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E-Book, Französisch, 264 Seiten

Sédir Histoire et doctrines des Rose-Croix

Introduction à l'histoire du mouvement philosophique et initiatique de L'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (A.M.O.R.C.) et de la tradition rosicrucienne.
1. Auflage 2020
ISBN: 978-2-322-19774-3
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

Introduction à l'histoire du mouvement philosophique et initiatique de L'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (A.M.O.R.C.) et de la tradition rosicrucienne.

E-Book, Französisch, 264 Seiten

ISBN: 978-2-322-19774-3
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



RÉSUMÉ : "Histoire et doctrines des Rose-Croix" de Paul Sédir explore l'univers mystérieux et fascinant de l'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (A.M.O.R.C.) ainsi que la tradition rosicrucienne. Cet ouvrage se propose d'offrir une introduction détaillée à ce mouvement philosophique et initiatique, en retraçant ses origines, ses principes fondamentaux et son développement à travers les siècles. L'auteur, connu pour sa rigueur et sa profondeur d'analyse, guide le lecteur à travers les méandres de l'ésotérisme, en mettant en lumière les enseignements spirituels et mystiques qui ont façonné la pensée rosicrucienne. À travers une approche historique et doctrinale, Sédir examine les influences culturelles et religieuses qui ont contribué à l'émergence de ce courant, tout en soulignant l'impact durable qu'il a eu sur la spiritualité occidentale. Ce livre s'adresse autant aux néophytes curieux qu'aux initiés désireux d'approfondir leurs connaissances, en offrant une perspective éclairée et nuancée sur un sujet souvent entouré de mystère. En intégrant des éléments historiques et des analyses philosophiques, Sédir parvient à démystifier les croyances et pratiques rosicruciennes, tout en respectant leur complexité et leur richesse. Ainsi, "Histoire et doctrines des Rose-Croix" se révèle être une ressource précieuse pour quiconque souhaite explorer les profondeurs de cette tradition ésotérique et comprendre son influence sur la pensée contemporaine. L'AUTEUR : Paul Sédir, de son vrai nom Yvon Le Loup, est né en 1871 à Dinan, en France. Il est reconnu comme l'une des figures majeures de l'ésotérisme français du début du XXe siècle. Après des études en pharmacie, il se tourne rapidement vers les sciences occultes et la mystique chrétienne. Sédir a été un disciple de Papus (Gérard Encausse), un autre grand nom de l'occultisme, et a été fortement influencé par ses enseignements. Il a rejoint plusieurs sociétés ésotériques et a contribué à la diffusion de leurs doctrines à travers ses écrits. Auteur prolifique, Sédir a publié de nombreux ouvrages sur des sujets allant de la mystique chrétienne à l'alchimie, en passant par l'hermétisme et la théosophie. Sa capacité à synthétiser des concepts complexes et à les rendre accessibles à un public plus large lui a valu une reconnaissance durable dans le domaine de l'ésotérisme.

Paul Sédir de son vrai nom Yvon Le Loup, né le 2 janvier 1871 à Dinan et mort le 3 février 1926 à Paris, est un ésotériste et mystique français, auteur de nombreux ouvrages sur l'ésotérisme et la mystique chrétienne.
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PRÉFACE


On ne trouve nulle part d’étude complète sur la fraternité mystérieuse de la Rose-Croix. Ceux qui en parlent au XVIIe siècle le font dans un style trop allégorique pour être compréhensible ; au XVIIIe siècle, on méconnaît ces adeptes en abusant du prestige de leur légende ; au XIXe siècle, des érudits, comme Buhle1, ou des occultistes, comme les écrivains anglais récents, n’ont su ou voulu présenter qu’un côté de la question.

Semler2 les a étudiés avec l’intérêt d’un sociologue et d’un curieux de la Nature ; il était bon chrétien et tenait l’alchimie pour une science respectable et pleine de découvertes utiles. Buhle ne s’est intéressé aux Rose-Croix qu’en simple érudit. Il pense que Francs-Maçons et Rose-Croix ne faisaient qu’un à l’origine, et qu’ils se sont disjoints pour propager, quant aux premiers, les idées philosophiques, la philanthropie, la liberté religieuse, le cosmopolitisme ; quant aux seconds, pour continuer les rêveries kabbalistiques, alchimiques et magiques de leurs prédécesseurs.

Bien que professant une doctrine interprétative du christianisme beaucoup plus pure et plus haute que celle des prêtres, les Rose-Croix, à l’existance desquels le moyen âge et la Renaissance crurent généralement, étaient tenus par tout le monde comme magiciens et sorciers d’une grande puissance.

Il faut bien constater que la science officielle toute entière professe, sur les doctrines des sociétés secrètes, des opinions aussi remarquables par l’ignorance que par l’animosité qu’elles décèlent.

L’3 accorde aux Rose-Croix, pour tout mérite, celui d’exprimer les idées les plus incompréhensibles dans le style le plus obscur et le plus étrange.

Pour rester dans le vraisemblable, il faut reconnaître à ces illuminés plusieurs caractères : celui de gardiens de la tradition ésotérique ; celui d’interprètes de la lumière des Évangiles ; celui de médecins des corps, des âmes et des sociétés ; celui enfin d’éclaireurs, d’annonciateurs de la venue du Saint-Esprit.

