Seidlitz / Amsden | Ukiyo-E | E-Book | www.sack.de
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E-Book, Französisch, 129 Seiten

Seidlitz / Amsden Ukiyo-E


1. Auflage 2016
ISBN: 978-1-78525-937-1
Verlag: Parkstone International
Format: EPUB
Kopierschutz: Adobe DRM (»Systemvoraussetzungen)

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ISBN: 978-1-78525-937-1
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L'Ukiyo-e (« images du monde flottant ») est un courant artistique japonais qui naquit pendant la période prospère de l'Edo (1615-1868). Caractéristiques de cette période, les estampes sont l'?uvre collective d'un artiste, d'un graveur et d'un imprimeur. Développées en raison de leur faible coût grâce à l'évolution de la technique, elles représentent la vie quotidienne, les femmes, les acteurs du théâtre kabuki ou encore les lutteurs de sumo. Le paysage s'imposera ensuite comme l'un des sujets favoris. Moronobu, le fondateur, Shunsho, Utamaro, Hokusai ou encore Hiroshige sont les artistes les plus réputés de ce mouvement. En 1868, le Japon s'ouvre à l'Occident. La maîtrise de la technique, la finesse des ?uvres et la précision graphique séduisent immédiatement l'Occident et influencent les plus grands tels les impressionnistes, Van Gogh ou Klimt. C'est la période dite du « Japonisme ». A travers une analyse thématique, Woldemar von Seidlitz et Dora Amsden soulignent en filigrane l'influence immense qu'eut ce mouvement sur toute la scène artistique occidentale. Ces magnifiques estampes représentant l'évolution de l'idéal féminin, la place des dieux, ou l'importance accordée au paysage, sont aussi le précieux témoignage d'une société aujourd'hui révolue.

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Weitere Infos & Material


Utagawa Kunisada, , 1858.

Gravure sur bois en couleurs, 35,5 x 23,4 cm. Leeds Art Gallery, Leeds.

LA NAISSANCE DE L’UKIYO-E


Lart de lUkiyo-e est «une approche spirituelle de la réalité et du naturel de la vie quotidienne, de la communication avec la nature et de lesprit dun peuple vif et ouvert, animé dun appétit passionné pour lart». Cette définition de James Jarves résume avec vigueur les motivations des maîtres de lUkiyo-e, cette école artistique populaire japonaise si poétiquement surnommée «Le Monde flottant».

Pour le pèlerin passionné, admirateur de la nature et de lart, qui a visité lOrient, il nest pas nécessaire de préparer la voie vers une compréhension correcte de lUkiyo-e. Cet allègre idéaliste se fie bien moins aux dogmes quà ses impressions. «Je ne connais rien à lart, mais je sais ce que jaime», est le langage de la sincérité, une sincérité qui ne sappuie pas sur la foi ou la tradition, pas plus que sur des idées toutes faites ou des conventions. Il est vrai que «seuls ceux qui sont résolument déterminés à étudier un art étranger du point de vue dun autochtone, peuvent aspirer à sonder la profondeur des sentiments et la beauté de cet art».

Pour celui qui assimile les idées nouvelles de façon instinctive, ou grâce à la capacité dévaluation de son subconscient, la chose est aisée mais, pour celui dont lintuition est moins développée, une période dapprentissage sera nécessaire afin dapprécier «un élément aussi récalcitrant que lart japonais, exigeant tout à la fois une certaine attention et le questionnement de toutes les théories préétablies». Ces esquisses de propos ne sont pas le fruit dune expression individuelle, mais le résultat dun effort pour présenter, sous une forme condensée, les opinions de ceux que des études et des recherches ont rendus aptes à parler avec autorité de cette forme dart japonais, qui dans sa réalisation la plus concrète, lestampe Ukiyo-e, sollicite lattention du monde de lart.

Cependant, lévolution de lestampe en couleurs nest quun attribut objectif de lUkiyo-e, car, comme lindiqua le professeur Ernest Fenollosa, «La véritable histoire de lUkiyo-e, bien que lestampe en fût lune de ses manifestations les plus fascinantes, nest pas lhistoire de la technique de lart de lestampe, mais bien lhistoire esthétique dune forme dexpression particulière.»

Afin de conclure ces remarques préliminaires, nous ne résistons pas à la tentation de recourir à une ultime citation, car ici Walter Pater affiche sa vision de lart comme une ambition légitime, quelle que soit sa forme, et pourtant inconciliable avec toute idée préconçue ou tradition: «Le fondement de ce procès légitime nest pas dopposer une époque ou une école dart à une autre, mais bien de confronter toutes les écoles qui se succédèrent, à la stupidité imperméable à la substance, et à la vulgarité hermétique à la forme.»

Ecole Tosa, , époque de Muromachi, XVIe siècle.

Paravent à six volets (byobu), 88,4 x 269,2 cm. Collection privée, en dépôt au Musée national de Tokyo, Tokyo.

Ecole Kano, , époque d’Edo, vers 1640-1650.

Paravent à volets (byobu), encre et couleur sur feuilles d’or, 121 x 280 cm. Collection privée.

Utagawa Toyokuni, , vers 1800.

Gravure sur bois en couleurs, 37,7 x 74,7 cm. The British Museum, Londres.

Puisque lécole populaire de lUkiyo-e fut laboutissement dune évolution de plus dun millénaire, il est nécessaire de remonter les siècles afin de comprendre et de suivre les étapes de son développement.

Bien que les origines de la peinture japonaise soient obscures, et occultées par la tradition, nul doute que la Chine et la Corée furent les sources directes où le Japon puisa son art; tout en étant, bien sûr, influencé de façon moins évidente par la Perse et lInde, fontaine sacrée de lart oriental et de la religion, qui progressèrent toujours de concert.

En Chine, la dynastie Ming donna naissance à un style original, qui domina pendant des siècles lart du Japon. Lample calligraphie dHokusai révèle une influence héréditaire, et ses graveurs sur bois, entraînés à suivre les lignes gracieuses et fluides de son œuvre si authentiquement japonaise, furent déconcertés par ses soudaines échappées vers un réalisme plus anguleux.

Les écoles chinoises et bouddhistes dataient du VIe siècle, aussi lempereur du Japon, Heizei, fonda la première académie impériale en 808. Cette académie avec lécole de Yamato-e, établie par Fujiwara Motomitsu au XIe siècle, aboutirent à lillustre école de Tosa qui, avec celle de Kano, son auguste et aristocratique rivale, conservèrent une suprématie incontestée pendant des siècles, jusquà ce que ne vienne les défier la plébéienne école dUkiyo-e, inspirée du peuple du Japon.

Anonyme, , 1683.

Gravure sur bois, 25,3 x 37,2 cm. Victoria & Albert Museum, Londres.

Katsushika Hokusai, , vers 1788-1789.

Gravure sur bois en couleurs, 26,3 x 39,3 cm. The British Museum, Londres.

Katsukawa Shunko, , vers 1785.

Gravure sur bois en couleurs, 34 x 22,5 cm. Victoria & Albert Museum, Londres.

Toshusai Sharaku, , 1794.

Gravure sur bois en couleurs, 38 x 25,5 cm. Musée national de Tokyo, Tokyo.

On a décrit lécole de Tosa comme la «manifestation dune foi ardente, à travers la pureté dun style éthéré». Celle-ci incarne en fait le goût de la cour de Kyoto, et fut reléguée au service de...



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