Jean-Baptiste | Captive - Liberté | E-Book | www.sack.de
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E-Book, Französisch, Band 4, 364 Seiten

Reihe: Captive

Jean-Baptiste Captive - Liberté

Tome 4
1. Auflage 2022
ISBN: 978-2-322-43374-2
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

Tome 4

E-Book, Französisch, Band 4, 364 Seiten

Reihe: Captive

ISBN: 978-2-322-43374-2
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



Captive est un thriller psychologique SF. Une quête d'identité et de liberté. Une tentative d'adaptation pour ces mutants dans un monde où ils dérangent autant qu'ils fascinent. La saga en six tomes est complète. Ils touchent au but. Mais quel sera le prix de leur liberté ?

Julie est auteure qui est née et a grandi aux Antilles. Elle est l'auteure de "Captive", un thriller psychologique SF de six tomes. Dans la vie, elle exerce un métier aussi mystérieux que les dossiers du KGB et manipulateur que l'ex-gouvernement soviétique. Quand elle n'écrit pas, elle adore pâtisser et accompagner chacune de ses lectures par une tasse de thé.
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4.


Diana attendait le sujet Numéro Dix à l’infirmerie pour un contrôle avant un départ en mission. Le docteur Zaystrev avait annoncé que le sujet devait recevoir un traitement particulier dont il sortait tout juste. Dix et Neuf faisant partie des sujets les plus dociles, cette nouvelle l’avait étonnée. Mais c’était lui le spécialiste, il devait savoir des choses qu’elle ne pouvait pas comprendre. En rangeant ses ustensiles, elle se rendit compte qu’aucun des sujets ne lui avait rendu visite. Depuis le départ de Deux, ils étaient livrés à eux-mêmes pour les entraînements et ne manquaient pas d’imagination pour martyriser leurs cadets : Onze et Douze. Plus personne n'était là pour jouer les arbitres.

Comme Numéro Dix se faisait attendre, elle décida d’aller faire un tour dans la salle des costumes pour voir Magda. Peut-être que par suite d’un malentendu, Dix s'y était rendu en premier lieu. Ils s’emmêlaient parfois les pinceaux avec les responsables des sujets ; surtout Youri, qui n’en faisait qu’à sa tête.

Magda, la costumière, approchait de la quarantaine. Elle travaillait ici pour améliorer la vie de sa famille. En pensant à ses deux enfants, Diana se disait que sa collègue avait été bien courageuse d’avoir accouché quatre fois.

À quelques mètres de la pièce, l’infirmière se figea.

« Oh non, ça ne va pas recommencer ! »

Depuis l’entrebâillement de la porte, elle aperçut Magda assise sur la table où elle confectionnait d’habitude les patrons et découpait les tissus. Ouvertes en offrande, ses jambes accueillaient les baisers d’une toison blonde qui s’appliquait à la tâche. Les gémissements de plaisir étouffés de la couturière ne laissaient aucun doute quant à l’habileté du sujet. Diana se retourna prestement et partit à la recherche d’un responsable pour se plaindre de nouveau des agissements des sujets. Ce n’était pas la première fois et ce ne serait sûrement pas la dernière, mais il était temps qu’ils fassent quelque chose pour remédier à cela. Elle demanderait aussi au docteur s’il serait possible de traiter leur libido hyperactive.

Elle interpella Paul qui était posté devant la porte d’entrée, les mains dans les poches de sa blouse.

— Paul ! Il est temps que vous fassiez quelque chose concernant le comportement de Neuf et Dix.

— Ils vous ont fait du mal ?

— Bien sûr que non. Vous savez très bien de quoi je veux parler. De leur comportement… avec le personnel.

— Je ne vois pas, non. Ils sont plutôt gentils, dit Paul en se grattant l’arrière du crâne.

— Leur comportement avec le personnel.

— Ah, ça ! Ils ne font rien de mal. Vous savez ce qu’on dit : faites l’amour, pas la guerre. Et puis la vie privée de nos collègues ne nous regarde pas.

Paul avait sûrement déjà goûté aux charmes de Neuf et ne souhaitait pas que sa source de plaisir se tarisse.

Donna fit irruption depuis un couloir, les interrompant. Elle gesticula dans tous les sens, ce qui les laissa perplexes. Diana la calma et la femme de ménage sortit son carnet : « L’armée arrive, » écrivit-elle à la hâte. Elle avait aperçu des véhicules militaires depuis les chambres des sujets au deuxième étage. Diana écarquilla les yeux et se tourna vers Paul.

— Ne vous inquiétez pas. Je les attendais justement. Nous avons connu de grandes avancées. Retournez vaquer à vos occupations.

— Combien de chambres leur faut-il ? demanda Diana.

— Aucune, ils ne devraient pas rester.