« Vous imaginez-vous, dit Mejnour, dans , qu’il n’y avait aucune association mystique et solennelle d’hommes cherchant un même but par les mêmes moyens, avant que les Arabes de Damas, en 1378, eussent enseigné à un voyageur germain les secrets qui servirent de fondement à l’Institut des Rose-Croix ? J’admets cependant que les Roses-Croix formaient une secte dérivée de la première, de la grande école… Ils étaient plus sages que les alchimistes ; mais leurs maîtres sont plus sages qu’eux. »4

« Un halo d’une poétique splendeur, dit Heckethorn5, auréole l’ordre des Rose-Croix ; la lumière fascinante du fantastique joue autour de leurs rêves gracieux, tandis que le mystère dans lequel ils s’enveloppent prête un nouvel attrait à leur histoire. Mais leur splendeur fut celle d’un météore. Elle fulgura soudainement dans les royaumes de l’imaginaire et de la pensée, puis disparut pour toujours, non cependant sans laisser derrière elle des traces durables de son rapide éclat… La poésie et le roman doivent aux Rose-Croix plus d’un type original ; la littérature de tous les pays d’Europe contient des centaines de fictions basées sur leur système de philosophie, depuis qu’il n’occupe plus l’attention des savants. »

Quant au rôle particulier joué par le Saint-Esprit dans la fraternité rosicrucienne, de Guaita, seul parmi les écrivains spéciaux, l’a fait ressortir à propos des théories peu orthodoxes qu’elle professa sur l’Église de Rome.

« Le vocable de Rose-Croix ne porte pas bonheur aux ultramontains ; par prudence, tout au moins, ils devraient s’abstenir d’y toucher… Des Jésuites ne sont-ils pas les auteurs du grade maçonnique de R?C? (18e de l’actuel Ecossisme) ? C’est un fait connu. Par cette innovation et quelques autre les Jésuites expéraient, en donnant le change sur leurs intentions, accaparer, en mode indirect, les forces vives d’un ordre florissant. Ce sont d’habiles meneurs que les Jésuites. Mais l’ ainsi exploité fut plus fort que ces politiques sournois ; cet occulte agent s’empara de leur œuvre et lui fit faire volte-face, en sorte que le grade maç? de Rose-Croix, fondé par les Jésuites au dernier siècle, étoile actuellement de sa quincaillerie symbolique la poitrine de leurs pires ennemis !

« Et, comme c’est une loi de nature que , l’agnosticisme ultramontains des fondateurs a fait place à l’agnosticisme matérialiste de leurs héritiers du jour.

« Sans le savoir, les Jésuites avaient évoqué le fantôme lointain d’. Elie Artiste parut un instant, retourna leur institution comme on retourne un gant, puis disparut aussitôt, laissant l’œuvre de ces fanatiques en proie à l’envhissement du fanatisme contraire. »

Hargrave Jennings a écrit une page magnifique sur le caractère des Rose-Croix considérés en tant qu’adeptes de l’antique et vénérable magie.

« Leur existence, dit-il, quoique historiquement incertaine, est entourée d’un tel prestige qu’elle emporte de force l’assentiment et conquiert l’admiration. Ils parlent de l’humanité comme infiniment au-dessous d’eux ; leur fierté est grande, quoique leur extérieur soit modeste. Ils aiment la pauvreté et déclarent qu’elle est pour eux une obligation, quoiqu’ils puissent disposer d’immenses richesses. Ils se refusent aux affections humaines ou ne s’y soumettent que comme à des obligations de convenance que nécessite leur séjour dans le monde. Ils se comportent très courtoisement dans la société des femmes, quoiqu’ils soient incapables de tendresse et qu’ils les considèrent comme des êtres inférieurs. Ils sont simples et déférents à l’extérieur, mais leur confiance en eux-mêmes, qui gonfle leurs cœurs, ne cesse de rayonner qu’en face de l’infini des cieux. Ce sont les gens les plus sincères du monde, mais le granit est tendre en comparaison de leur impénétrabilité. Auprès de ces adeptes, les monarques sont pauvres ; à côté de ces théosophes, les plus savants sont stupides ; ils ne font jamais un pas vers la réputation, parce qu’ils la dédaignent ; et, s’ils deviennent célèbres, c’est comme malgré eux ; ils ne recherchent pas les honneurs, parce qu’aucune gloire humaine n’est convenable pour eux. Leur grand désir est de se promener incognito à travers le monde ; ainsi ils sont négatifs devant l’humanité, et positifs envers toutes les autres choses ; auto-entraînés, auto-illuminés, eux-mêmes en tout, mais prêts à bien faire autant qu’il est possible.

« Quelle mesure peut être appliquée à cette immense exaltation ? Les concepts critiques s’évanouissent en face d’elle. L’état de ces philosophes est le sublime ou l’absurde. Ne pouvant comprendre ni leur âme ni leur but, le monde déclare que l’un et l’autre sont futiles. Cependant les traités de ces écrivains profonds abondent en discours subtils sur les sujets les plus arides et contiennent des pages magnifiques sur tous les sujets : sur les métaux, sur la médecine, sur les propriétés des simples, sur la théologie et l’ontologie ; dans toutes ces matières ils élargissent à l’infini l’horizon intellectuel. »

Cette esquisse, dessinée de main de maître, ne montre cependant qu’un des aspects du type initiatique de la Rose-Croix. L’homme est ainsi fait, le plus sage même et le plus savant, qu’il emploie toujours, pour réaliser son idéal, les moyens diamétralement opposés à cet idéal. L’idéal du chrétien est la douceur et l’amour ; aussi nulle religion n’a versé le sang avec plus d’abondance, nulle n’est plus dure envers l’amour. L’idéal du bouddhiste est l’immutabilité froide et adamantine du Nirvâna ;...



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