Martin | La Vallée des Âmes Perdues | E-Book | www.sack.de
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E-Book, Französisch, Band 1, 560 Seiten

Reihe: La Vallée des Âmes Perdues

Martin La Vallée des Âmes Perdues

L' Appel des Grands-Esprits
1. Auflage 2026
ISBN: 978-2-322-60914-7
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

L' Appel des Grands-Esprits

E-Book, Französisch, Band 1, 560 Seiten

Reihe: La Vallée des Âmes Perdues

ISBN: 978-2-322-60914-7
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



Depuis l'enfance, Sophia se reveille a 3h47 avec le meme cauchemar. Une petite fille de trois ans, seule dans les decombres. Cinq coups de tonnerre. Une lumiere aveuglante qui transforme la nuit en jour. Une boule de feu qui detruit tout sur son passage. Est-ce un reve... ou un souvenir enfoui... Etudiante a Tomsk, Sophia mene une vie ordinaire jusqu'au jour ou ce cauchemar recurrent la pousse a partir en quete de reponses. Son voyage la conduira bien au-dela de ce qu'elle aurait pu imaginer : des steppes mongoles aux monasteres tibetains, des megalopoles asiatiques aux sanctuaires sacres du Japon. Sur sa route, elle rencontrera Helpi, une eleveuse d'aigles dont la sagesse ancestrale l'initiera aux mysteres de la nature. Elle decouvrira Infinity, une presence cosmique qui l'accompagne depuis toujours. Et elle comprendra enfin la verite sur son origine : elle n'est pas qu'une simple humaine, mais un pont entre deux mondes. Car la boule de feu qui a marque son enfance n'etait que le debut. Les Grands-Esprits l'ont appelee pour une mission qui depasse l'entendement humain. Entre science et spiritualite, entre passe traumatique et destin cosmique, Sophia devra accepter qui elle est vraiment pour proteger ceux qu'elle aime. Un voyage initiatique au coeur de l'Asie mystique. Une quete d'identite qui transcende les frontieres de l'humain. Une histoire de transformation, de connexion universelle et de reconciliation avec soi-meme.

Ronald Martin signe avec "L'Appel des Grands-Esprits" une oeuvre profonde et poetique, fruit d'une longue fascination pour les cultures d'Asie centrale et les traditions spirituelles orientales. Nourri par la sagesse des peuples nomades mongols, la philosophie bouddhiste et une sensibilite contemporaine aux questions existentielles, il cree des univers ou le mystique cotoie le quotidien, ou les steppes infinies deviennent le theatre de metamorphoses interieures. A travers la serie "La Vallee des Ames Perdues", Ronald Martin invite ses lecteurs a un voyage initiatique qui transcende les frontieres geographiques et spirituelles. Ses personnages, en quete de leurs origines et de leur veritable nature, incarnent cette recherche universelle de sens et de connexion qui habite chacun d'entre nous. Son ecriture, a la fois ancree dans le reel et ouverte sur le cosmos, est une invitation a redecouvrir notre place dans l'univers.
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Chapitre 2



Le lycée n°12 de Tomsk ressemble à tous les bâtiments soviétiques : béton gris, fenêtres alignées, façade austère qui avale la lumière. Dès que je pousse la lourde porte d'entrée, l'odeur me saisit : désinfectant, craie et cette sueur particulière de l'adolescence enfermée.

Les couloirs résonnent de pas pressés et de voix mêlées. Huit heures moins le quart. J'avance tête baissée, mais je sens les regards qui se tournent vers moi.

— C'est elle, la fille de Valentina Petrovna...

— Elle lui ressemble même pas...

— Adoptée, paraît-il...

Les murmures me poursuivent. Mon cœur s'accélère. Ces sensations que je connais trop bien : la panique qui monte, l'envie de fuir, de disparaître. Mes oreilles captent chaque chuchotement, chaque ricanement. Mon corps entier se met aux aguets.

