E-Book, Französisch, 156 Seiten
Rose Triade de nouvelles fantastiques
1. Auflage 2015
ISBN: 978-2-322-00825-4
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
E-Book, Französisch, 156 Seiten
ISBN: 978-2-322-00825-4
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Chris Rose, auteure ardennaise, nous plonge une nouvelle fois dans son imagination débordante pour le plus grand plaisir de ses lecteurs.
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Il était vingt heures trente lorsque Laurène sonna à la porte de son amie. Celle-ci était déjà prête et comme les maisons se trouvaient en bord de plage, elles n’avaient pas besoin de prendre de voiture. Leurs jambes suffiraient. La soirée se faisait derrière les dunes, éloignées des habitations et proche de la seule forêt qui entourait l’île. Le cœur de Louna battait la chamade à chaque enjambée qu’elle faisait jusqu’aux dunes. Elle portait une jolie robe courte à fleurs rouge et beige, un legging beige à dentelle et sa veste courte en cuir marron. Elle était pieds nus et portait ses chaussures à la main. C’était plus facile de marcher sur le sable ainsi ! Même si celui-ci était un peu froid. Elle entendit Laurène lui souffler :
— Nous y sommes !
La musique résonnait dans les oreilles de Louna. Elle aperçut un feu de camp sur le sable. De jeunes gens dansaient déjà et certains avaient déjà commencé à boire. Laurène l’avait prévenu qu’il y aurait de l’alcool, mais si elle n’en voulait pas, elle n’était pas obligée de boire. Il y avait aussi des jus de fruit !
Louna compta environ vingt personnes autour du feu, en train de s’amuser. Laurène la fit s’assoir sur le sable face au feu. Puis celle-ci alla chercher deux jus de fruits. Elle tendit celui pour Louna à la jeune fille tout en susurrant :
— Il y a quelqu’un que je dois voir. Je te laisse ! Amuse-toi bien !
Louna prit le jus de fruit.
— Mais je… je ne connais personne et…, bégaya Louna.
Laurène la coupa :
— Ben, vas-y ! Fais-toi des amis ! Ils sont gentils, tu verras ! Et Laurène partit rejoindre un jeune homme non loin de là.
Elle posa ses lèvres sur celles du jeune homme et ils s’enlacèrent. Se dit Louna. La jeune fille resta assise un moment à contempler le feu et à boire son jus de fruit. Elle regarda les étudiants. Trois jeunes filles parlaient entre elles. Elle ne voulait pas les déranger. Des garçons hurlaient et riaient autour du feu en mimant des gestes que seuls eux comprenaient, et d’autres, les amoureux, étaient enlacés l’un contre l’autre en se caressant et s’embrassant. Louna se leva. Ils habitaient ici depuis toujours, ils se connaissaient par cœur. Elle, elle venait d’arriver ! Une étrangère à leurs yeux. Louna préféra s’éloigner et se mettre à l’écart. Elle s’assit sur un rocher qui était juste face à la mer et regardait l’horizon. La lune était ronde, elle illuminait le ciel. Elle posa sa bouteille de jus de fruit sur le sable et replia ses genoux vers sa poitrine. Elle enlaça ses jambes de ses bras et posa sa tête sur ses genoux. Elle soupira et ferma les yeux. Elle sentait l’air frais sur son visage. Elle se concentra sur la musique et chantonna doucement. Une voix l’interrompit.
— Tu comptes rester là jusqu’à ce que ton amie vienne te chercher ?
Louna sursauta et déplia ses jambes rapidement. Elle faillit basculer du rocher. Deux mains la retinrent par le bras doucement et une voix mélodieuse susurra à son oreille :
— Excuse-moi, je ne voulais pas te faire peur !
Elle tourna son visage vers celui qui se tenait à côté d’elle. Ses yeux ! Elle avait déjà vu ce regard !
— Non… je… je… je ne veux pas déranger, bafouilla-t-elle.
Sacha se leva du rocher et tendit sa main vers la jeune fille.
— Viens ! Viens avec moi !
Louna détourna son regard en soupirant.
— Je ne sais pas, je…
Sacha attrapa la main de la jeune fille sans que celle-ci le lui ait tendu et il l’obligea à se lever.
— Viens danser !
Louna le suivit avec un peu de réticence, mais elle ne pouvait défaire sa main de celle du jeune homme, il la tenait fermement. Il la planta au milieu des danseurs expérimentés et resta face à elle ne lâchant pas la main de la jeune fille.
— Danse à présent !, souffla-t-il. Amuse-toi !
