Vignaroli | Le Journal D'Un Psychopathe | E-Book | www.sack.de
E-Book

E-Book, Französisch, 426 Seiten

Vignaroli Le Journal D'Un Psychopathe

Un Défi Obscur Pour Le Commissaire Caterina Ruggeri
1. Auflage 2025
ISBN: 978-88-354-8352-6
Verlag: Tektime
Format: EPUB
Kopierschutz: 0 - No protection

Un Défi Obscur Pour Le Commissaire Caterina Ruggeri

E-Book, Französisch, 426 Seiten

ISBN: 978-88-354-8352-6
Verlag: Tektime
Format: EPUB
Kopierschutz: 0 - No protection



Le commissaire divisionnaire Caterina Ruggeri est une policière des Marches en activité, âgée d'une quarantaine d'années, responsable de la section 'Homicides' de la Questura d'Ancône. En compagnie du commissaire Sergio Adinolfi de Senigallia, profileur criminel expert, elle est à la poursuite d'un tueur en série psychopathe, en analysant les traces étranges qu'il dissémine sur la scène de ses crimes. Un défi ténébreux pour le commissaire Ruggeri qui sera amenée à enquêter de près au sein du cercle familial.

Nous voici au seuil de la troisième enquête du commissaire Caterina Ruggeri, cette policière des Marches bien connue, très appréciée par ses lecteurs. Un nouveau collègue l'accompagne, le commissaire Sergio Adinolfi de Senigallia, profileur criminel expert, avec lequel elle doit poursuivre un tueur en série psychopathe. À un certain point, Caterina sera tentée de céder au charme de son collègue mais le cours de l'affaire ne laissera pas la place à une liaison amoureuse. Un défi ténébreux pour le commissaire Caterina Ruggeri, qui si trouve impliquée dans la plus introspective de ses aventures. Elle découvrira d'ailleurs que l'assassin est plus proche d'elle qu'elle ne l'imaginait, peut-être même un membre de sa famille. Elle sera amenée à rechercher dans son passé et dans son subconscient pour découvrir la solution : mais alors que celle-ci semble à portée de main, surviennent de nouveaux coups de théâtre qui remettent tout en question. Le psychopathe s'amuse à créer délibérément des situations gênantes pour notre policière qui, talonnée par le questore, les magistrats et les journalistes, doit parvenir rapidement à une solution plausible. Y parviendra-t-elle ? Nous laissons au lecteur le plaisir de le découvrir : il retrouvera avec plaisir des personnages connus dans les précédentes aventures du commissaire, et d'autres, nouveaux et intrigants, qui émergent dans ce nouvel épisode. Mais par dessus tout, la lecture ouvrira des fenêtres sur des thèmes particulièrement brûlants, notamment sur les drames qui, de façon plus ou moins subtile, peuvent exister même au sein de familles normales. Il ne s'agit pas seulement de violence ou d'abus sexuels, mais des tensions et de tous ces conflits présents en famille dont, souvent malgré eux, sont témoins les enfants et les adolescents, choses qui les marqueront pour leur vie, même si cette dynamique échappe totalement aux adultes. Un avertissement aux parents, en somme : qu'ils s'efforcent de donner à leurs enfants une enfance aussi sereine que possible, ce qui les projettera vers l'âge adulte, équilibrés et responsables. Comme à chaque fois, les références à l'histoire et aux traditions locales ne manquent pas, donnant ça et là une touche légère et agréable à la lecture, un détachement par rapport à la description de crimes macabres. Dans cette nouvelle enquête on retrouve une Caterina, certes toujours impulsive mais peut-être un peu plus réfléchie, plus mûre. En fin de compte, le fait d'avancer en âge et avec des responsabilités de famille, crée en nous des changements de comportement et de caractère, ce qui inévitablement la touche aussi. Ce qui compte, c'est l'intelligence et l'intuition qui, également grâce à l'aide de ses collaborateurs et de son chien fidèle, Furia, la conduisent immanquablement à résoudre brillamment ses enquêtes.

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***

CHAPITRE PREMIER


J'expliquais à mon collègue de Senigallia, le commissaire principal Sergio Adinolfi, le rôle de mon équipe dans le contexte régional et les possibilités de collaboration et d'échange avec les districts de police locaux dans le cadre d'enquêtes sur les crimes atroces qui se produisaient de plus en plus souvent, même dans notre région. Lui, un homme de quarante ans, grand, athlétique, le regard intelligent et deux yeux bleus qui paraissaient vous déshabiller au travers de ses lunettes, m'écoutait attentivement.

