E-Book, Französisch, 304 Seiten
Mort imminente
1. Auflage 2020
ISBN: 978-2-322-21587-4
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Volume 1
E-Book, Französisch, 304 Seiten
ISBN: 978-2-322-21587-4
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Angel, de son vrai nom Dominique B. est bourguignonne d'adoption. Romancière, elle s'inspire de tout ce qui l'entoure pour écrire. Éclectique, passionnée de lectures diverses et variées qui ont nourri son imagination au fil du temps, elle nous livre à travers ses romans, des vies d'aventure et des histoires plus palpitantes et intrigantes les unes que les autres, avec des personnages attachants et humains.
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Chapitre 2
Le commissaire Dubreuil avait l’air d’un homme sympathique. Et il nous a accueillies toutes les deux très gentiment. Puis, il nous a demandé si cela ne nous dérangeait pas d’être interrogées dans les salles d’interrogatoire, afin que nos témoignages puissent être enregistrés.
Et on a dit oui. On voulait bien coopérer. Et quand on a commencé à parler de nos armes, curieusement les choses ont dégénéré. Allez savoir pourquoi. Et autant pour Alice que pour moi.
Le commissaire a subitement été beaucoup moins sympa, et il ne nous a pas crues quand on n’a dit qu’on ne savait rien. Et il a commencé à croire qu’on pouvait bien être complices, malgré nos hommes qui lui certifiaient qu’on était absolument pour rien dans tout ça. Et quand, comme par hasard, il a fait sortir mon dossier, il était à deux doigts de l’apoplexie le pauvre commissaire. J’avais un dossier super épais. Plusieurs fois suspectée de meurtre et d’avoir trempé dans diverses affaires louches, une arme qui avait servi à un meurtre sur moi, des preuves retrouvées dans mon bureau, suite à une perquisition, et pour le tout, simplement innocentée par une note dans le dossier, mais sans aucune autre précision. Le flou artistique.
Les informations complètes étaient classées « Secret Défense », mais même ça, ce n’était pas mentionné, normal puisque c’était secret, soyons logiques.
– … J’ai votre dossier sous les yeux, madame.
– Nous y revoilà… Soupirais-je. Non, mademoiselle s’il vous plaît.
Ajoutais-je plus haut.
Mais il avait entendu ma remarque.
– Vous avez l’habitude d’être interrogée on dirait. Il semblerait qu’on vous retrouve très souvent accusée de diverses choses, et tout particulièrement de meurtre, et on a même retrouvé des preuves accablantes dans votre bureau. Et j’ignore comment, mais il semblerait qu’à chaque fois, vous soyez étrangement blanchie de toute accusation au final, et le comble, sans aucune explication.
Vous, vous pouvez m’expliquer ?
– Vous expliquer quoi ? répondis-je comme si je n’avais pas compris la question. J’avais mon arme dans mon sac à main, et comme ils avaient peur qu’on leur cause des problèmes, Alice et moi, ils nous ont conduites à leur chef, et pendant qu’ils nous parlaient, la cavalerie est arrivée et ils ont préféré nous prendre avec eux, juste au cas où, comme otages. C’est tout. Je ne sais pas qui sont ces types, je ne sais pas où ils sont, je ne sais pas combien ils ont pris, ils avaient des cagoules et je peux vous donner approximativement leur taille et peut-être aussi la couleur des yeux, et une vague description de leurs armes, je ne suis pas une spécialiste, et basta. Je me suis arrangée pour me frotter contre je ne sais pas lequel, quand ils nous ont changées de véhicule, et vous ramener éventuellement de quoi les identifier, mais sortie de là je ne peux rien vous apprendre de plus. Même sous la torture.
– Vous savez pertinemment que je ne vous parle pas de ça pour le moment, mais de votre dossier. Vous voyez, celui-là, devant moi, qui vous concerne. Et comment se fait-il que John ait été au courant des choses pour le braquage ?
– Mon dossier ? Ce n’est pas moi qui l’ai rédigé, mais vos services, et j’ignore totalement ce qui peut être écrit dedans. Quant à John, c’est moi qui l’ai appelé et qui l’ai prévenu du braquage.
– Je veux bien croire que John n’est pour rien dans cette histoire.
Mais cela ne prouve pas pour autant que vous ne soyez pas complice des braqueurs, de même que votre amie. Si j’en crois les nombreux témoignages des autres clients, vous étiez toutes les deux calmes, pas effrayées pour deux sous, et je cite ?on aurait dit qu’elles discutaient avec le chef dans un salon ? !
