Partchieva | L'apposition est morte, vive la phrase | E-Book | www.sack.de
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E-Book, Französisch, 248 Seiten

Partchieva L'apposition est morte, vive la phrase

Regard d'une professeure ingouche sur l'apposition française, génératrice du vocabulaire et du discours. Et ses plus belles histoires illustrées dans Les Mots de J.-P. Sartre et Les Fruits d'Or de N. Sarraute
1. Auflage 2025
ISBN: 978-2-322-62943-5
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

Regard d'une professeure ingouche sur l'apposition française, génératrice du vocabulaire et du discours. Et ses plus belles histoires illustrées dans Les Mots de J.-P. Sartre et Les Fruits d'Or de N. Sarraute

E-Book, Französisch, 248 Seiten

ISBN: 978-2-322-62943-5
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
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Le présent ouvrage se donne comme visée principale de rendre manifeste l'existence du niveau discursif supérieur à la phrase, et de nommer l'unité minimal de ce niveau, innomée et pourtant si recherchée depuis l'inauguration en France de l'AD (nouvelle branche de la linguistique) en 1969. C'étaient Z. Harris et M. Bakhtine qui avaient articulé la nécessité de les explorer dans le langage méthodiquement pur de la linguistique. Mais les écrivains l'auraient découvert bien avant. Intuitivement, la solution se trouvait dans la mise en apposition (le détachement) suggérée par l'auteur. Mais le concept d'apposition étant très discuté et controversé pendant des siècles, la linguistique française n'a pas suivi cette trace dans l'élaboration de la théorie du discours. On découvrira la raison de la négligence de cette piste par les chercheurs collaborant dans l'AD française : toute l'histoire multiséculaire de la mise en apposition montre l'impossibilté de la linguistique à trouver une fonction pour l'apposition détachée dans la phrase dont elle n'est pas constituante. Ce qui a crée un « désordre sans bornes » dans la linguistique. L'ouvrage démontre que la formation du discours a commencé avec la première virgule, et que les soi-disant termes détachés de phrases sont eux-mêmes des phrases, mais pas habituelles. La mise en apposition s'est développée discrètement au cours des siècles, formant des unités qui intègrent des phrases se transformant en une phrase-monorème avec suppresion des éléments thématiques et du verbe relationnel lors de cette intégration dans la phrase régissante-matrice.

Para Partchieva, professeure chercheuse en linguistique, a été maître de conférences et responsable du département de la langue française à l'université de Grozny. Après sa soutenance de thèse, elle poursuit ses recherches en linguistique à l'université Sorbonne Paris V, où elle a collaboré avec Françoise Guérin. Ensemble, elles publient, en 1997, Parlons tchétchène-ingouche aux éditions L'Harmattan. Elle est récompensée de la médaille d'Ordre national du Mérite en république d'Ingouchie, du titre honorifique de chercheuse émérite en sciences et dans l'enseignement, et nommée Chevalier dans l'Ordre des Palmes académiques.
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Préface


« » (N. Sarraute, )

Cet ouvrage vise à rendre évidentes et prouver trois grandes vérités inédites de la structure dite dans la linguistique française  :

(i) Ce terme grammatical a fait son temps et aujourd’hui il est condamné à disparaître ayant vécu dans la linguistique officielle française méconnu, mais laissant après soi une nouvelle langue – le discours, ayant contribué à la transfiguration de la langue française, telle qu’elle est décrite dans la grammaire, en langue construite non de phrases, mais des unités construites de phrases. Et s’attribuant avec cela son vrai statut phrastique.

(ii) Dans son autobiographie, J.-P. Sartre a présenté au monde, dans la lecture de plus haut niveau, la biographie de l’apposition, en s’identifiant, et les étapes de création de cette langue par la mise en apposition en lui érigeant le monument dans .

(iii) de Sarraute sont un hymne aux détachements – vainqueurs et leurs combats difficiles, victorieux finalement malgré tout. Sans exagération, les conséquences de ces faits que j’ai avancés et essayés de prouver ressemblent bien à ceux de mon épigraphe par Sarraute.

En prétendant dévoiler ces vérités en deuxième ou énième lecture, je me rends compte qu’il ne s’agit pas de peindre dans les Belles Lettres les réalités visibles mais de les transposer dans la science linguistique. Les rendre connues est le but essentiel.

« ». (NSFO, p.160)

À la fin des années 1980, j’ai présenté une thèse sur le sujet suivant : » Par amour – passion pour la beauté, la clarté, la logique de la langue française, quoique de formation j’ai été professeure de russe, je me suis spécialisée dans la linguistique française. Une simple professeure provinciale contestait le traitement communément réservé par les linguistes russes et français aux détachements comme les termes de phrases.

