E-Book, Französisch, 474 Seiten
Reihe: Captive
Jean-Baptiste Captive
1. Auflage 2021
ISBN: 978-2-322-41857-2
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
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E-Book, Französisch, 474 Seiten
Reihe: Captive
ISBN: 978-2-322-41857-2
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Julie est une auteure qui est née et a grandit aux Antilles. Elle est l'auteure de la saga de science-fiction"Captive". Passionée par la culture asiatique, elle quitte son île pour étudier le coréen en métropole . Elle aime accompagner chaque moment de sa vie par une tasse de thé.
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2.
Le haut fonctionnaire Josiah Melnyk descendit de la camionnette de Bernard, après plusieurs heures de trajet désagréable. Les routes de la forêt et le véhicule n’avaient rien à voir avec le confort de sa Volga et des rues pavées de Moscou. Pourtant, face à la dépendance, la fatigue et le désagrément du voyage laissèrent place à l’excitation et à la curiosité.
Cela faisait maintenant quatre ans que le docteur Zaystrev avait repris les rênes du projet. Il avait prétexté avoir besoin de temps pour discipliner les sujets Numéro Un et Deux. Une fois maîtrisés, il pourrait passer au développement du vaccin. Mais à la surprise générale, il avait annoncé vouloir produire de nouveaux sujets afin de faciliter les recherches. Les sujets Numéro Un et Deux, trop incompatibles avec l’espèce humaine, ne lui avaient pas permis d’atteindre son objectif. Il avait argumenté en expliquant qu’en produisant de nouveaux sujets, non seulement il pourrait créer des êtres suffisamment proches de l’Homme pour exploiter leurs données, mais aussi offrir au gouvernement des bras armés surpuissants. La perspective de posséder des agents surhumains avait séduit les membres du comité et son directeur. Grâce au budget généreux qu’on lui avait alloué, il s’était entouré des meilleurs et avait réussi cette prouesse.
Josiah lissa ses cheveux courts et blonds avant d’ajuster sa chapka. La neige étouffait le paysage et il faisait un froid mordant. L’air glacé et pur de la nature lui piqua les narines. Au moins, il n’aurait plus à supporter l’odeur de gasoil et parfois d’égouts de la ville pendant quelques jours. Derrière lui, le photographe le suivait, son matériel dans les bras.
Le docteur Zaystrev l’accueillit sur le perron de la dépendance en lui serrant la main et l’invita à entrer au chaud. Josiah n’avait pas confiance en cet homme, un vrai savant fou. Tout son être lui inspirait la méfiance. De ces petites lunettes rondes qui tombaient sur son nez à ses lèvres fines qui disparaissaient souvent dans un sourire suffisant. Mais il avait été le seul à se porter volontaire pour reprendre la direction du projet et ses idées étaient novatrices.
Le travail de Daniil intéressait grandement le comité et le gouvernement. Cependant, personne ne s’était senti capable de prendre sa suite et surtout de contrôler les sujets. La réputation de ces derniers les précédait. Indestructibles, sanguinaires et parfois presque mystiques. Personne ne voulait se risquer à les approcher. Comment réagir face à des êtres qui ne craignent pas la mort ? Jonathan avait été le seul scientifique suffisamment inconscient pour accepter.
Un autre camp minoritaire au comité souhaitait les exterminer, ce à quoi Josiah s’était toujours opposé. Dans cette période de guerre froide, ces armes « humaines » étaient inestimables. Il avait réussi à persuader le directeur que cela leur donnerait une nouvelle longueur d’avance sur les Américains, en plus du programme spatial. Sans compter le vaccin que Jonathan devait développer.
Josiah et le photographe entrèrent dans le bureau du docteur, étonnamment décoré comme n’importe quel cabinet de haut fonctionnaire de la ville. Même l’odeur du parfum de qualité venant d’Europe en faisait partie. Lors de sa dernière visite, quand le professeur Daniil gérait encore cet endroit, il ne savait pas s’il avait mis les pieds dans le bureau d’un directeur de recherche ou d’un étudiant fauché.
— Quand vont-ils naître ? demanda derechef Josiah en s’asseyant.
— Tout devrait être prêt d’ici une petite heure.
— En avez-vous d’autres en cours ?
— Les sujets numéro cinq et six sont déjà en cours de développement. Leur naissance est prévue dans environ six mois.
— Très bien. Tâchez de nous faire parvenir les rapports. Quant au vaccin, où en êtes-vous ?
