E-Book, Französisch, 396 Seiten
Reihe: tredition GmbH
Ruegemer Werner Rügemer Amitié fatale
1. Auflage 2024
ISBN: 978-3-384-30580-0
Verlag: tredition
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
La conquête de l'Europe par les Etats-Unis Première phase: de la Première à la Deuxième Guerre mondiale
E-Book, Französisch, 396 Seiten
Reihe: tredition GmbH
ISBN: 978-3-384-30580-0
Verlag: tredition
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Dr. Werner Rügemer, doctorate in philosophical anthropology, pubicist and activist for human rights labor relations and for international law international relations. political-historical city guide in his city Cologne/Germany. last book: The Capitalists of the 21st Century. An Easy-to-Understand Outline on the Rise of the new Financial Players, tredition 2019
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I. Amitié, infortune, mort possible
« ?It may be dangerous to be America’s enemy, but to be America’s friend is fatal. » (a)
« ?Il peut être dangereux d’être l’ennemi de l’Amérique ; mais être l’ami de l’Amérique, c'est fatal. »
C’est le bilan dressé par Henry Kissinger, ancien chef du département d’État et conseiller de plusieurs présidents des États-Unis pendant de nombreuses années. Dans les années 1970, lui-même et le président Richard Nixon courtisèrent ainsi la République populaire de Chine et elle fut reconnue diplomatiquement et soutenue économiquement. Tant que la Chine était faible économiquement et que les superprofits d’Apple, Microsoft, Ford & Co. étaient élevés, la Chine restait l’amie. Lorsque la Chine se développa sur le plan industriel et technologique, qu’elle augmenta les salaires, assura une grande prospérité aux personnes jusque-là pauvres et eut du succès avec une mondialisation alternative dépourvue de toute intervention militaire, elle devint, sous le président Barack Obama à l’affable sourire, l’ennemie mortelle du système, dénigrée par la politique et les médias, sanctionnée économiquement et encerclée militairement.
C’est ainsi que des amis deviennent des ennemis mortels – mentionnons quelques autres exemples :
- Union soviétique? : Au début des bouleversements révolutionnaires de 1917 en Russie, les banquiers de Wall Street firent tout pour réaliser encore plus d’investissements lucratifs, et ils embobinèrent les nouveaux gouvernements.
Après l’échec de l’intervention militaire d’une alliance à laquelle participaient également les États-Unis, les investissements de Ford, General Electric, Radio Corporation of America, Harriman & Co. débutèrent. L’Union Soviétique se renforça sur le plan industriel, mais aussi sur d’autres plans, et le bien-être des personnes jusque-là pauvres s’accrut.
En 1933, le président des États-Unis Franklin D. Roosevelt a reconnu l’Union soviétique. Mais pour Ford & Co., l’Union Soviétique devint un ennemi mortel. Dans un revirement stratégique, ils armèrent la Wehrmacht hitlérienne. L’Union Soviétique devait désormais être détruite.
- Cuba? : à la fin du XIXe siècle, les États-Unis soutinrent d’abord le mouvement de révolte démocratique de José Martí contre la puissance coloniale espagnole. Après la victoire, le mouvement national d’insurrection fut mis à l’écart et les États-Unis mirent en place des dictateurs, une pratique maintes fois répétée dans les « ?arrière-cours » des États-Unis en Amérique latine et en Asie.
- Vietnam? : lors des négociations de paix à Versailles, Woodrow Wilson, le prédicateur des États-Unis pour la paix, éconduisit le mouvement de libération du Vietnam dirigé par Hô Chi Minh.
