktail pour la faire tenir tranquille. Vu les doses, ça marcherait aussi pour un cheval.

— C’est une bonne idée, mais pour ça, il faudrait déjà qu’on arrive à l’approcher.

— Elle est déboussolée. Il faut la mettre en confiance, tout simplement. Je vais descendre et tenter de lui donner le traitement.

— Tu es sûr ?

— Oui, ça devrait aller. J’ai travaillé quelques années en hôpital psychiatrique. Au passage, est-ce que vous savez ce que c’est « PM » ? C’est annoté un peu partout dans le dossier avec des chiffres, mais je doute qu’il parle d’un Premier ministre ou de peso mexicain.

Ses collègues l’avaient regardé en haussant les épaules, totalement dépassés par cette situation.

Le docteur Crawford, sûr de lui, était descendu avec la seringue dissimulée dans la poche de sa blouse. William et Elizabeth avaient attendu dans le couloir.

Deux était toujours inconscient sur le lit et Un faisait toujours les cent pas. En entrant, le psychiatre l’avait interrompu. Ils avaient discuté environ une heure, puis Crawford avait retiré sa blouse qu’il garda en main. Il avait profité d’un moment d’inattention pour réussir à la piquer. Elle...



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