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Jean-Baptiste | Captive - La Faille | E-Book | www.sack.de
E-Book

E-Book, Französisch, 204 Seiten

Reihe: Captive

Jean-Baptiste Captive - La Faille

Tome 2
1. Auflage 2021
ISBN: 978-2-322-38497-6
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

Tome 2

E-Book, Französisch, 204 Seiten

Reihe: Captive

ISBN: 978-2-322-38497-6
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



Comment peut-on être meilleur qu'un humain mais traité comme une souris de laboratoire ? Captive est un thriller psychologique SF. Une quête d'identité et de liberté. Une tentative d'adaptation pour ces mutants dans un monde où ils dérangent autant qu'ils fascinent. La saga en six tomes est complète. URSS - Automne 1958 Les sujets Numéro Un et Deux ont été créés avec des capacités surhumaines dans le but de représenter et servir leur patrie. Mais ce n'était pas ce que voulait leur créateur, le professeur Daniil, qui s'est enfui et les a cachés dans un manoir perdu dans la campagne russe. A son départ, il passe le flambeau à un confrère. Cependant, celui qu'ils attendaient n'arrivera jamais. A la place, c'est le docteur Zaystrev Jonathan, psychiatre, qui prend sa place. Prêt à tout pour imposer ses intentions à l'opposé de ce que leur créateur souhaitait.

Julie est une auteure qui est née et a grandit aux Antilles. Elle est l'auteure de la saga "Captive". Passionnée par la culture asiatique, elle quitte son île pour étudier en métropole le coréen. Elle aime accompagner chaque moment de sa vie par une tasse de thé.
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2.


Des trombes d’eau s’abattaient sur la vitre du van. Coincée à l’arrière avec Vera Solovyov et Edna Novikov, ses deux nouvelles collègues, ainsi qu’une valise, l’infirmière Mathilda Kuznetsov observait la forêt qui les entourait. La pluie tombait si fort qu’elle ne lui laissait pas beaucoup de visibilité, mais elle préférait cela au discours ennuyeux de ses futurs collègues. Elle avait cessé de les écouter lorsque l’homme qui se trouvait au volant, un ouvrier nommé Bernard Nowak, avait comparé le sujet Numéro Un à Baba Yaga.

Tout à coup, le conducteur appuya sur le frein et elle se cogna la tête contre le siège avant.

— Faites donc un peu attention !

— Désolé, mademoiselle. Mais ça s'est arrêté devant.

Le visage de Bernard, marqué par des cicatrices dues à l’acné, se tourna vers elle. Il avait l’air stupide. Sa carrure imposante, ratatinée par l’habitacle étroit du van, lui donnait un air encore plus benêt. Mathilda se pencha et jeta un coup d’œil par le pare-brise, en arrangeant le foulard noué autour de ses cheveux. L’endroit lui rappelait vaguement quelque chose. Si elle ne se trompait pas, ils étaient encore loin de leur destination.

— Nous sommes perdus.

— Quoi ? s'écrièrent en cœur les trois passagers qui l’accompagnaient.

— À ce rythme-là, nous n’y arriverons jamais avant la tombée de la nuit.

Une lueur de terreur apparut dans le regard de Vera, qui se cacha la bouche avec sa main blanche.

— Au moins, si nous nous perdons, la Baba Yaga nous trouvera, ajouta Mathilda sur le ton de la rigolade.

Sa collègue, offusquée, lui donna une tape sur l’épaule et se signa.

— Pourquoi n’écoute-t-il pas Alexeï ? Nous serions arrivés depuis bien longtemps. Nous avons déjà presque six heures de retard.

Alexeï avait travaillé avec Mathilda au côté du professeur Daniil. À sa connaissance, il se trouvait dans la voiture de tête. Il avait été désigné comme le bras droit du nouveau docteur afin de le guider dans son installation.

— Croyez-vous qu’ils nous feront payer notre retard ? demanda Vera.

— Petite sotte. Pourquoi avoir accepté de venir travailler ici si vous avez si peur d’eux ?

Elle baissa les yeux, gênée. Edna lui lança un regard noir et reprit la broderie qu’elle avait dans les mains. Le moteur redémarra et le trajet reprit. Lorsqu’ils approchèrent enfin de la dépendance, la pluie ne tombait plus aussi fort. Mathilda sourit tristement en se souvenant du jour où elle avait quitté les lieux, un an plus tôt.

Le professeur Daniil avait manqué de fonds et avait craint de ne plus pouvoir la payer. Il l’avait alors congédiée. Lorsque Mathilda avait été convoquée par le nouveau directeur, elle avait été ravie, bien qu’inquiète. Ce contre-temps sur leur itinéraire ne faisait que conforter son inquiétude. Ce docteur Jonathan semblait particulièrement têtu et ses intentions étaient difficiles à cerner.

