Vermorel | Les mystères de la police | E-Book | www.sack.de
E-Book

E-Book, Französisch, Band 1, 208 Seiten

Reihe: Les dossiers classifiés de la police française

Vermorel Les mystères de la police

Dossiers classifiés : La police française depuis Louis XIV jusqu'à la révolution de 1789
1. Auflage 2022
ISBN: 978-2-322-44973-6
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

Dossiers classifiés : La police française depuis Louis XIV jusqu'à la révolution de 1789

E-Book, Französisch, Band 1, 208 Seiten

Reihe: Les dossiers classifiés de la police française

ISBN: 978-2-322-44973-6
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



RÉSUMÉ : "Les mystères de la police" d'Auguste Vermorel nous plonge dans les arcanes de la police française, depuis l'époque de Louis XIV jusqu'à la Révolution de 1789. Cet ouvrage explore les rouages d'une institution en constante évolution, révélant les méthodes et les stratégies employées pour maintenir l'ordre dans un contexte historique tumultueux. En s'appuyant sur des dossiers classifiés et des archives rarement consultées, Vermorel dresse un tableau fascinant des enjeux politiques et sociaux qui ont façonné la police française. Le livre met en lumière les figures emblématiques de cette époque, des chefs de police aux espions, en passant par les informateurs. Chaque chapitre est une immersion dans une période clé, où la police joue un rôle déterminant dans le contrôle des masses et la prévention des complots. L'auteur nous guide à travers les innovations techniques et les défis administratifs rencontrés par la police, tout en soulignant l'impact des événements historiques sur ses pratiques. Ce récit captivant offre une perspective unique sur la manière dont la police a contribué à façonner la société française, tout en s'adaptant aux changements politiques et sociaux. L'analyse de Vermorel, riche en détails et en anecdotes, nous invite à réfléchir sur le rôle de la police dans la construction de l'État moderne. L'AUTEUR : Auguste Vermorel, journaliste et écrivain du XIXe siècle, est connu pour ses analyses perspicaces des institutions françaises. Né en 1841, Vermorel s'est d'abord fait un nom dans le journalisme politique, s'intéressant particulièrement aux mécanismes du pouvoir et à leur impact sur la société. Son intérêt pour la police découle de son engagement à comprendre les structures de contrôle social et politique. Bien que peu d'informations soient disponibles sur sa vie personnelle, Vermorel s'est distingué par sa capacité à aborder des sujets complexes avec rigueur et clarté. Ses travaux, souvent basés sur des recherches approfondies dans les archives, témoignent de son souci du détail et de son désir de rendre l'histoire accessible au grand public. "Les mystères de la police" est un exemple de son approche méthodique et analytique, qui a marqué ses écrits. En dépit d'une carrière relativement discrète, Vermorel a laissé une empreinte durable dans le paysage littéraire français grâce à ses contributions à l'histoire des institutions. .

Auguste Vermorel, né à Denicé le 22 juin 1841 et mort de ses blessures à Versailles le 20 juin 1871, est un socialiste et une personnalité de la Commune de Paris
Vermorel Les mystères de la police jetzt bestellen!

Autoren/Hrsg.


Weitere Infos & Material


CHAPITRE II


Enlèvements d’Enfants


Un des évènements les plus graves du XVIIIe siècle, sur lequel le jour n’a pas encore été fait complètement, c’est les enlèvements d’enfants par la police, qui eurent lieu en l’année 1750, et la sédition qu’occasionna cette indigne violation des droits les plus sacrés de l’humanité. Les renseignements les plus complets sur ce point intéressant nous sont fournis par le journal de Barbier.

«MAI 1750.—Depuis huit jours, on dit que, dans Paris, des exempts de police déguisés rôdent dans différents quartiers et enlèvent des enfants, filles et garçons, depuis cinq ou six ans jusqu’à dix ans et plus, les mettent dans des carrosses de fiacre qu’ils ont tout prêts; ce sont des petits enfants d’artisans et autres qu’on laisse aller dans le voisinage, qu’on envoie à l’église ou chercher quelque chose. Comme ces exempts ont un habit bourgeois et qu’ils tournent dans différents quartiers, cela n’a pas fait d’abord grand bruit.