Elle rassura Donna qui retourna à ses occupations.

— Savez-vous où je peux trouver Youri ? Je dois le voir pour discuter du programme de la journée.

— À la dépendance, probablement.

— Merci.

L’infirmière décida de sortir par derrière en passant par les cuisines afin de voir ce qu’Iona allait leur servir ce midi. L’odeur des oignons qui cuisaient l'accueillit, mais pas la cuisinière. Les feux étaient éteints et s’il y avait bien des oignons dans la casserole, ils étaient tièdes. En y réfléchissant, elle n’avait croisé personne depuis un moment. Aucune blouse blanche qui rentrait de leur garde, ni de Sergueï qui courait dans le manoir avec son nouvel apprenti pour réparer ce qui pouvait l’être.

Elle traversa le chemin boueux qui reliait le manoir à la dépendance. Cette année, Sergueï tardait à mettre les planches. À cause de la météo instable qui oscillait entre la pluie et la neige, il lui était difficile de prendre une décision. Elle essuya ses chaussures sur le paillasson de la dépendance. Des nuages noirs aspiraient le ciel bleu. Il allait pleuvoir, peutêtre même y avoir de l’orage. Avant d’entrer, elle entendit les crissements des roues depuis l’allée du manoir et les pas des bottes dans le gravier. Ils devaient être une bonne dizaine de soldats.

— Vous voilà enfin ! s’exclama Trois en la surprenant dans le vestibule recouvert de lambris.

— Vous étiez donc ici. Je cherche Youri. Mais où sont-ils tous passés ?

— Suivez-nous sans poser de questions.

Les yeux de serpent du sujet la fixaient avec sérieux. Soudain, Diana se rendit compte qu’il ne portait pas son uniforme, mais des vêtements de civil.

— Vous partez en mission ?

— Tout ça, c’est terminé, déclara Six.

Elle descendait les escaliers de l’étage en provenance de l’ancien dortoir des employées et du bureau de Jonathan. Six aussi était habillée en civil, avec deux fusils à l’épaule et deux pistolets à la ceinture de son pantalon. Elle en lança un vers Trois et un autre vers Dix, qui sortait de nulle part. L’infirmière porta sa main à la bouche.

— Qu’est-ce que vous faites ? Qu’est-ce qui se passe ?

— Mère vous aime bien, Diana. Et nous aussi. On ne vous fera rien, la rassura Trois.

— Qui est mère ? Et où sont les gardiens ?

— Morts, annonça Six en la toisant.

Elle avait maintenant rejoint le groupe en bas des marches.

Trois attrapa le poignet de Diana et l’attira au sous-sol. Youri débarqua de l’ancienne salle à manger en boitant et tenta de les stopper.

— Revenez ici ! Bande de…

Diana s’arrêta et demanda à son collègue :

— Youri ? Mais que vous est-il arrivé ?

Elle n’eut pas le temps de s’attarder sur son cas. Déjà, Trois l’entraînait dans les escaliers menant au couloir du sous-sol. Dix, la main sur la poignée, prit le temps de vérifier que personne ne manquait à l’appel quand, soudain, des coups retentirent à la porte d’entrée, le figeant un instant.

— Docteur Zaystrev ! Ouvrez ! Le comité reprend le projet.

— Quoi ? s’exclama Youri en se hâtant à grande peine vers Dix ; qui maintenait encore la porte du sous-sol ouverte, pour s’y cacher.

Dix ferma la porte derrière l’assistant, qui s’était faufilé juste à temps, et la bloqua à l’aide d’une barre de fer.

Le cœur de Diana battait la chamade et elle avait perdu des couleurs. Arrivée en bas de l’escalier, elle poussa un cri en trébuchant sur le corps sans vie de Tomek, couché au travers du seuil de sa cabine. Le mur d’écrans, qui éclairait le couloir, s’éteignait petit à petit. Sur le dernier moniteur, celui de la salle capitonnée, elle eut juste le temps d’apercevoir Numéro Un. Puis ce fut le noir complet. L’infirmière hurla à nouveau. Tout cela lui paraissait cauchemardesque.

— Qu’est-ce-qui se passe ? Mes enfants… je veux revoir mes enfants !

Youri était resté sur le palier, en haut des marches. Entre les sujets et les soldats, il se sentait pris au piège et défaillit au pied de la porte qu’il venait de barricader. Qui avait bien pu les trahir ? Le cerveau du bras droit de Jonathan carburait à toute vitesse. Le comité leur tombait dessus, les sujets faisaient une mutinerie et les docteurs Zaystrev restaient introuvables.

— Où est Paul ? interrogea soudain Youri.

— Au manoir. Il pensait qu’il ne s’agissait que d’une visite du comité pour les vérifications d’usage, répondit Diana, agitée....



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