Souleyka | Toya | E-Book | www.sack.de
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E-Book, Französisch, 312 Seiten

Souleyka Toya

Dahomey
1. Auflage 2024
ISBN: 978-2-322-51470-0
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

Dahomey

E-Book, Französisch, 312 Seiten

ISBN: 978-2-322-51470-0
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



Toya, plus connue sous le nom de Victoria Montou, est une figure historique de la révolution en Haïti, elle incarne la résistance de ces Femmes, ces Hommes d'Haïti qui ont refusé l'esclavage. Toya née au Dahomey vers 1730, ambitionne de devenir l'une des plus grandes guerrière du royaume en entrant dans les Minos, ce régiment d'élite composé exclusivement de Femmes. Blessée au combat face aux esclavagistes européens, elle est capturée, vendue à Ouidah, puis déportée à Saint-Domingue. C'est une guerrière farouche, dès son arrivée sur l'île, elle s'évade, se retrouvant dans la densité de la forêt, découvrant une femme, en fuite comme elle, entrain d'accoucher d'un petit garçon, elle va perdre la vie, faisant promettre à Toya de s'occuper de cet enfant comme si c'était le sien. Toya accepte, dépitée, elle doit retourner à la plantation sucrière Duclos, acceptant son sort, elle va éduquer le garçon, lui apprendre l'art de la guerre. C'est Jean Jacques Dessalines, futur empereur d'Haïti, découvrez ce destin hors norme dans ce premier volume.

Gabriel est historien, il a déjà publié 7 romans historiques, avec une thématique principale, le courage, la détermination du peuple noir face à l'oppression, ces livres sont précis, rigoureux, engagés, prenez un pan de l'histoire, car il le dit : Apprendre son histoire est un acte de résistance
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2. ENDURER


J’aime toujours la fraîcheur du soir, le village s’anime d’une espèce de candeur, les gens rentrent des activités, les repas se prépare, les effluves se mélangent. Quand j’arrive devant le temple, les torches sont déjà allumées, leur lueurs dansent sur les murs, dans un jeu d’ombres mouvantes. Mes mains sont calleuses, mon souffle est court, je dépose mon bâton à l’entrée en signe de respect. Lorsque je pénètre le temple, mon esprit actionne la dévotion, devenant révérencieux à chaque pas. Je trouve Mahougbé assise sur un tapis coloré, elle tourne la tête vers moi, m’adresse un sourire, un regard perçant déshabillant presque mon âme. Le silence règne, alors je le brise,

  • — Mawu na kp? yi (Que Dieu te bénisse) Mahougbé, l’humble servante que je suis vient chercher conseil et bénédictions en ce lieu sacré.
  • — Que les ancêtres te protègent, approche, parle librement, cette nuit, les Divinités nous submergent de leur sagesse.

Je m’assois près d’elle, pleine de ma dévotion, sans que je comprenne, l’émotion me gagne, parce que je sens que ce combat va changer ma destinée.

  • — Je suis venue te dire que je suis prête, je pense avoir trouvé la faille de mon adversaire. J’appréhendais ce duel, désormais j’ai hâte d’y être.
  • — Ne doute jamais de tes capacités, lorsque je t’ai dit que tu étais un flambeau, cela prend tout son sens.
  • — Je ne veux pas offenser les Divinités, ne suis-je pas trop arrogante dans ma démarche ? La certitude que j’ai trouvé la faille me conforte, mais peut-être que je me berce d’illusions ?

Elle me sourit doucement,

  • — Ma fille, ce n’est pas la force qui fait un guerrier, c’est d’abord son cœur, sa détermination, sa sagesse et sa capacité au compromis.

J’acquiesce de la tête, cherchant la voie,

  • — Ce duel m’a été imposé, je ne veux pas démontrer que je suis la meilleure, mais bien que je sois digne de porter une épée quand je serais une femme, que je pourrais défendre le royaume.

Mahougbé se lève en s’appuyant sur un bâton, s’approche de moi, avec l’impression de flotter.

  • — Tu as cette lumière en toi, tu le sais, qui peut éteindre le soleil ?
  • — Personne, enfin je crois.
  • — Parfaitement, personne, au-delà de cela, tu vas appendre à écouter ton âme, elle va te murmurer des secrets.
  • — Lesquels ?
  • — Que tu fais partie d’un tout, la terre, le ciel, les animaux, la création dans son entièreté. Quand tu es en harmonie alors rien ne peut te briser, comme rien ne peut éteindre le soleil.
  • — Comment puis-je l’apprendre ?
  • — Quand tu t’entraînes au maniement du bâton, prend le temps de fermer les yeux, de faire silence en toi, respire profondément, sens la terre sous tes pieds, le vent sur ton visage, tout ce qui t’entoure. Tu verras ton adversaire comme un obstacle à surmonter, qui n’est pas infranchissable ; c’est seulement un obstacle. Ferme tes yeux maintenant, tu vas voir, c’est naturel.