» Mais aujourd’hui samedi, 16 de ce mois, on a pris et voulu prendre, dans les quartiers de la rue de Fourcy et du port aux Veaux, un enfant; c’était dans la rue des Nonaindières et la rue Tiron; l’enfant qu’on jetait dans le fiacre a crié, quelque commère est survenue, a crié aussi, le peuple est sorti des boutiques, et dans Paris, en plein jour, sur les dix et onze heures du matin, l’assemblée devient bientôt considérable. Cette sorte d’enlèvement, qui blesse la nature et le droit des gens, a révolté le peuple avec raison: comme on ne sait jamais au juste les choses qui se passent, les uns disent qu’on voulait enlever un enfant d’un artisan des bras de la mère qui le conduisait, d’autres qu’on en avait déjà mis plusieurs dans le fiacre, et que le peuple voulant les tirer avec violence, il y en avait deux d’étouffes. Quoi qu’il en soit, le peuple, les gens du port, les laquais se sont assemblés en fureur, les archers et exempts ont voulu fuir; quelques-uns sont entrés dans des maisons, on les a poursuivis, on les a maltraités et estropiés; cette émeute populaire est devenue plus générale pour la poursuite des archers, et elle s’est répandue dans tout le quartier Saint-Antoine jusqu’à la porte, et cela s’est ensuite dissipé.

» Cette nouvelle s’est bientôt répandue dans toute la ville, ce qui a occasionné les discours du peuple, et il s’est débité que l’objet de ces enlèvements d’enfants était qu’il y avait un prince ladre, pour la guérison duquel il fallait un bain ou des bains de sang humain, et que, n’en ayant point de plus pur que celui des enfants, on les prenait pour les saigner des quatre membres, et pour les sacrifier, ce qui révolta encore plus le peuple.

» Le plus vraisemblable est qu’on peut avoir besoin d’enfants pour envoyer à Mississipi, dans l’Amérique, pour travailler aux établissements des vers à soie qu’on veut y faire; mais, malgré cela, il n’est pas à présumer qu’il y ait aucun ordre du ministère pour enlever ici des enfants à leurs pères et mères: on peut avoir dit à quelques exempts que s’ils trouvaient des enfants sans père ni mère, ils pourraient s’en saisir! il se peut qu’on leur ait promis une récompense et qu’ils aient abusé de cet ordre, comme ils ont déjà fait quand il a été question de prendre tous les vagabonds et gens sans aveu, dont il était avantageux de purger Paris.

» Si la police agissait prudemment, ce serait de faire mettre, du moins quelques-uns de ses exempts, pendant plusieurs jours du marché, au carcan, pour apaiser et donner satisfaction au peuple.

» Le bruit de l’enlèvement des enfants continue et cause une fermentation dans le peuple; bien des gens ont peine à croire ce fait, et s’imaginent que c’est quelque homme qu’on aura voulu prendre pour dettes, et qui se sera imaginé de crier qu’on lui avait pris son enfant; ce qui aura occasionné tout ce tumulte: mais le fait est pourtant très-constant.

» On a apparemment voulu peupler notre Mississipi, et, pour cet effet, indépendamment de ce qu’on peut prendre d’enfants dans les hôpitaux, on a donné des ordres secrets pour enlever tous les petits vagabonds libertins qui jouent dans les carrefours et sur les ports, comme il y a effectivement nombre d’enfants de cette espèce; on a promis une certaine récompense aux exempts, archers, mouches qui savent rôder dans Paris, pour chaque enfant des deux sexes, afin de peupler dans la suite. On les conduit à l’hôpital Saint-Louis, hors-de la ville, où, faute de police, on les fait mourir de faim.

» Tous ces exempts, archers et gens de cette espèce, qui sont des coquins par état, pour gagner la rétribution promise, que l’on dit être de quinze livres et même plus par chaque enfant, ont cherché à attraper par finesse, caresse ou autrement, toutes sortes d’enfants, garçons et filles, dans la ville, indistinctement, même en présence de leurs pères et mères, dans les rues, au sortir des églises; cela paraît certain par tous les rapports que j’ai entendu faire... Ce qui est plus mal, c’est qu’on dit que, dans le commencement, pour retirer et ravoir un enfant de bourgeois, il en coûtait de l’argent comme cent livres, et qu’on disait que c’était pour en payer d’autres.

