Jean-Baptiste | Captive - Tome 1 à 3 | E-Book | www.sack.de
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E-Book, Französisch, 596 Seiten

Reihe: Captive

Jean-Baptiste Captive - Tome 1 à 3

Captive - thriller psychologique SF - la trilogie
1. Auflage 2022
ISBN: 978-2-322-46696-2
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

Captive - thriller psychologique SF - la trilogie

E-Book, Französisch, 596 Seiten

Reihe: Captive

ISBN: 978-2-322-46696-2
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



Il y a des vies dont vaut mieux ne jamais se souvenir. Elle l'apprendra à ses dépens. Elle se réveille comme chaque matin et suit la routine qu'il lui a imposée, recluse dans cet appartement. Amnésique, elle est incapable de se rappeler de son passé et n'a pas d'autre choix que de vivre selon ses règles. Tout va changer le jour où il l'autorisera à l'accompagner dans sa société et qu'elle rencontrera une mystérieuse candidate. Qui est l'homme qui la retient prisonnière, son protecteur ou son bourreau ? Captive est une saga en 6 tomes. Un thriller psychologique SF entre présent et passé qui vous transportera jusqu'en URSS. Un mystère dans lequel vous devrez discerner le vrai du faux.

Julie est une auteure qui est née et a grandi aux Antilles. Elle est l'auteure de la saga Captive, un thriller psychologique SF. Dans la vie elle exerce un métier aussi mystérieux que les dossiers du KGB et manipulateur que l'ex-gouvernement soviétique. Quand elle n'écrit pas, elle aodre pâtisser et accompagner chacune de ses lectures par une tasse de thé.
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2.


— Réveille-toi.

Sa voix me sort de mon sommeil.

— Il neige, dit-il.

— Il neige ?

Il m’entraîne dehors. Un lac gelé, des sapins recouverts d’un manteau blanc et des flocons se dessinent devant moi. Et ce silence intense.

— C’est tellement beau. Merci.

— Je savais que ça te plairait.

Il m’enveloppe dans ses bras et me serre contre lui. Malgré le froid mordant qui anesthésie mon visage et mes doigts, je me sens étrangement bien. Comme si tout cela m’était familier. Nous contemplons ce paysage enchanteur un moment, puis il me dit à l’oreille : « On va manger ? ». Il me raccompagne à l’avant de la voiture.

Nous nous arrêtons quelques kilomètres plus loin dans un restaurant situé au milieu de nulle part. Une serveuse nous installe et nous tend une carte. Je ne comprends pas les intitulés de la plupart des plats proposés. Ils sont très différents de mon alimentation habituelle, sélectionnée par ses soins. Je fais semblant de réfléchir et pose le menu dès qu’il pose le sien sur la table. Lorsque la serveuse revient, il lui donne notre commande, puis allonge ses jambes sur la banquette et ferme les yeux. Mal à l’aise, je me tiens bien droite, les mains crispées sur mes cuisses, tout en observant les lieux. Mis à part nous, il y a deux hommes âgés assis au bar qui boivent un café. Ils me rappellent un peu ce tableau de Hopper que j’ai vu dans un livre, mais avec plus de couleurs vives et de néons. La serveuse dépose notre commande devant nous. Des gaufres pour nous deux, un thé et un café, énonce-t-elle. Je contemple mon plat, perplexe. Je n’ai jamais rien mangé de tel. Il se réveille et verse du sirop sur mon plat et sur le sien.

— C’est meilleur comme ça.

— Merci.

— Mange.

J’en découpe un morceau et le goûte. Cela provoque une explosion de sucre dans ma bouche à laquelle je ne suis pas habituée.

— Alors ?

— C’est bon.

— Tu as réussi à dormir ?

— Oui.

— C’est bien. Je suis désolé pour hier soir.

— Ce n’est pas grave. Cette matinée est parfaite. Merci.

— Bientôt, je vais devoir m’absenter quelques jours. Tu as l’habitude, maintenant.

— Oui.

— Je ne veux pas que tu oublies de manger. D’accord ?

— Oui…

Il m’observe un instant et me demande :

— Qu’est-ce qu’il y a ?

— Je ne veux pas que tu me laisses seule, encore.

— Je ne peux pas t’emmener.

— À ton retour, pourra-t-on passer plus de matinées comme celle-ci ?

— Je vais y réfléchir.

Il est nerveux tout à coup. Peut-être à cause de ma demande ? Ou de son téléphone qui n’arrête pas de sonner ?

— On y va.

Il boit sa tasse de café d’une traite, règle la note et me prend la main.

Une fois de retour dans la voiture, il appelle Vanessa.

— Alors, comment ça s’est passé ? demande-t-elle.

— C’est allé. Mais je vais devoir redescendre. Ça ne me plaît pas.

— Quant à ce gros porc, tu en as vraiment fini avec lui ?

— Oui, tu peux le rayer de la liste des clients.

— Ça ne va pas effrayer les autres ?

— Non, ne t’inquiète pas.