Je m’exécute, laissant les sensations m’envahir, j’ignore si ses paroles ont pu influencer mon âme, mais je sens la chaleur du sol, le chant des grillons me parvient comme s’il était très proche. Je réalise alors que cela va plus loin que de chercher à toucher ses mains, Mahougbé a raison, être une guerrière implique de dépasser le fait d’être porteur d’une arme. On doit se connecter à ce qui fait notre essence, la vie, les dons que les Divinités nous ont accordées dans leur miséricorde infinie. Mon cœur murmure, dans le silence du temple,

  • — Mahougbé, je veux incarner notre peuple, être plus qu’une guerrière.
  • — Ce combat n’est qu’un obstacle, il y’en aura d’autres mais ton chemin reste le même, tu seras ce que tu dois devenir. Un symbole Toya.

J’ouvre les yeux, elle me sourit encore,

  • — Je ne vais pas te décevoir, ma responsabilité est lourde, je l’accepte volontiers.

Sans que je sache comment elle a pu faire cela, elle me tend le bâton que j’avais laissé à l’entrée. Je voudrais lui dire que j’ai mal au bras, que j’ai passé la journée à frapper un arbre. Mais je le prends sans rien dire, il me semble encore plus léger qu’au matin,

  • — Montre-moi donc ce que tu as appris aujourd’hui.

Elle me fixe avec une intensité nouvelle, ses yeux sont habituellement doux, bienveillant, maintenant, j’y vois une détermination farouche. Sa main se pose contre la mienne, me faisant ressentir une chaleur douce et étrange.

  • — Toya, écoute-moi avec attention, accepter ce combat n’est pas seulement une épreuve, c’est un acte de rébellion envers la caste patriarcale du village.
  • — C’est eux qui ont voulu ça, je ne vois pas en quoi ce serait une rébellion.

Elle se met à sourire,

  • — Contre la position des femmes dans nos traditions, les sœurs, les cousines, les tantes, les mères. Contre l’idée ancrée disant que seuls les hommes peuvent brandir une épée et protéger le Dahomey.

Elle s’appuie sur mon bâton avec force,

  • — Tu seras la première à les défier ouvertement, ta jeunesse est un atout mais aussi une faiblesse, c’est plus facile de tuer un poussin dans l’œuf que d’aller chasser l’aigle majestueux. Ton combat est devenu celui de toutes celles qui viendront après toi.
  • — Toutes les petites filles après moi ?
  • — Oui, elles pourront marcher dans tes pas !
  • — Mais si je perds ce combat, malgré ma meilleure volonté ?
  • — Le symbole est plus important que la victoire, bien que je considère que si tu dominais le jeune Sémévo cela pourrait amplifier ton action.
  • — Je ferais du mieux que je peux alors.
  • — Le mieux ne suffira pas, tu vises un exploit, totalement à ta portée, pour qu’ensuite, nos petites crient ton nom et revendiquent ta victoire comme la leur.

Elle pose alors ses mains sur mon front, comme pour me transmettre une énergie secrète, invisible, j’y vois une bénédiction. Je perçois pleinement l’importance de mon engagement, les femmes et les hommes du Dahomey pourront combattre côte à côte, épaule contre épaule face à nos ennemis. Je ne veux pas la décevoir, perdre ce combat briserait mon cœur d’enfant, je dois me concentrer sur le travail, la technique, surmonter l’obstacle, car au bout du compte, Sémévo représente un obstacle à franchir tout simplement. Je vais échafauder ma stratégie, afin de n'envisager que la victoire, je montrerais à tout le royaume que l’avenir va se dessiner tous ensemble. Je me redresse, le cœur plein d’une fierté nouvelle, je comprends par ce silence, que je dois quitter le temple. Prenant mon fidèle bâton en main, prête pour ce nouveau défi.

A chacun de mes pas, je sens le poids de la tradition, l’ombre de nos guerrières, me voici en mesure de marcher dans leurs pas. La nuit recouvre tout, je me hâte de renter à la case familiale, quelques lueurs des torches éparpillées guident mes pas. Mon esprit est ailleurs, j’ignore les étoiles qui pourtant éclaire mon chemin. Le mystère de notre prêtresse continue de m’obséder, ce pouvoir de parler aux divinités est un don secret. J’arrive à la case, les petits sont déjà endormis, je prends une écuelle de bois, sort pour aller me rincer, la journée chaude m’aura fait bien transpirer. L’eau fraiche me fait du bien, je passe le gant de fibre sur tout mon corps, c’est rugueux, cela enlève toute la fatigue. Mon corps demande le sommeil, il est temps d’aller m’allonger pour récupérer pleinement. Ma paillasse n’est pas aussi rude que d’habitude, sans doute l’épuisement.

Je sombre sans attendre dans un sommeil profond, tout ce dont je me souviens c’est de ce rêve particulier. Je suis dans une arène gigantesque, entourée de milliers de spectateurs aux visages masqués. Je ne reconnais pas l’endroit, en face de moi, arrive un adversaire, un adulte, à l’apparence redoutable. Il tient une lame étincelante dans une lumière presque jaune, sans...



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