E-Book, Französisch, 242 Seiten
Pasqua Le Florin Noir De Dante
1. Auflage 2025
ISBN: 978-88-354-7890-4
Verlag: Tektime
Format: EPUB
Kopierschutz: 0 - No protection
E-Book, Französisch, 242 Seiten
ISBN: 978-88-354-7890-4
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Le roman décrit également les aventures de Riccardo, un fantassin florentin qui escorta Dante, jeune chevalier, pendant le siège terrible du château. L'histoire du jeune Riccardo au treizième siècle croise celle, contemporaine, d'Umberto, et leurs existences seront marquées au fil des évènements qui se déroulent dans ce château. Umberto, tout comme Riccardo quelques siècles auparavant, découvrira l'amour en ces lieux. Deux personnages d'époques différentes mis en parallèle, qui affrontent l'inconnu et découvriront des passions nouvelles et inattendues. Une histoire d'aventure d'hommes, d'armes et d'amours, qui s'entremêle entre le Moyen-Âge et notre époque.
Umberto est un médecin milanais qui approche de la retraite. Par curiosité il enquête sur l'origine de son nom de famille et se découvre une lointaine ascendance noble toscane. L'un de ses ancêtres, gibelin, s'était réfugié en 1285 dans un château siennois, château que l'évêque d'Arezzo, Guglielmo degli Ubertini, incite à la rébellion contre la vile de Sienne ; cette rébellion se termina dans un bain de sang quelques mois plus tard. Umberto, captivé par la beauté de l'endroit, décide d'acheter une maison à proximité du château, abandonné et inaccessible depuis des lustres ; il quitte Milan pour s'établir là-bas et y passer sa retraite. Pendant les travaux de restauration de la maison, il trouve par hasard une ancienne monnaie florentine, un florin de cuivre, appelé aussi florin noir, et Cesira, une voyante, sent que la pièce appartenait à un personnage très important, Dante Alighieri, et elle fut perdue dans des circonstances animées et dramatiques. Le roman décrit les aventures de Riccardo, un fantassin florentin qui escorta Dante, jeune chevalier, pendant le siège terrible du château. L'histoire du jeune Riccardo au treizième siècle croise celle, contemporaine, d'Umberto, et leurs existences seront marquées au fil des évènements qui se déroulent dans ce château. Umberto, tout comme Riccardo quelques siècles auparavant, découvrira l'amour en ces lieux. Deux personnages d'époques différentes mis en parallèle, qui affrontent l'inconnu et découvriront des passions nouvelles et inattendues. Une histoire d'aventure d'hommes, d'armes et d'amours, qui s'entremêle entre le Moyen-Âge et notre époque.
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Préface
de Patrizia Turrini
Les quelques (rares) certitudes relatives à la jeunesse de Dante :
Malgré de nombreuses recherches dans les archives, seuls deux actes notariés concernant les années de jeunesse de Dante Alighieri ont été retrouvés : dans le premier, entre mars 1283 et mars 1284, Dante - né en 1265, donc âgé d'environ 18 ans -, descendant de feu Alighiero, cède un crédit de 21 lires réclamé par son défunt père (cette information confirme la date de la mort d'Alighiero, survenue alors que le futur poète était encore un adolescent) ; dans le deuxième, daté de septembre 1291, Dante est cité comme témoin dans un procès (Nuova edizione commentata delle opere di Dante, a cura di E. Malato, vol. VII, t. III, Codice diplomatico dantesco, a cura di T. De Robertis, G. Milani, l. Regnicoli E S. Zampoli, Roma, Salerno, Antenore, 2016, doc. n. 65, pp. 96-97 e doc. n. 74, p. 107 e p. 753).
