Lemann / Bender | L'avenir de Jérusalem | E-Book | www.sack.de
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E-Book, Französisch, 248 Seiten

Lemann / Bender L'avenir de Jérusalem


1. Auflage 2016
ISBN: 978-2-322-15962-8
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

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ISBN: 978-2-322-15962-8
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"Un phénomène, qui mérite de provoquer l'attention de l'Église et de la société civile, se produit et se développe depuis la dernière moitié du siècle qui vient de finir : c'est une poussée juive vers la Palestine, cette terre appelée par le livre de la Sagesse la plus chère à Dieu." C'est par ses mots que l'Abbé Augustin Lemann commence son livre, édité en 1901. Il sent venir, avec beaucoup de scepticisme, plusieurs décennies avant sa réalisation, la création de l'Etat d'Israël. "Actuellement, on peut conclure, (...) qu'il existe en certains milieux israélites un réveil en faveur d'un recouvrement de la Terre Sainte et de Jérusalem. Il semble qu'à la dispersion dix-neuf fois séculaire veuille succéder un mouvement de retour et de concentration à l'ombre des collines de Sion." Comment a-t-il fait ? Il fut l'un des premiers observateurs des congrès sioniste et un lecteur attentif des textes bibliques. C'est dans ses deux sources importantes qu'il puise le contenu de son recueil et nous livre une analyse riche d'enseignement pour notre avenir. Il est d'une brûlante actualité en posant la question de la légitimité de Jérusalem comme capitale d'un état Juif. Il évoque deux questions auxquelles il tente de répondre dans son livre : A-t-il été dans les idées des Juifs, depuis la destruction de leur nationalité par les Romains, de rétablir un État juif en Palestine avec Jérusalem pour capitale ? Ce projet exista-t-il, aurait-il chance de réussir, eu égard au plan divin ?

L'Abbé Augustin Lemann est un prêtre français d'origine juive ashkénaze, né à Lyon en 1836. Il se convertit au catholicisme en 1854. Très attaché à sa foi d'origine, il écrira, pas moins de cent cinquante ouvrages, avec son frère jumeau Joseph, sur les rapports entre les catholiques et les Juifs, mais également sur le destin eschatologique du peuple juif. Il signera cependant ses livres majeurs sous sa propre plume. Il fut l'auteur de l'Antéchrist, en 1905.
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V.

La quatrième tentative s'accomplit sous Marc-Aurèle (ann. 174-175).

Au dire d'Ammien Marcellin, ce prince avait si mauvaise opinion de l'état d'esprit et des dispositions des Juifs, que, passait par la Judée pour aller en Égypte, il se serait écrié avec douleur : «  »

Les événements ne tardèrent pas à justifier la défiance de Marc-Aurèle. Vologèse, roi des Parthes, ayant franchi les frontières de l'empire et défait l'armée romaine commandée par Séverin, les Juifs de l'Orient, sujets des Parthes., s'imaginant que le temps de leurs espérances était arrivé, se joignirent à Vologèse et grossirent le nombre de ses troupes. Bientôt tous les Juifs de l'Asie eurent fait cause commune. Il n'y avait pas de temps à perdre. Cassius, général de Marc-Aurèle, s'avança à la tête de ses légions. Vologèse fut battu, Ctésiplion, sa capitale, emportée d'assaut, son palais réduit en cendres. Babylone, qui faisait encore quelque figure, la Mésopotamie et les terres des Mèdes, où il y avait un si grand nombre de Juifs, furent ravagées. Après la victoire, Marc-Aurèle ne put souffrir l'outrage que lui avaient fait les Juifs ; et, pour les en punir, il renouvela les lois qu'Adrien avait portées contre eux13.

VI.

La cinquième tentative s'effectua sous Septime-Sévère (ann. 493-211).

Elius Spartianus, qui nous a donné une histoire de cet empereur, y fait mention des Juifs. Toujours animés de leurs folles espérances de restauration politique, ils conspirèrent en Syrie, avec les Samaritains, contre la domination romaine14. Ils ne firent qu'aggraver leur joug. Le fait est confirmé par Eusèbe, qui dit positivement que Sévère fit la guerre aux Samaritains et aux Juifs15. Spartianus ajoute même que le Sénat ordonna un .

Sévère, qui voyait dans la circoncision un signe de révolte et d'insubordination, porta des peines très fortes contre quiconque se ferait Juif. Liberté aux Juifs de circoncire leurs enfants, mais défense à eux de faire des prosélytes. Tertullien, témoin de la misérable condition où la Synagogue était tombée de son temps, écrivait dans son  : «  »

Cependant Sévère devint, dans la suite, favorable aux Juifs. Prince avare, il se laissa gagner par leur argent. Non seulement il leur laissa toute la liberté de leur culte, mais les assimila aux citoyens romains, levant aussi sur eux des impôts17.

VII.

