E-Book, Französisch, Band 1, 94 Seiten
Reihe: L'histoire du peuple noir
Souleyka Akoni
1. Auflage 2023
ISBN: 978-2-322-49320-3
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Yoruba
E-Book, Französisch, Band 1, 94 Seiten
Reihe: L'histoire du peuple noir
ISBN: 978-2-322-49320-3
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Gabriel Souleyka est écrivain mais d'abord Historien, il souhaite, par l'intermédiaire de ses ouvrages, mettre en avant la culture africaine, antillaises. En produisant des romans historique originaux s'adressant à tout public.
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2. UN HOMME
Au village, l'atmosphère s'électrise pour d’autres raisons, bien que les Portugais représentent une menace imminente, Akoni et d’autres garçons, vont devoir subir le passage du rite qui fera d’eux des hommes. Ils seront admis comme membres à part entière de la communauté, participant avec fierté à la défense des autres. Dans la culture Yoruba, le passage de l'enfance à l'âge adulte est marqué par ce rite significatif. À l'âge de 12 ans, les jeunes garçons sont initiés à devenir des hommes, une transition profondément ancrée dans les traditions et les valeurs ancestrales du peuple. Ce rite représente bien plus qu'une simple transition physique ou temporelle, c’est comme cela qu’on détermine le destin de chacun. C'est un processus d'apprentissage, une transformation spirituelle et culturelle qui définit l'identité et le rôle dans la société Yoruba.
Les étapes sont créées pour préparer le jeune homme aux responsabilités, aux attentes et aux devoirs d'un homme dans la communauté. Les rituels, les cérémonies et les épreuves qu'affrontent ces jeunes sont conçus pour forger le caractère, renforcer la résilience et inculquer les valeurs de la culture. À travers des épreuves physiques, mentales et spirituelles, ils apprennent la force, le courage, la sagesse et l'engagement envers leur famille et leur communauté. L'initiation consiste à enseigner les traditions, les connaissances et les valeurs transmises depuis des générations. Les jeunes absorbent les coutumes et les contes, comprennent les symboles et les significations derrière chaque geste, chaque récit et chaque tradition. Au terme de ce rite de passage, un jeune homme émerge, transformé.
Il a acquis une perspective nouvelle sur lui-même et sur son rôle dans la société. Il est désormais considéré comme un pilier de sa communauté, prêt à assumer des responsabilités, à être un protecteur, un défenseur et un exemple pour les générations à venir. Il pourra être guerrier, berger, menuisier, l’important étant de contribuer à l’épanouissement du village. Tout est parfaitement organisé au village, les anciens ont pour ainsi dire l’habitude, Djibali veille sans intervenir, il ne faut pas favoriser son fils au détriment des autres, chacun doit mériter sa place. Le rite est constitué d’une série d'épreuves données pour marquer la transition de l'enfance à l'âge adulte. La première épreuve consiste à traverser la rivière, à l’endroit où le courant est fort, cela symbolise la passe entre deux mondes, l'enfance et l'âge adulte.
C’est souvent considéré comme métaphorique, cela incarne la notion de franchissement, de croissance et de transformation. Akoni sait ce qu’il en retourne, il se prépare mentalement et physiquement à cette traversée. Tout au long de cette première épreuve, les garçons sont guidés par les enseignements des anciens, reconnaissant l'importance de cette étape dans sa vie. La rivière, scrutée comme un obstacle à franchir, représente bien plus qu'un cours d'eau physique. Elle symbolise le seuil entre deux états de sa vie, l'immersion dans l'eau est comme un baptême. Djibali donne le départ du premier passage, tout le village s’est déplacé, même ceux des alentours, ils sont des centaines pour apprécier la dextérité des jeunes garçons. Ils se rendent ainsi à la rivière sacrée, les enfants portent un pagne traditionnel qui symbolise leur jeunesse, ils vont devoir l’enlever pour s’immerger.
Devant la rivière, des danseurs commencent à bouger frénétiquement pour encourager les petits, les femmes chantent des mélodies ancestrales qui font l’éloge de la culture Yoruba. Akoni se sent prêt, le regard complice de Zuri le réconforte, ce n’est pas comme s’il ne venait jamais s’amuser sur ces rives. Néanmoins, il est surpris par la force du courant qui déferle comme une vague de l’océan. Les enfants sont tous alignés, ce n’est pas une course mais bien une épreuve à réussir, en cas d’échec, un petit peut retenter sa chance deux fois. Le signal est donné, ils se jettent à l’eau, Akoni accueille fraîchement sa plongée, le contraste avec la chaleur et l’eau glacée est saisissant, mais chacun met du cœur à l’ouvrage. Akoni fait ce qu’il a appris, coordonne ses bras et ses jambes pour ne pas couler.