Ces informations sont complétées par ce qu'écrivait Leonardo Bruni dans la Vita di Dante (1436), à savoir que le "jeune et estimé" avait été à Campaldino, "combattant vigoureusement à cheval en première ligne, où il courut grand péril, du fait que la première bataille fut un engagement des troupes équestres" (Nuova edizione commentata delle opere di Dante, vol. VII, t. IV, Le vite di Dante dal XIV al XVI secolo. Iconografia dantesca, a cura di M. Berté e M. Fiorilla, S. Chioso e I. Valenti, Roma, Salerno, Antenore 2017, pp. 225-226). À Campaldino, le 11 juin 1289, s'affrontèrent les troupes de la ligue guelfe avec les Florentins au premier rang, et celles de la ligue gibeline, principalement d'Arezzo, qui fut vaincue. Bruni ajoutait (Historiae, IV, 10-11) que, dans cette bataille, Dante était en première ligne en tant que "feditore" (combattant à cheval, légèrement armé) du sestiere de Porta San Pietro, et citait une lettre (perdue de nos jours) de la propre main du poète, dans laquelle ce dernier racontait tout ceci et que, en tant que chancelier de la République florentine, Bruni avait eu l'occasion de lire. De fait, ce témoignage tardif est jugé valide à cause de la charge de chancelier que recouvrait le biographe Bruni.
La présence de Dante à Campaldino est confirmée, en plus de la lettre perdue, par bon nombre de détails qui accompagnent le récit de cette bataille et qu'on retrouve dans plusieurs passages de la Divine Comédie : par exemple, dans la rencontre de Dante et Virgile avec le valeureux combattant gibelin Buonconte di Montefeltro, est évoqué le violent orage déchaîné par le Diable pour évoquer le supplice et la perte, dans le fleuve Archiano, du cadavre du même Buonconte, mort au cours de cette bataille et qui, dans ses derniers instants, invoqua la Vierge Marie, circonstance qui lui évita l'enfer et le conduisit parmi les âmes du purgatoire (Purgatorio, V, vv. 85129). On peut en déduire que Dante vécut et subit ce terrible orage ! La participation de Dante en personne, l'un parmi les quatre cents cavaliers de la milice florentine, à la bataille entre la ligue guelfe et les gibelins de Pise qui eut lieu à Caprona, dans le Valdarno pisan, le 6 août 1289, quelques jours après Campaldino, est certaine : en effet, le passage de l’Enfer où Dante décrit la sortie du château des gibelins effrayés, battus et contraints de passer entre les troupes du vainqueur, est écrit de façon manifeste :
"Così vid’io già temer li fanti
ch’uscivano patteggiati di Caprona
veggendo sé tra nemici cotanti"1
Quant au siège d'Arezzo en 1288, auquel suivit la bataille de Pieve al Toppo, Dante nous en parle dans la Divine Comédie ; ce siège fut mené principalement par les troupes guelfes siennoises, avec une participation réduite des Florentins.
Les hypothèses sur la présence de Dante au siège de Poggio Santa Cecilia :
À l'inverse, ce n'est qu'une supposition, antérieurement, Dante, âgé de vingt ans, aurait "pris part à son premier engagement militaire", c'est-à-dire au siège de Poggio Santa Cecilia, auquel participèrent cent "stipendiaires" florentins.
D'après les documents publiés il ressort que, à la suite à d'une décision prise par les Savi de Florence le 15 novembre 1285, la cavalerie à la fleur de lys partait les 27 et 28 du même mois en direction de Poggio Santa Cecilia. La demande avait été présentée par les alliés siennois, à l'autorité desquels les habitants du Poggio s'étaient rebellés, incités et soutenus par l'évêque d'Arezzo, Guglielmino degli Ubertini, chef des gibelins toscans. C'est ainsi que, pendant qu'une fraction du corps expéditionnaire florentin surveillait les cols du Valdarno florentin, le reste, l'essentiel des forces armées, s'unissait aux guelfes siennois. Toute la troupe, placée sous le commandement de Guy de Montfort, vicaire général de Charles d'Anjou en Toscane, assiégea le château aux mains des rebelles, qui sera pris dans un bain de sang six mois plus tard, entre les 7 et 8 avril 1286 ; quelques jours après, "le 15 avril, troisième jour de Pâques", cinq chefs de la révolte, nobles gibelins du territoire siennois, seront décapités (Poggio Santa Cecilia e la chiesa della Madonna in Ferrata, par C. Alessi, D. Mazzini. P. Turrini, Siena, Pascal editrice, 2009).