« Mon cher, il est probable qu'à partir de 2014 toutes les forces de l’ordre, nous, les carabiniers, ainsi que la brigade financière, seront fusionnées dans un corps unique afin d'économiser l'argent public. Beaucoup de nos petits districts, tout comme les petites casernes des carabiniers ou de la brigade financière, disparaîtront et des brigades renforcées seront crées sur le territoire, avec du personnel mélangé provenant des anciens effectifs. Nous ne connaissons pas encore les modalités de cette réforme, ni son calendrier de mise en place, ni comment nous nous appellerons, mais une chose est sûre : il faudra que nous arrivions forts et déterminés à l'échéance pour ne pas laisser les autres prendre notre place. Et la section "Homicides et personnes disparues" que je dirige est notre point fort. Je tiens à la mettre en avant pour en garantir la survie et, pour cette raison, j'ai besoin du soutien de vous tous qui travaillez dans les petits commissariats au contact de la réalité du quotidien. »

Mon collègue allait répondre lorsque notre attention fut attirée par une animation insolite provenant de la rue, à peu de distance du bâtiment où nous nous trouvions, situé dans un quartier à la périphérie de Senigallia face aux installations sportives, un quartier paisible en réalité, peu fréquenté en cette période de l'année. Nous étions vers la mi-décembre et les jours s'étaient beaucoup raccourcis, au point qu'à quatre heures de l'après-midi, le soleil se couchait à l'horizon.

Une voiture garée était en train de brûler, une colonne de fumée noire s'élevait déjà au-dessus d'elle. Sur le coup je pensai qu'il n'y avait rien de grave, à part la perte économique de la voiture par son propriétaire, mais certains détails de la scène nous firent comprendre qu'une tragédie était en train de se dérouler sous nos yeux. La voiture n’était pas vide : il y avait des passagers à son bord. Sans prendre le temps d'enfiler nos pardessus, nous nous précipitâmes dans la rue. Sergio s'empara du premier extincteur qui lui tomba sous la main, j'en fis autant et, passant à la hauteur de la guérite du planton, je lui hurlai d'appeler une ambulance et les pompiers. Arrivés devant la voiture en flammes, une Peugeot 207, nous eûmes tout loisir de tester l'efficacité des extincteurs que nous avions en dotation. Le mien était vide tandis que celui que tenait en main le commissaire Adinolfi réussit à étouffer les flammes juste assez pour voir qu'il n'y avait plus rien à faire pour la personne assise sur le siège du conducteur. Puis, après le dernier jet de mousse, les flammes parachevèrent leur travail en réduisant la voiture à une carcasse noircie. Heureusement - si l'on peut dire - que le véhicule devait rouler au diesel, car il n'y eut pas d'explosion.

Les pompiers arrivèrent toutes sirènes hurlantes et, en un instant, il éteignirent les dernières langues de feu. À peu de distance, les urgentistes soignaient un individu qui tenait encore un tuyau de métal entre ses mains, légèrement brûlé au visage. Au sol, totalement inconsciente, une personne, que je reconnus être une femme. Selon toute vraisemblance elle était sortie de l'habitacle du côté passager ; elle s'était traînée sur quelques mètres, enveloppée par les flammes, avant de s'effondrer au sol, sans vie. Je me traitai d'idiote : si au lieu de perdre mon temps avec l'extincteur je m'étais aperçue de sa présence, j'aurais pu jeter quelque chose sur son corps afin d'étouffer les flammes et lui éviter d'atroces souffrances. Mais, dans toute cette agitation, je n'avais pas prêté attention à ses hurlements. Les infirmiers la retournèrent délicatement, l'un d'entre eux appuya deux doigts sur son cou et dit à l'autre : « Elle vit encore ! Courage, allons-y. »

Le deuxième infirmier secoua la tête. « On ne peut plus rien pour elle, elle est en piteux état. Si elle survit, elle sera défigurée pour le restant de ses jours. Plaçons-la sous oxygène et appelons l'hélicoptère ; ils l'emmèneront au centre des grands brûlés. »

La scène était horrible, j'avais un nœud à l'estomac et j'allais vomir mais je me donnai du courage ; je m'approchai de mon collègue qui avait les yeux rivés sur le cadavre carbonisé de la personne restée à l'intérieur de la voiture, le secouant pour le ramener à la réalité.