— Tu veux que je te prépare quelque chose pour ton départ ?

Il me regarde et lui dit :

— Je vais me débrouiller. J’aimerais juste que tu passes la voir pour m’assurer qu’elle mange.

— Tu ne veux pas non plus que je lui remplisse sa gamelle ? Tu la traites comme un animal de compagnie.

— Ne la sors pas.

— Mais elle ne va pas s’enfuir.

— Vanessa, je t’interdis de la faire sortir.

— On verra. À ce soir.

Elle raccroche.

— Ne la suis surtout pas. Elle va essayer de te faire sortir. Je la connais.

— Mais… je peux rester seule, comme d’habitude. Je te promets que je mangerai.

Il me fixe un instant, me caresse le visage et dit :

— Tu es en train de changer. Fais attention.

— Je suis désolée, dis-je en baissant la tête.

Il démarre la voiture. Cette phrase signifie qu’il sait que je lui désobéis. Que je commence à enfreindre les règles qu’il a établies. Et surtout, que je vais être punie pour cela. Il a compris que je me souvenais, que je n’ai plus la force de faire semblant quand il n’est pas là et que je passe ce temps, comatant en attendant qu’il revienne. Le livre qu’il m’a offert était en fait un piège que je n’aurais pas dû ouvrir. Il me teste. Pour savoir jusqu’où je suis prête à aller. Avant de remettre les compteurs à zéro.

« On est arrivé. » Il m’ouvre la portière et me tend la main. Il ne neige pas chez nous. Le jour s’est levé. Mais il n’y a toujours aucune âme qui vive sur le parking. Seulement moins de voitures par rapport à hier soir.

— Je suis fatigué, dit-il en appuyant sur le bouton de l’ascenseur. Je vais aller me reposer un peu.

Il ouvre la porte d’entrée et se déshabille dans le salon. Ses plaies sont déjà presque guéries. Une fois en sous-vêtement, il se rue dans la chambre et claque la porte derrière lui. Je me poste à la fenêtre du salon. La neige tombe ici aussi maintenant. La vitre est froide. À travers le voilage, j’aperçois d’autres bâtiments en face de chez nous. L’ensemble est plutôt gris, triste et étrangement calme, comme si personne n’y habitait. L’horloge affiche 15 h. Je prends le temps d’écouter cette petite voix. Cette intuition qui me dit que je connais cette candidate et que ce qu’il fait dehors est mal. Que quelque chose cloche. Que j’ai un passé et des souvenirs. Qu’ils sont bien là. Cette voix m'assure qu’elle va tout me raconter et qu’elle va m’aider. Encore. Cette fois, je secoue la tête. Je ne veux plus lui désobéir, j’ai peur de ce qu’il pourrait me faire en apprenant que je sais. Je ne veux plus rien savoir. La nuit tombe et ma tête se vide face à l’apparition des lumières ambrées du ciel au coucher du soleil.

— Tu es restée là tout ce temps ? demande-t-il en s’accroupissant près de moi. Qu’y a-t-il de si intéressant à regarder là-bas ?

— L’immensité.

— L’immensité ? répète-t-il.

— Il y a des gens qu’on ne voit pas, leurs histoires et la nature aussi qui essaie de faire son chemin. Pourquoi y a-t-il si peu d’arbres ici ?

— Tu veux qu’on déménage dans un endroit plus arboré ?

— Je me sens bien auprès de la nature.

— Il n’y a que près de moi que tu dois te sentir bien, dit-il, l’air contrarié.

— Il n’y a que près de toi que je me sens bien. Mais tu n’es jamais là.

Il me regarde avec de grands yeux.

— Qu’est-ce que tu as dit ?

— Pardon…

Il me gifle et s’en va en claquant la porte, me laissant seule, le visage lancinant de douleur. Je me mets à pleurer. Je l’ai déçu. C’est pour nous qu’il fait tout ça. Je me lève, essuie mes larmes, range et nettoie l’appartement, puis me prépare à dîner. Je m’assieds par terre, devant la fenêtre, continuant à fixer l’horizon et toutes ces forces invisibles. Minuit, je me lève pour aller me coucher, dans le lit que nous partageons. Seule.

Ce n’est pas le soleil qui me réveille, comme à mon habitude, mais la sonnerie de la porte. Mon corps est engourdi et faible. Je traîne des pieds jusqu’à la porte et regarde à travers l’œillère. C’est Vanessa. Je me souviens alors de la conversation dans la voiture et ouvre.

— Bonjour Vanessa. Tu es passée…

— Il avait changé d’avis et ne voulait plus que je te rende visite. Juste que je t’appelle. Mais cela fait trois jours que tu ne réponds pas, donc me voilà. Est-ce que ça va ?

— Oui.

— Je peux entrer ?

— Je ne sais pas…

— C’est lui qui m’a envoyée et il attend mon rapport.

Elle pousse la porte, que je referme derrière elle, et entre. Puis me scanne de haut en bas.

— Je suis encore en pyjama, désolée. Veux-tu quelque chose à...



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