J'ai appris à survivre comme ça. Anticiper. Décoder. Éviter les coups avant qu'ils arrivent.

Salle 23. Mathématiques. Monsieur Kovalev est déjà là, droit comme un piquet derrière son bureau. Quand il me voit entrer, son visage se crispe légèrement. Cette expression que je connais par cœur : déception mélangée à de l'agacement.

Je suis la fille de sa collègue. Je devrais briller. Au lieu de ça, je suis son échec personnel.

—Mademoiselle Degtyareva.

Il appuie sur chaque syllabe de ce nom russe que je porte maintenant. Comme s'il testait son poids sur sa langue.

— J'espère que vous avez... travaillé.

Je m'installe au fond, loin des regards moqueurs. Mais pas assez loin pour échapper à ce qui va suivre.

— Exercice numéro 15. Au tableau.

Mon sang se glace. L'exercice sur lequel j'ai pleuré hier soir. Ces chiffres qui refusent de faire sens, ces équations qui se dérobent.

Mes jambes tremblent quand je me lève. Derrière moi, Ivan ricane :

— Allez, montre-nous tes talents...

Il laisse sa phrase en suspens. Le mot qu'il dit pas plane dans l'air. . Il le pense si fort que j'ai l'impression de l'entendre.

Je me retourne. Ivan me sourit de ce sourire tordu que je connais depuis des années. Depuis qu'on m'a expliqué d'où je venais vraiment.

— Je suis pas...

— Quoi ?

Sa voix monte, innocente. Trop innocente.

— Tu es quoi, alors ? Russe ?

Il penche la tête, faussement curieux. Ses copains pouffent.

— Avec cette tête ?

Les rires explosent. Monsieur Kovalev frappe son bureau avec sa règle.

— Silence ! Mademoiselle, au tableau. Maintenant.

Mes pieds me portent vers l'avant. La craie est moite dans ma main. Les chiffres au tableau se mettent à danser, à se brouiller. Mon cœur bat si fort que j'ai l'impression qu'on l'entend dans toute la classe.

- Alors ?

La voix de Kovalev me parvient de très loin.

— On attend.

Derrière moi, les murmures reprennent :

— Elle comprend rien...

— Sa mère va encore...

— Pauvre Valentina Petrovna...

Quelque chose se brise en moi. Une rage sourde qui remonte du ventre, qui enfle dans ma poitrine. Mes poings se serrent. La craie se casse entre mes doigts.

Et là... très faiblement... mes pieds... quelque chose de bizarre.

Comme si le sol ondulait. À peine perceptible. Mes chaussures tremblent imperceptiblement sur le carrelage.

— Mademoiselle Degtyareva ?

Je me retourne vers Kovalev. Mes yeux sont brouillés de larmes de rage.

— Je...

Ma voix s'étrangle.

— Je sais pas.

— Bien sûr.

Il secoue la tête, cette mimique théâtrale qu'il fait quand il veut marquer sa déception.

— Retournez vous asseoir. Et préparez-vous à expliquer à votre mère pourquoi vous n'avez toujours rien compris.

Je regagne ma place sous les regards railleurs. Mon corps tremble encore. Cette colère bouillonne toujours en moi, cherche une sortie. Et cette sensation étrange persiste, comme si quelque chose sous mes pieds répondait à mon état.

Je ferme les yeux, essaie de respirer. Papa rentre vendredi. Deux jours encore. Deux jours à tenir.

Mais au fond de moi, je sais que ça changera rien. Quand papa est là, on joue tous la comédie de la famille parfaite. Et moi, je joue avec eux. Parce que c'est plus simple.

Midi et demi. Pause déjeuner. Je me dirige vers la cantine, ma carte à la main. Mais arrivée devant les portes battantes, je fais demi-tour. Comme toujours.

La forêt de bouleaux derrière le lycée. Mon refuge.