— Les sujets sont très différents de nous. Ils partagent autant de gènes de plantes et d’animaux que de gènes humains. Ce sont des monstres. C’est pour cela que nous essayons de créer des sujets plus proches de nous, mais tout aussi performants.
— Donc vous n’avez rien.
Jonathan se décrispa les épaules et s’affaissa dans son fauteuil. Ses lèvres affichèrent un autre genre de sourire : celui de l’embarras. Face à lui, Josiah croisa les bras.
— Je dois admettre que les premiers tests ne sont malheureusement pas concluants. Nous espérons avoir plus de chance avec les prochains sujets. Nous voudrions synthétiser leurs particularités. Quant aux missions, je pense que les sujets trois et quatre seront prêts à les endosser d’ici un an, voire peut-être moins.
— Vous souhaitez envoyer des bébés travailler ? s’esclaffa Josiah en rentrant son menton.
— Ne les sous-estimez pas.
— J’aimerais jeter un œil aux sujets Numéro Un et Deux. Ceux que vous vous vantez si bien de savoir contrôler.
— Bien entendu. Ils nous attendent dans leurs quartiers. Je vais appeler mon assistant pour m’assurer qu’ils sont prêts.
Jonathan décrocha son téléphone à cadran noir :
— Paul, Un et Deux sont-ils disposés à nous voir ? Très bien, nous arrivons dans deux minutes.
— J’espère qu’avec tous vos tours de passe-passe, ils sont encore un peu eux-mêmes.
— S’ils étaient eux-mêmes, ils ne nous apporteraient rien. J’en ai fait quelque chose de mieux.
Le docteur invita le fonctionnaire à le suivre à l’étage. Josiah s’étonna de l’état de la dépendance. Les murs avaient été repeints, des tableaux et des tapisseries embellissaient l’établissement, le rendant presque moins sinistre. Il dut reconnaître la nécessité de cette rénovation. Dan ne s’encombrait pas de ce genre de détails. La dernière fois qu’il était venu, l’homme avait renvoyé la bonne par souci d’économies et l’endroit manquait cruellement d’hygiène. À croire qu’il souhaitait que la dépendance s’accorde au manoir en ruine.
La chambre des sujets était semblable à celle de son souvenir. Une chambre simple à l’ambiance champêtre. La seule petite excentricité tenait dans une couverture brodée qui trônait sur le rebord du lit de Numéro Un.
S’il n’avait pas su ce qu’ils étaient réellement, il ne l’aurait pas cru. Numéro Un, qui portait un uniforme militaire de cérémonie noir, se leva lorsqu’il entra, suivi de Deux, son ombre. Josiah se délecta du charme de Numéro Un, resté intact malgré toutes ces années passées. De part et d’autre, des assistants le saluèrent, les bras derrière le dos. Il leur serra la main et vint se poster devant le sujet femelle.
— Numéro Un, je suis enchanté de vous revoir. Vous souvenez-vous de moi ? Je suis le camarade Melnyk.
— Comment ne pas me souvenir de vous, Monsieur ?
Loin d’être effrayé, Josiah sourit. La dernière fois qu’il les avait croisés, c’était pour les faire prisonniers. Un malaise se fit sentir chez les assistants et le docteur qui ne connaissaient pas leurs antécédents.
— Mademoiselle Numéro Un, je vous prie de vous montrer un peu plus polie, ordonna le docteur Zaystrev.
Elle releva le menton et tendit la main pour le saluer. Cette chose rancunière ne ressemblait plus à une petite fille, mais bien à une jeune fille. Le sérum récupéré sur Petrov avant son arrestation avait donc fonctionné. Elle ne portait aucun artifice. Pourtant, comme il l’avait déjà remarqué : elle était magnifique. Ses yeux bleu-gris tranchaient avec sa couleur de peau, ce qui ne manquait pas de l’enchanter à chaque fois. Il aurait presque pu se laisser séduire par cette créature. Presque. Si elle n’était pas ce qu’elle était.
Deux, fidèle à lui-même, garda les mains dans ses poches. Son visage affichait une mine blasée. Josiah lui présenta sa main. Il ne répondit pas tout de suite, comme il s’y était attendu, pas avant que Numéro Un lui fit signe de l’accepter.
— Numéro Deux, comment vous portez-vous ? Je vois que vous avez bien grandi. Vos nouvelles missions vous plaisentelles ?
— Je vais bien....