D’autres sont déjà pris dans des tourbillons, au milieu de la rivière, des guerriers ont pris place dans la maquette grossière d’un crocodile, en apparence, on voit que c’est du bois peint. Mais dans l’eau, les enfants sont en pleine efforts, à leur niveau, ce sont des bêtes en capacité de les dévorer, ce qui ajoute une panique générale. Akoni tente de contourner l’obstacle mais c’est difficile, il arrive tout droit sur l’un de ses faux crocodiles, loin de désespérer, il sait qu’il ne faut pas se laisser prendre, il décide de plonger sous l’eau. Dans le silence aquatique, bien que la visibilité soit moyenne, il distingue clairement les jambes des guerriers manipulant les morceaux de bois, Akoni rit intérieurement de ce tour, il engage une brasse pour passer en dessous, la natation a toujours été son point fort. Quand il ressort la tête, il est presque arrivé.
Mais sur la rive, une surprise l’attend, ils ont dressé un immense filet pour empêcher de débarquer, on a expliqué aux petits qu’il fallait impérativement venir prendre une pierre polie, symbolisant la réussite à ce passage. Ces pierres sont disposées sur un tronc massif, cela semble simple d’apparence, mais le filet complique tout, surtout quand on est déjà bien fatigué par la traversée. Akoni réfléchit très vite, derrière lui, les cris sont nombreux, beaucoup ont été pris par les faux crocodiles et se débattent comme ils peuvent. Le filet est proche, comment le contourner ? Akoni plonge une nouvelle fois, à sa grande surprise, ils ont planté l’obstacle jusqu’au fond de la rivière. Il ne va pas pouvoir passer par-dessous, cela aurait été trop simple, Akoni reprend son souffle, arrivant tout droit dans le filet.
Il se laisse prendre par les cordes, il ne faut surtout pas couler. Un autre garçon n’a pas la même idée, il pense pouvoir passer entre les mailles, mais c’est impossible, le voilà totalement coincé tandis qu’Akoni s’agrippe au filet pour récupérer un peu. L’autre garçon panique, commence à boire de l’eau, non loin, les guerriers veillent, personne ne bouge, le rite est le rite. Akoni s’approche pour l’aider, il le sort de l’eau pour le positionner sur l’une des cordes, lui rappelant qu’il ne faut surtout pas lutter contre le mouvement mais se laisser porter. Les deux amis sont exténués, d’autres commettent exactement la même erreur, c’est presque dix enfants qui sont pris dans la tourmente, Akoni redouble d’efforts pour aider chacun d’eux. Djibali apprécie la scène par un sourire affirmé. Ce rite est clair, il faut traverser la rivière mais la façon dont on le fait conditionne aussi la réussite.
Akoni manque de couler sous la pression des autres qui vont tous se coincer dans le filet. Maintenant que chacun est ancré sur une corde, Akoni donne des ordres comme un petit chef, il explique comment il faut passer par-dessus cet obstacle, motive les autres en désignant la rive très proche, ce passage est bientôt terminé. Personne ne doit faiblir, Akoni montre l’exemple en escaladant les quelques mètres de cordages à la force des bras. Après des efforts impossibles, chaque enfant passe enfin le dernier obstacle, sous l’œil protecteur d’Akoni, il ne manque plus que quelques mètres pour atteindre la rive, c’est le plus difficile après toute cette fatigue accumulée. Lorsque Akoni et les autres enfants réussissent officiellement à traverser la rivière, une onde de soulagement et de fierté parcourt les habitants du village.
Djibali, représentant l'autorité et la sagesse dans la communauté Yoruba, est là pour les accueillir sur la rive. Les éclats de joie et les applaudissements saluent la réussite de cette première épreuve. Le roi, témoigne de sa satisfaction et de sa fierté, félicitant personnellement chaque jeune pour avoir franchi cet obstacle symbolique. Les festivités qui suivent célèbre la réussite collective, soulignant l'importance de l'unité et du soutien mutuel au sein de la...