– Ils n’ont pas entendu la conversation alors.
– Non. Vous étiez trop loin, et vous parliez trop doucement.
Toujours d’après les témoins. Et vous n’avez opposé absolument aucune résistance. Vous leur avez même tendu vos poignets de vous-même. Donc, si j’additionne deux plus deux, j’obtiens des présomptions sérieuses quant à la complicité avec les braqueurs.
Surtout au vu de votre dossier.
– Bon, mettez-moi en garde à vue tout de suite et qu’on en parle plus. Vous êtes tous les mêmes. Au fait, demandez donc à John d’appeler qui de droit pour moi, merci. Et, un petit truc, juste un conseil, évitez de raccrocher au nez de votre interlocuteur quand on vous demandera de me libérer sur-le-champ.
– Et votre complice ?
– Alice ? Elle c’est mon amie. De lycée, si vous voulez tout savoir.
Et elle est journaliste. Laissez-la partir et mettez-moi tout sur le dos.
Elle n’a pas de dossier, elle.
– Donc, vous avouez ?
– Quoi ?
– Que vous étiez complice de ces hommes et que votre amie a été entraînée par vous dans cette histoire !
– Vous voulez que je vous avoue une chose ? Je m’en fiche de ce que vous pensez ! Vous partez mal et même très mal. Je crois effectivement qu’il y a au moins un complice dans la place. Ils étaient trop bien informés, et ce cambriolage… – Vol à main armée.
– Quoi ?
– Vol à main armée pas cambriolage.
– Oh ! Donc ce vol était trop bien organisé. Timing, répartition dans le magasin et les bureaux, voie de sortie… Ce n’est pas quelque chose qu’on prépare à la va-vite.
– Donc, vous êtes complice ! Vous venez de vous trahir. Je ne vous ai pas dit qu’il y avait quelqu’un dans les bureaux ! Personne d’autre que vous n’en a parlé parmi les clients et même les caissières du magasin ignoraient ce qui pouvait s’être passé à l’étage.
– Si je l’ai dit, c’est parce que c’est évident. Je connais ce magasin de jouets. J’y vais régulièrement et je sais qu’il y a des bureaux au-dessus. J’ai déjà vu des caissières monter et descendre. Et en prime, ça semble logique. S’ils n’avaient pas aussi neutralisé le bureau, je pense qu’ils auraient appelé la police et qu’ils auraient tenté d’intervenir d’une façon ou d’une autre. Et je peux même vous dire qu’ils ont pris les bandes des caméras de surveillance du magasin, au moins pour la journée du vol.
– Et moi, je maintiens que vous avouez. Les caméras c’était vraiment le détail de trop. Personne n’était au courant.
– Logique. Ils sont entrés dans le magasin par la porte, comme des clients normaux et quand on s’est relevées on a vu qu’ils portaient tous des cagoules, et je peux vous assurer que quand je les ai repérés, ils n’en portaient pas. Mais pour autant je serais incapable de vous les décrire ou même de les reconnaître. Moi, c’est ce que j’aurais fait. Écoutez, je suis allée là-bas pour acheter un poupon à ma fille pour Noël et rien d’autre. Le reste n’est qu’un hasard, et nous allions sortir avec Alice, juste avant que je ne remarque les trois premiers et que j’appelle John. Si nous sommes restées, c’est uniquement pour vous aider de l’intérieur. Alors vous me dites merci. Vous me serrez la main et on se quitte bons amis. Et demain, si j’ai le temps, je passe signer ma déposition. Sinon, ce sera pour le lendemain de Noël.
– Et moi, je vous colle en garde à vue, et votre amie aussi par précaution.
– Vous feriez bien de faire prendre mes fringues pour la recherche de preuves. Mais demandez à John de me trouver de quoi me mettre sur mes petites fesses avant. Sinon il ne va pas être content, et en prime je vais prendre froid. Sinon, rien de changé.
Dites-lui d’appeler qui de droit. Et n’oubliez surtout pas mon conseil. Ne raccrochez surtout pas au nez de votre interlocuteur. Je le connais, il déteste ça.
Et je me tus. Attendant la suite. Le commissaire me semblait à la fois surpris, sûr de lui et un peu déstabilisé tout de même.
– Je raccrocherai au nez de votre avocat s’il m’appelle ! Il aura intérêt à venir s’il veut vous voir. Et croyez-moi, votre garde...