» Vendredi, 22 de ce mois, il y a eu une émeute considérable dans quatre différents quartiers de Paris.

» Le premier tapage du matin a été dans le cloître de Saint-Jean de Latran, mais sans grand fracas.

» Le second, à la porte Saint-Denis, qui a été plus tumultueux; il y a eu quelques archers maltraités. Cette émotion est venue jusque dans la rue de Cléry, où demeure le commissaire Desnoyers, et où, apparemment, un de ces gens de police s’était réfugié ; sa maison a été saccagée à coups de pierre.

» Le troisième, à la place de la Croix-Rouge, faubourg Saint-Germain. On dit qu’on a voulu prendre le fils d’un cocher qui était à une porte; deux hommes l’ont attiré et emmené, l’enfant a crié, le père a couru après avec les domestiques de la maison; ils ont appelé le peuple à leur secours; un des archers s’est réfugié dans la boutique d’un gros rôtisseur qu’il connaissait. On a voulu entrer pour le suivre; un garçon rôtisseur s’est opposé et a pris une broche: cela a animé tellement le peuple qui s’était amassé en grand nombre, qu’on a pillé et saccagé la maison du rôtisseur, depuis la cave jusqu’au grenier; on a jeté dans la rue la batterie de cuisine, la viande, sa vaisselle d’argent, ses meubles; on a enfoncé deux pièces de vin, et on a cassé toutes ses vitres. On dit qu’il y a eu deux hommes de tués dans les caves; le guet y est venu et n’a osé rien tenter pour faire cesser ce tumulte, qui a duré jusqu’à dix heures du soir. Le peuple arrêtait les carrosses qui passaient avec des flambeaux, pour en avoir et s’éclairer; ils en ont pris même chez un épicier.

» Le même soir, on dit qu’on a voulu prendre exprès un écolier des Quatre-Nations, sur le quai des Morfondus, rue du Martoi; les écoliers ont suivi et ont fait attrouper un peuple infini; un des archers déguisés s’est sauvé dans la maison du commissaire Delafosse, rue de la Calandre, près le Palais. Le peuple a tendu les chaînes de cette petite rue, pour empêcher apparemment le guet à cheval d’y entrer; toutes les boutiques ont été fermées, ainsi que dans le faubourg Saint-Germain et à la porte Saint-Denis, et le long de la rue et des environs, car c’est la première chose que fait le bourgeois. Tout le quartier du Palais était rempli d’un peuple innombrable. La maison du commissaire assiégée, on a cassé toutes les vitres du haut en bas; un guet à pied, qui était entré dans la maison, a tiré quelques coups de feu par les fenêtres qui n’ont fait qu’animer; ils avaient préparé du bois devant la maison pour y mettre le feu; cela a duré jusqu’à près de onze heures du soir. Ils couraient pour enfoncer la porte d’un fourbisseur pour avoir des armes; le guet à cheval, qui est survenu, a pourtant dissipé un peu ce tumulte, sans tirer et en agissant le plus prudemment pour les apaiser. Il y a eu quelques archers de tués, car, ce jour-là, on en a porté...



Ihre Fragen, Wünsche oder Anmerkungen
Vorname*
Nachname*
Ihre E-Mail-Adresse*
Kundennr.
Ihre Nachricht*
Lediglich mit * gekennzeichnete Felder sind Pflichtfelder.
Wenn Sie die im Kontaktformular eingegebenen Daten durch Klick auf den nachfolgenden Button übersenden, erklären Sie sich damit einverstanden, dass wir Ihr Angaben für die Beantwortung Ihrer Anfrage verwenden. Selbstverständlich werden Ihre Daten vertraulich behandelt und nicht an Dritte weitergegeben. Sie können der Verwendung Ihrer Daten jederzeit widersprechen. Das Datenhandling bei Sack Fachmedien erklären wir Ihnen in unserer Datenschutzerklärung.