Bernard lui ouvrit la portière avec un imperméable noir à la main, qu’il lui remit. Ses collègues et elle durent aider à décharger le camion. Vu le retard qu’ils avaient accumulé, il était hors de question d’attendre que le temps soit plus clément. Ce fut donc sous la pluie qu’ils se mirent à récupérer les énormes bagages du docteur. Essentiellement du nouveau matériel, lui semblait-il. Elle se rappelait avoir vu des équipements similaires à l’hôpital de Moscou, lorsqu’elle y avait travaillé.

Essoufflée, elle s’arrêta un moment. Il avait enfin cessé de pleuvoir. Devant elle, l’aidant à porter une malle, Edna semblait tout aussi fatiguée. Elles évitaient péniblement les flaques de boue entre le gravier qui pavait l’entrée tout en faisant attention à ne pas abîmer les précieux bagages du docteur. Mathilda leva la tête vers la fenêtre de la bibliothèque. Furtivement, elle crut apercevoir la silhouette de Numéro Un qui les observait.

— Est-ce que... c’était elle ? lui demanda Vera qui se trouvait derrière elle.

— Je pense que oui.

— Comment devons-nous les appeler ? Parlent-ils notre langue ?

— Oh, taisez-vous, Vera. Vous m’agacez avec vos questions stupides.

Elle fit signe à Edna de repartir et emboîta le pas d’un ouvrier qui poussait une lourde caisse.

Dans l’entrée de la dépendance, tout le monde était rassemblé sous le vieux lustre en fer forgé, attendant les prochaines instructions du nouveau directeur.

L’endroit n’avait pas changé. Le lambris recouvrait les murs de moitié, suivi de près par les tapisseries défraîchies. Le hall d’entrée, qui desservait les salles communes, un dortoir et la cuisine et l’escalier, n’était qu’un lieu de passage, vide de tout objet.

Le visage de Vera s’empourpra à la vue du sujet numéro deux, qui se tenait devant Jonathan. Il ressemblait à un jeune prince rebelle. Les premiers boutons de sa veste était défaits, négligemment, laissant apparaître sa chemise blanche à col officier. Il se tenait avec les mains dans les poches, ce qui lui donnait un air nonchalant et sûr de lui.

Mathilda remarqua la distance qu’il essayait de maintenir entre Numéro Un et le nouveau propriétaire. L’instinct de protection de Deux envers Un avait sûrement dû se renforcer. Si ce docteur faisait un seul faux pas, elle ne donnait pas cher de lui et des autres. Voire d’elle-même, si Deux la considérait comme une traîtresse. Elle hésita à partager cette réflexion avec sa collègue, mais se retint. Cette dernière risquerait de se mettre à hurler et courir partout.

Derrière lui, avec la prestance d’une future tsarine, se tenait la petite Numéro Un, qui la salua en lui adressant un léger signe de la tête et un sourire. Mathilda lui sourit en retour. Numéro Un n’avait évidemment pas changé. Elle était adorable dans son uniforme. Malgré son air enfantin, on sentait toute la maturité d’une femme à travers sa posture et son regard.

— Mathilda ? lui chuchota Vera à l’oreille. Est-ce que ce sont eux ?

— Oui, Vera. Vous voyez, il n’y avait rien à craindre.

— C’est impossible. Le monstre est plutôt beau garçon.

— Cessez avec ce mot.

Vera balaya une mèche de ses cheveux châtains derrière son oreille et échangea quelques gloussements avec Edna. Il ne manquait plus que ça. «  », pensa Mathilda.

Devant elle, Alexeï, crispé, écoutait attentivement la conversation entre le docteur et le sujet numéro Un. Quelle que soit la teneur de leurs propos, cela ne plaisait pas à son collègue, qui était mal à l’aise. Une fois la discussion terminée, les sujets remontèrent à l’étage, certainement dans leur chambre. Perplexe, Mathilda s’avança vers Alexeï qui semblait franchement embêté.

— Alexeï, que se passe-t-il ? Pourquoi sont-ils partis à l’étage ? Ils ne veulent pas rester pour nous donner un coup de main ?

— Le docteur Jonathan préfère qu’ils se reposent avant le début des recherches.

— Mais nous allons mettre des heures à tout rentrer.

Alexeï lança un coup d’œil vers Jonathan, puis haussa les épaules de dépit.

— Vous savez peut-être comment traiter avec ces bêtes, mais tout le monde n’y est pas encore habitué, déclara Jonathan. Pour notre sécurité, il est préférable qu’ils restent là-haut, dans leur appartement. D’ailleurs, si je comprends bien, ils ont une chambre ? demanda-t-il en se tournant vers Alexeï.

— Oui, ils partagent une chambre. Celle qui se trouve à côté de la bibliothèque.

— Je pensais qu’ils seraient enfermés dans des cages.

— Comme des cobayes, vous voulez dire ?

— C’est ce qu’ils sont, après tout. Mais enfin, ils ne se sont pas échappés. Cela prouve qu’ils ont besoin d’un maître pour les diriger.

— Vous devriez vous méfier au lieu de fanfaronner, cracha Mathilda, remontée contre ses collègues et son nouveau patron. Suivez-moi, mesdemoiselles, nous allons nous installer dans nos...



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