« Courage, Sergio, nous ne pouvons rien faire de plus. Essayons plutôt de comprendre ce qui s'est passé. Il faut qu'on interroge l'individu avec cette barre dans la main avant qu'ils ne l'emmènent aux urgences. Voyons ce qu'il aura à nous raconter. Pendant que tu lui fais décliner son identité, j'appelle Cimino. Des investigations de la police scientifique pourront nous être utiles. »

Pendant que je téléphonais je vis avec plaisir deux agents du district descendre dans la rue et apporter nos pardessus à Sergio et à moi-même. Le fait d'enfiler le pardessus fut un soulagement car je commençais à grelotter de froid. L'appel terminé, j'écoutai attentivement les paroles prononcées par l'individu interrogé par mon collègue.

« Je passais dans le coin par hasard quand j'ai noté quelque chose d'anormal à l’intérieur de cette voiture. Les vitres noircissaient de fumée par l'intérieur. Il y avait des flammes mais elles n'étaient pas hautes, elles ne sortaient pas de l'habitacle et j'entendais les hurlements désespérés d'une femme. J'essayai d'ouvrir la portière : la poignée était brûlante mais j'ai insisté malgré tout. La portière ne s'ouvrait pas parce qu'elle était bloquée de l'intérieur. Alors j'ai trouvé cette barre de fer et j'ai défoncé la vitre. Grossière erreur et je n'ai fait qu'empirer la situation, alimentant l'incendie en oxygène ; une violente flambée m'a investi et m'a projeté au sol. J'ai pu voir cette femme, enveloppée par les flammes, s'extraire par la fenêtre et courir sur quelques mètres, laissant derrière elle une traînée de morceaux de vêtements et de lambeaux de chair noircis par le feu, avant de s'effondrer au sol en se démenant. La personne assise à la place du conducteur est restée immobile. Je n'ai pas réussi à comprendre si elle était déjà morte ou si elle ne bougeait pas volontairement, décidée à mourir d'une façon aussi horrible. »

Les infirmiers nous jetèrent un regard sévère avant de faire monter le signor Giovanni Bartoli, nom qu'il nous avait donné, à bord de l’ambulance.

« Vous aurez tout loisir de l'interroger plus tard. Maintenant il a besoin de soins urgents. »

L’ambulance partit à sirènes déployées pendant que du ciel, sombre désormais, le bruit du rotor de l'hélicoptère nous parvint ; il se posa rapidement au centre du terrain de football tout proche. Un peu plus calmement suivrait la police médico-légale et le fourgon de la police scientifique. Entretemps nous recueillîmes également le témoignage du capitaine des pompiers.

« La voiture était fermée de l'intérieur, verrouillée par la fermeture centralisée que la personne assise au volant avait probablement actionnée. Je n'ai rien touché mais j'ai noté, parmi les restes calcinés à l'intérieur de l'habitacle, au moins quatre cartouches de gaz butane, du type de celles qui servent à recharger les briquets. La victime, je crois qu'il s'agit également d'une femme, tient encore un briquet dans sa main. C'est elle-même la cause de la tragédie. Peut-être toutes les deux avaient-elles décidé de se suicider : elles ont tout fermé et saturé l'atmosphère de l'habitacle avec le gaz, se procurant de cette façon un certain degré d'étourdissement. Une étincelle provenant du briquet a été plus que suffisante pour déclencher l'incendie. »

« Une sale façon de se suicider », observai-je, « cependant l'une des deux n'avait pas l'air tout à fait d'accord pour finir grillée. Laissons la police scientifique faire son travail, Sergio ; au cours des prochains jours nous aurons la possibilité de mieux comprendre la dynamique des faits et les motivations de ces femmes à accomplir un geste aussi absurde. En attendant, à partir de la plaque d'immatriculation du véhicule, essayons de remonter jusqu'au nom de ce cadavre et à celui de la personne qui devait mourir avec elle. Cette affaire me concerne désormais, donc nous mènerons l'enquête ensemble. À présent je rentre au poste mais restons en contact. »

« Tu peux compter sur moi ! » répondit Adinolfi en partant.

Dans les jours qui suivirent, je pus apprécier les qualités professionnelles de cet homme, rencontré depuis peu, et qui m'avait frappé de façon positive. Si je l'avais eu à mes côtés en tant qu'adjoint, au lieu de Santinelli, notre équipe serait assurément passée à la vitesse supérieure.

Deux jours plus tard nous nous retrouvions dans son bureau à...



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