Au fil de mes recherches et lectures d’œuvres complètes de plusieurs auteurs, je suis arrivée à la conclusion que l’apposition était un type de relations particulières entre phrases qui s’organisent dans le discours. Qui se composent de phrases intégrées, réduites aux monorèmes et des phrases intégrantes verbales. Cette thèse avant-gardiste, qui concerne toutes les langues indo-européennes, je n’ai pu la soutenir qu’en 1986 grâce à Alissova Tatiana, professeure en linguistique romane à l’Université Lomonossov à Moscou. Elle a fait preuve d’une ouverture d’esprit exceptionnelle quand après seulement la première lecture des treize pages qui contenaient tout mon concept, elle a changé sa vision sur la syntaxe française.

(NSFO, p.105)

Ce témoin vraiment a été trouvé. Un seul au début. Mais cette rencontre providentielle, son intelligence et son autorité avaient servi à me guider jusqu’à la soutenance de ma thèse.

. (NSFO :1963, pp.105-107)

Une étude approfondie et une analyse minutieuse des œuvres littéraires m’ont permis de découvrir le mécanisme de formation du discours. Ayant mis dans ma thèse un point sur le statut phrastique des appositions et son rôle dans l’évolution du français, j’ai eu un autre projet qui a beaucoup intéressé la professeure Alissova – » : Et c’est sur sa présentation que le Conseil Scientifique de la Faculté des langues romanes a approuvé le sujet proposé et le plan de l’élaboration. En récompense, j’ai eu la possibilité de travailler pendant dix mois dans les bibliothèques de Paris pour poursuivre mes recherches en doctorat.

À mon arrivée en France, la première personne que j’ai contactée parmi les spécialistes de discours a été Michel Charolles. Il m’a donné rendez-vous chez lui un matin dans la cour de sa maison. Sans grande discussion, il a pris mes quelques pages sur lesquelles j’ai exposé l’essentiel de ma conception et les a mises négligemment dans une poche de sa veste. Ce fut tout.

Certains représentants des peuples « civilisés » se permettent de traiter en inférieur un représentant du peuple moins « développé » sans admettre que l’intelligence n’a pas d’origine territoriale. À ce jour, Charolles et ses successeurs voient dans les monorèmes initiales-phrases verbales réduites aux rhèmes à l’intégration dans la transphrastique – termes de phrase détachés.

Une fois à la Sorbonne V, on m’a proposé l’inscription au doctorat avec un sujet de thèse complétement différent du mien, l’analyse structurale de l’ingouche, ma langue maternelle. J’ai accepté, car je pensais que malgré tout, je pourrais continuer mes recherches sur mon sujet de base. Finalement, le Ministère de l’Education nationale sur la présentation de Martinet et de mon directeur de recherche Christos Clairis, m’a inscrite au doctorat avec mon sujet initial. Entre temps, on m’a demandé d’aider une chercheuse, Françoise Guérin, dans son travail sur la langue ingouche en appliquant la méthode de l’école française fonctionnaliste fondée par Martinet.

Après avoir soutenu sa thèse avec mention « très bien » elle a créé, sur l’initiative de Clairis et sous sa direction, une section de recherche sur les langues caucasiques, l’ingouche et le tchétchène y compris.

Quant à moi, mon concept du détachement et du transphrastique a eu le même accueil froid qu’en Russie. Avec la seule différence que je n’ai pas trouvé une autre Alissova, et mon projet fut rejeté car j’avais mis en doute les théories principales sur le discours.

Le département d’André Martinet et la linguistique fonctionnelle était toujours sur la syntaxe phrastique de la langue française où se réalisait « les relations » entre les monèmes en niant les relations syntaxiques interphrastiques qui formeraient le discours. Les fonctionnalistes avaient les mêmes difficultés présentes dans la théorie générale de la syntaxe avec la mise en apposition qu’ils n’ont pas réussi à surmonter.

Par ailleurs, la parution d’une brillante étude sur l’apposition adjectivale et nominale de Franck Neveu qui, lui aussi, restait au niveau phrastique dans la stratification de l’apposition, n’a pas fini avec « un désordre sans borne dans la linguistique ». (Sarraute) Mon directeur de recherche ne voulait plus entendre parler du statut phrastique des détachements m’ayant dit textuellement : « Après Neveu il n’y a rien à faire quant à la description de la mise en apposition. Comme si cela ne suffisait pas, la même année, est publié l’ouvrage de deux linguistes, doubles docteurs, Reboul et...



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