Dans la biographie consacrée au grand Poète, le spécialiste de Dante Giorgio Petrocchi (Vita di Dante, Bari, Laterza, 1983, cap. IV), retient comme vraisemblable la présence de Dante parmi les assiégeants guelfes, siennois et florentins, en s'appuyant sur un passage de la Vita Nuova [La Vie Nouvelle] (IX, 1-2), dans lequel le Poète raconte avoir quitté Florence "en nombreuse compagnie", après la mort d'une amie de Béatrice, au cours des derniers mois de 1285 :
"Appresso la morte di questa donna [l’amica di Beatrice] alquanti die avvenne cosa per la quale me convenne partire de la sopradetta cittade [Firenze] e ire verso quelle parti dov’era la gentile donna che era stata la mia difesa, avvegna che non fosse tanto lontano lo termine de lo mio andare quanto ella era. E quanto io fossi a la compagnia di molti quanto la vista l’andare mi dispiacea sì che […] li suoi occhi [di Amore] mi parea che si volgessero a uno fiume bello e corrente e chiarissimo, lo quale sen gia lungo questo cammino là ov’io era."2
D'autres commentateurs récents de l'œuvre de Dante ont également soutenu l'hypothèse de la présence de Dante au siège de Poggio Santa Cecilia en se basant sur des indices ultérieurs : en particulier Simone De Fraja (L’assedio della fortificazione di Poggio Santa Cecilia, in "Notizie di storia", publication périodique de la Società Storica Aretina, n. 34, décembre 2015) et Daniele Iacomoni (Dante ventenne all’assedio di Poggio Santa Cecilia, texte dactylographié). C'est ainsi qu'est citée la description célèbre de l’affreux marais du Styx, traversé par Dante et Virgile lorsqu'ils quittent le quatrième cercle des enfers :
"Noi recidemmo il cerchio e l’altra riva
sovr’una fonte che bolle e riversa
per un fossato che da lei deriva.
L’acqua era buia assai più che persa;
e noi, in compagnia dell’onde bige
intrammo giù per una via diversa.
In la palude va c’ha nome Stige
questo tristo ruscel, quand’è disceso
al piè de le maligne piagge grige.
E io, che di mirare stava inteso,
vidi genti fangose in quel pantano,
ignude tutte, con sembiante offeso"3
Le Styx n'est certes pas une invention de Dante, mais l'un des cinq fleuves infernaux de la mythologie grecque et romaine (Virgile, Enéide, Livre VI) ; selon Daniele Iacomoni, la description qu'en fait le Poète est originale, caractérisant le marais avec cette eau "qui bouillonne". Il est probable que Dante se soit inspiré des phénomènes géothermiques typiques de la région située entre Poggio Santa Cecilia et sa voisine Rapolano : des émissions d'eau, des crevasses et des boues thermales, eau et terrain "bouillonnants" à cause des émissions d'anhydride sulfureux qui, lorsqu'il pleut, créent une sorte de boue brûlante. En Italie, ce phénomène n'est visible qu'à Rapolano et à Pozzuoli, or Dante n'a jamais dépassé Rome, où il s'est rendu, comme pèlerin en 1300 et en tant qu'ambassadeur en 1301 ; il est donc probable qu'il ait vu ce phénomène, qui l'impressionna fort, quand il faisait partie des assiégeants de Poggio Santa Cecilia.
D'autre part, Dante place l’ombre de Guy de Simon de Montfort "seule à l’écart",...