Il tint la main de la jeune fille fermement et la leva au-dessus d’elle, puis il la fit tourner. Il l’attira ensuite vers lui et passa son bras libre autour de la taille de Louna. Celle-ci se retrouva face à face avec le jeune homme. Son regard émeraude plongeant dans celui de la jeune fille. Louna avait le cœur qui battait très vite, le souffle court, les mains moites. Tombait-elle amoureuse de ce jeune homme dont elle connaissait à peine et oubliait-elle Mathéo ?
Sacha dégageait une aura incroyable. Elle le sentait ! Depuis qu’elle était sur cette île, beaucoup de choses en elle se métamorphosaient. Elle ne pouvait pas se l’expliquer. Elle ne comprenait pas elle-même. D’abord, ce fut l’ouïe, elle entendait mieux. Puis l’odorat. Les odeurs de la boulangerie qui se trouvait à trois kilomètres parvenaient jusqu’à ses narines lorsqu’elle ouvrait ses volets le matin. Elle courait plus vite aussi. Ce qui n’était jamais arrivé à Paris !
Sacha cessa de la faire danser et se positionna devant elle très rapidement. Les autres jeunes gens arrivèrent près de lui avec une rapidité étonnante. Louna en était ébahi. La musique fut éteinte. Un silence régnait. On entendait que le bruit des vagues venant s’échouer sur les rochers. Louna regarda les jeunes gens autour d’elle. Leur visage était crispé et ils étaient sur la défensive. Elle avait cru entendre un grognement provenir de l’un d’eux. Mais ce n’était sûrement qu’un raclement de gorge ! Laurène se tenait à côté d’elle. Louna posa sa main sur son bras.
— Que se passe-t-il ? chuchota-t-elle.
Son amie lui prit la main sans la regarder et souffla, avec une voix cassée :
— Des ennuis !
Puis Louna aperçut une autre bande de jeunes gens qui arrivaient face à eux. Elle reconnut Romaric. Ils étaient une dizaine, deux fois moins que le clan des Canidés. Celui-ci stoppa face à Sacha. Il le regardait en souriant. Il ne disait rien et contemplait une à une les jeunes filles qui étaient derrière et à côté de Sacha. Son regard se posa tout particulièrement sur Louna, qui baissa les yeux dès que le jeune homme la fixa.
— Tu n’es pas invité Romaric !, gronda Sacha.
Celui-ci soupira, toujours le sourire aux lèvres. — Pourtant, je suis de ton clan, Sacha.
— Tu ne l’es plus ! Je t’ai banni ! Tu n’as plus rien à voir avec nous.
Romaric contourna Sacha et fit le tour des jeunes filles qui se trouvaient dans le clan de Sacha en les observant attentivement. Il s’arrêta entre Laurène et Louna. Il parla d’une voix calme en direction de Sacha.
— Je voudrais juste avoir l’une de tes louves,
Sacha ! Tu en as tellement, je ne pense pas que l’une d’elle te manquerait ?
Sacha, qui était de dos, se tourna vers lui. Il prit un regard menaçant.
— Tu ne peux pas prendre une louve qui fait déjà partie d’une meute. Elles font toutes parties du clan des Canidés !
Romaric regarda Laurène et passa sa main sur sa joue.
— Toutes ! En es-tu sûr, Sacha ? lança-t-il vers
Sacha.
Puis, en un mouvement rapide, il se positionna derrière Louna et posa son bras gauche sous son cou. Son bras droit coinça les bras de la jeune fille dans son dos. Louna ne pouvait plus bouger. Laurène poussa un cri de stupeur. Non, pour Louna, ce fut plutôt un jappement. C’était tellement bizarre tout ce qui se passait !
— Non ! Laisse-la tranquille !, hurla Sacha.
Romaric approcha sa bouche de la joue de la jeune fille qu’il tenait et la lécha. Louna pensa qu’il l’aurait embrassée, mais il la léchait, comme un chien. Il souffla en même temps vers Sacha :
— Toutes, sauf elle, Sacha ! Elle n’a pas encore de clan !
Louna voulut s’extirper des bras du jeune homme, mais la force de celui-ci était incroyable. Sacha ferma les yeux et soupira. Il les rouvrit et fixa Romaric.
— Tu la veux ?
— Oui.
— Alors, tu devras te battre avec moi, Romaric !
— Je n’attends que ça Sacha ! Mais où je le voudrais et quand je le voudrais !
Romaric lâcha la jeune fille qui suffoquait à cause du bras sous son cou. Louna s’agenouilla au sol et posa ses mains à terre. Elle...