Puis, lors de la Seconde Guerre mondiale, dans la lutte contre l’occupant japonais, les États-Unis ont brièvement soutenu Hô Chi Minh, mais pour le déclarer ennemi mortel immédiatement après la guerre, armer la puissance coloniale française contre Hô Chi Minh, puis se lancer eux-mêmes dans une guerre d’extermination encore bien plus cruelle.(b)/1
Le Département d’État : des prétentions sur chaque coin de la planète
Depuis la fondation des États-Unis en 1787, les amitiés et hostilités des États-Unis se sont alternées. Elles reposent sur une perception de soi-même toujours en vigueur aujourd’hui : les États-Unis sont le seul état important à ne pas avoir de ministère des Affaires étrangères, mais un State Department, un Département d’État. Ainsi, les territoires les plus proches comme les plus lointains de la planète sont, dans « ?l’intérêt national », potentiellement des zones sous la souveraineté, l’influence ou la domination des États-Unis.
La revendication d’exclusivité et de toute-puissance est complétée bibliquement par « ?God’s own Country » et « ?God bless America », par le concept de « ?nation élue », mais aussi par « ?America First », « ?American Century » et « ?New American Century » et par « ?l’exceptionnalisme américain » ou encore « ?Nous sommes la seule puissance mondiale ». Tout cela fait partie des gènes des États-Unis.
D’abord dans les "arrière-cours", puis en Europe et dans le monde entier – C’est ainsi que la petite bande de terre de l’État esclavagiste, déclaré démocratique, sur la côte est de l’Amérique du Nord s’est progressivement étendue, d’abord par des conquêtes et des annexions en Amérique du Nord (à l’exception du Canada britannique, qui ne put être conquis), génocide des indigènes compris. Plus tard, ce fut le tour des "arrière-cours" latino-américaines, caribéennes et asiatiques, et ensuite, de la Première Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui, le tour de l’Europe et de la planète entière, sous l’emprise conjointe d’investissements, de crédits, de l’armée, des services secrets et de fallacieuses relations publiques.
A l’aide de coups d’état et de guerres civiles, des dictateurs furent mis en place ou soutenus. C’est ce qui s’est passé en Europe dans la première moitié du XXe siècle :
• Le premier dictateur fasciste, Mussolini, qui avait écrasé le mouvement démocratique et ouvrier en plein essor, fut submergé de crédits et devint une star politique aux États-Unis.
• Le généralissime Franco qui a fait un coup d’état contre la République espagnole fut approvisionné par des compagnies états-uniennes d’armement et de pétrole et soutenu militairement par Mussolini et Hitler, jusqu’à la victoire commune.
• Hitler devint une star des médias, notamment avec l'aide d’Hollywood. Le comité olympique des États-Unis ainsi que ceux d’Angleterre, de France, du Japon, de Finlande et d’Afrique du Sud, sauvèrent les Jeux Olympiques de 1936 pour Hitler à Berlin contre le mouvement de boycott international, y compris juif. Les USA armèrent la Wehrmacht contre l’Union soviétique.
En dehors de tout ordre international – La prétention d’être la "seule puissance mondiale" inclut le fait que les États-Unis ne cessent de proposer des règles au niveau international, mais qu’ils contournent les institutions mises en place et mettent en place leur propre contre-ordre international, contre le droit international et les droits de l’homme.
C’est ainsi que les États-Unis proposèrent la création de la Société des Nations après la Première Guerre mondiale, mais n’y ont pas adhéré, préférant conclure après le Traité de Versailles des traités particuliers avec tous les belligérants et soutenir des dictatures fascistes en Chine, en Italie, en Grèce, en Allemagne, au Japon et en Espagne. Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis agiront de la même manière avec l’ONU.
Maintenant, les États-Unis décident sans relâche de mener des guerres en fonction de leurs besoins. Si le Conseil de sécurité de l’ONU décide d’une guerre, très bien ; si ce n’est pas le cas, les États-Unis mènent la guerre seuls ou dans une alliance bricolée avec leurs vassaux "consentants".
Avec Wall Street, de Mussolini à Adenauer
Après l’écrasement du mouvement ouvrier s‘amplifiant pendant la guerre, Benito Mussolini devint une star politique aux États-Unis. Le dictateur, béni par le pape, fut conseillé sur...