La sixième tentative se manifesta sous Constantin le Grand (ann. 321-327).

Les Juifs, s'apercevant dans quelle voie Constantin était résolu de marcher, s'étaient adressés à sa mère, lui persuadant d'écrire à son fils pour le louer du parti qu'il avait pris d'abandonner l'idolâtrie, mais en même temps pour lui exprimer le regret qu'il se fût déterminé à embrasser la religion du Nazaréen, religion toute nouvelle dans le monde18. Trompés dans leurs espérances et croyant trouver une occasion plus favorable, ils se soulevèrent de nouveau, annonçant hautement leur intention de rebâtir le Temple. Ils avaient souffert avec patience, bien qu'en frémissant, de voir le Temple rasé et Jérusalem, déguisée sous un pseudonyme romain, devenue méconnaissable même pour ses enfants. Mais voir sortir du sol une Jérusalem nouvelle avec la croix pour étendard, voir des Gentils autrefois rejetés de la synagogue régner désormais sur le tombeau de David, cette injure nouvelle au sang de David et de Lévi, ils se dirent qu'ils ne devaient pas la supporter, et ils se révoltèrent. Saint Jean Chrysostome, historien de cette nouvelle tentative, ajoute que Constantin, convaincu qu'ils n'avaient pas renoncé à leur esprit de révolte, leur fit couper une partie de l'oreille afin que, dispersés dans l'empire, ils portassent partout avec eux le signe de leur rébellion, et eussent moins de facilité à se soustraire à l'obéissance et à troubler l'ordre public19. De plus, deux lois très sévères les astreignirent aux charges municipales et leur interdirent tout acte de prosélytisme20.

VIII.

La septième tentative fit explosion sous Constance (ann. 33), la synagogue ne perdant aucune occasion de se soulever contre l'ordre politique pour reconquérir son indépendance perdue. Magnence s'étant révolté en Hongrie, l'empereur avait été obligé d'y aller en personne pour lui livrer bataille. D'autre part, les Perses profitant de cet éloignement, avaient pris les armes et attaquaient Nisibe, qui soutint un siège de quatre mois. Les Juifs, voyant le feu allumé aux deux bouts de l'empire, jugèrent le moment favorable. C'est Diocésarée21 en Palestine qui donna le signal.

Un grand nombre de Juifs y habitaient. Mais Gallus, que Constance avait fait César, et qui avait reçu mission de marcher contre les Perses, passa dans la Judée, battit les rebelles et rasa Diocésarée, siège de la révolte. C'est par milliers que les Juifs furent égorgés. Plusieurs villes, entre autres Tibériade, différents bourgs et châteaux, furent livrés aux flammes. Qui peut dire combien cette malheureuse tentative des Juifs fit périr d'innocents et de personnes tout à fait étrangères à la sédition22 ?

Constance, irrité contre les Juifs, fit plusieurs lois contre eux. , disait saint Hilaire, qui vivait alors, . Ce qui prouve que Constance avait renouvelé les édits d'Adrien, ou qu'il en avait fait un nouveau sur la même matière23.

IX.

La huitième tentative, qui eut pour coopérateur Julien l'Apostat, est restée célèbre (ann. 361-363).

Non seulement l'empereur permit aux Juifs de rebâtir le Temple, mais il les aida de toute la puissance de son empire, leur fournissant des matériaux et de l'argent. Les Juifs, persuadés que leurs espérances allaient enfin se réaliser et qu'après le Temple rebâti, Jérusalem leur serait rendue, se mirent avec ardeur à l'ouvrage. Insultant aux chrétiens persécutés par Julien, ils firent faire des instruments d'or et d'argent pour construire le nouvel édifice. Les femmes et les enfants même mirent la main à l'ouvrage. On sait comment une intervention divine fit échouer avec un éclat terrible cette suprême tentative. Les détails en seront rappelés plus loin. L'histoire de cette tentative célèbre (sans parler des auteurs chrétiens qui la rapportent) nous a été transmise par un historien contemporain, attaché à la cour de l'empereur, par Ammien Marcellin24. Aussi a-t-on pu dire avec raison qu'il ne serait pas moins ridicule de mettre en question si Julien a formé le projet de rebâtir le Temple de Jérusalem, que de demander si César a été assassiné en plein sénat25.

Figure 2 : Edward Armitage, 1875.

Telle est, en résumé, depuis la destruction de la nationalité juive par Titus jusqu'au triomphe définitif du christianisme après la mort de Julien l'Apostat, l'histoire des diverses tentatives israélites pour reprendre Jérusalem et y reconstituer un État juif. Quelques velléités d'indépendance se produiront bien encore sous 1es règnes suivants ; par exemple sous Justinien, ou un faux Messie du nom de Julien soulève, en 530, les Juifs de Palestine, mais la révolte est étouffée dans le sang de l'imposteur26 ; sous Phocas, en 602, à Antioche et en...



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