Je m'installe sur le tronc habituel, sors ma petite bouteille de complément alimentaire. Vanille-banane. Le goût le moins écœurant que j'aie trouvé. Je mélange la poudre avec l'eau tiède de ma gourde.

Mon secret depuis deux ans. Ma façon de jamais dépendre complètement de la bienveillance de maman. Au début, c'était juste pour les punitions, ces soirs où j'avais pas le droit de dîner. Maintenant, c'est devenu une habitude. Une assurance.

Le vent souffle dans les branches nues. Ici, personne me compare à Dimitri et Tatiana. Personne me rappelle que je ressemble pas à ma famille.

Mon téléphone vibre. Message de maman, 12h47 :

Dans son vocabulaire, ça veut dire qu'elle va parler et moi écouter. Une heure de reproches, de comparaisons, de déceptions énumérées.

Je me souviens de la fois où j'ai essayé de lui expliquer. Que c'était difficile, que j'avais peut-être besoin d'aide. Elle m'avait regardée avec cette expression...

Comme si pas comprendre était un choix. Comme si j'aimais échouer.

Un craquement de branche. Je lève la tête.

Ivan et deux de ses copains s'approchent entre les arbres. Mon cœur se remet à battre trop vite.

— Tiens, tiens...

Ivan sourit, les mains dans les poches.

— La princesse qui mange toute seule.

Je me lève, recule vers les arbres plus profonds.

— Laissez-moi tranquille.

— Oh, elle nous parle !

Igor, l'un de ses copains, débouche une bouteille d'eau.

— Tu sais quoi ?

Il s'approche, la bouteille à la main.

— Ma mère, elle dit que ta mère... elle en peut plus de toi.

Les mots me frappent comme des gifles physiques.

— C'est faux.

— Vraiment ?

Ivan penche la tête, faussement compatissant.

— Alors pourquoi elle passe son temps à te gronder ? Pourquoi elle sourit jamais quand elle te regarde ?

Une partie de moi, cette partie sombre que j'essaie toujours de faire taire, se demande s'il a pas raison.

Igor lève sa bouteille.

— Tiens, ça va te rafraîchir...

Et là, quelque chose explose en moi.

— NON !

Je le pousse des deux mains. Fort. Trop fort. Igor trébuche, tombe en arrière. Sa bouteille se vide sur lui. Les deux autres me regardent, bouche bée.

— T'es folle ?

Mais je les entends plus. Je cours vers le lycée, le cœur tambourinant, les larmes aux yeux. Et derrière moi, très faiblement, je sens cette vibration étrange dans le sol.

Comme si la terre frémissait sous mes pas de colère.

Le reste de l'après-midi passe dans un brouillard. J'évite les regards, me fais invisible. À dix-sept heures, je retrouve maman devant l'entrée des professeurs.

Son visage dit tout. Bouche pincée, ride creusée entre les sourcils. Les mauvais jours ont cette couleur particulière.

Le trajet du retour : silence de plomb. Maman conduit en préparant ses mots, en organisant sa colère. Moi, je regarde défiler les rues enneigées de Tomsk et me prépare à la tempête.

Dix-sept heures trente. À peine rentrées, maman pose son sac et se tourne vers moi.

— Assieds-toi.

Sa voix est dangereusement calme. Je m'installe à la table de la cuisine. Elle reste debout. Position dominante. Technique qu'elle a dû apprendre dans ses cours de pédagogie.

— Monsieur Kovalev m'a tout raconté.

Elle commence à faire les cent pas. Son rituel. Marcher, parler, me disséquer du regard.

— Tu as pas fait tes devoirs. Tu as été... pathétique au tableau. Et maintenant j'apprends que tu t'es battue avec Igor Petrov.

— Je me suis pas...

— Tais-toi.

Sa voix claque comme un fouet.

— Tu parles quand je te le demande.

Elle s'arrête face...



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