Vignaroli | L'Héritage De Bernardino | E-Book | www.sack.de
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E-Book, Französisch, 446 Seiten

Vignaroli L'Héritage De Bernardino

L'Imprimeur - Quatrième Épisode
1. Auflage 2025
ISBN: 978-88-354-8297-0
Verlag: Tektime
Format: EPUB
Kopierschutz: 0 - No protection

L'Imprimeur - Quatrième Épisode

E-Book, Französisch, 446 Seiten

ISBN: 978-88-354-8297-0
Verlag: Tektime
Format: EPUB
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Année 2020 : même le confinement dû à la pandémie de COVID-19 ne réussira pas à arrêter le travail de la chercheuse Lucia Balleani et de l'archéologue Andrea Franciolini, une fois encore engagés dans la découverte de mystérieux arcanes au cœur du centre historique de Jesi. Une ancienne conduite souterraine et une énigmatique sphère de pierre représenteront cette fois deux énigmes particulièrement ardues à résoudre pour le jeune couple de chercheurs.

Les découvertes de documents anciens et de vestiges archéologiques faites par Andrea et Lucia nous ramèneront, comme d'habitude, à suivre les aventures des personnages jésins du XVIe siècle, leurs ancêtres. L'imprimeur Bernardino a dicté ses dernières volontés à un notaire avant de mourir, mais cela semble peu intéresser les héritiers du marquis Franciolini et de la comtesse Baldeschi. Le marquis Alessandro Colocci, époux de la comtesse Laura Baldeschi, se révélera être un personnage sombre et lâche, au service du pape Paul III, mais il devra affronter le jeune descendant de la maison Franciolini, Francesco, bien décidé à reprendre le titre de Capitaine du Peuple, occupé par le marquis Colocci uniquement grâce à son mariage avec sa sœur aînée, Laura.

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  1. CHAPITRE 2

La gifle claqua sur le visage de la jeune comtesse Laura avec une violence inouïe. Elle sentit sa tête vaciller, un filet de sang couler de son nez, et se retrouva allongée sur le lit, tandis que le marquis Alessandro était déjà sur elle, prêt à satisfaire ses pulsions sexuelles déviantes. Laura était désormais habituée à la brutalité de son époux, mais cette fois, il franchissait une limite insupportable. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi il se comportait comme ça avec elle. Cet homme n’avait rien d’un guerrier, ni d’un politicien, ni d’un amant. C’était peut-être justement ce sentiment d’impuissance, d’inadéquation, qui le poussait à déverser sa colère sur elle, sa femme, puisqu’il n’avait pas d’autre moyen de le faire. Lorsqu’elle avait accepté sa demande en mariage, elle n’aurait jamais pensé que les choses se passent de cette façon. Elle sentait à présent les violentes poussées du corps du Marquis se répercuter au plus profond de son ventre. Cela ne durerait que quelques minutes, mais lui paraîtrait une éternité. Comme toujours, Il ne l’aurait même pas fécondée de sa semence et il la laisserait là, blessée, humiliée, brisée surtout dans son âme. Elle avait tant espéré tomber enceinte, pensant que cela mettrait peut-être fin à cette spirale de violence, ne serait-ce que par respect pour l’enfant à naître. Mais cela n’était jamais arrivé. Et elle en était certaine désormais : ce n’était pas elle qui était stérile, mais lui. En deux ans de mariage, Elle n’avait jamais senti le sperme de son mari couler en elle à la fin d’un rapport amoureux. Et même si cela s’était produit, le sang qui s’écoulait abondamment à la fin de chaque rapport consommé avec violence aurait de toute façon emporté avec lui l’éventuelle semence d’une nouvelle vie. Plus le temps passait, plus elle haïssait son mari. Elle aurait voulu l’éliminer de sa vie, mais comment faire ? L’abandonner ? Tout le monde l’aurait montrée du doigt comme une épouse infidèle. Le tuer ? Si elle avait été découverte, on lui aurait soit tranché la tête sur-le-champ, soit, pire encore, elle aurait passé le reste de son existence dans un cachot obscur, se nourrissant de pain moisi et buvant de l’eau croupie.

Elle entendit Alessandro pousser un profond soupir, signe qu’il avait déjà atteint son plaisir. Mais ce n’était pas fini. Elle se sentit soulevée du lit, tirée par les cheveux, puis le marquis lui asséna deux nouvelles gifles, une en plein visage et l’autre du revers de la main. Cette dernière lui causa une telle douleur qu’elle faillit perdre connaissance. Il lui fallut toute sa force d’âme pour ne pas céder et s’effondrer au sol. La main gauche de son époux était encore fermement emmêlée dans ses boucles blondes, et si elle s’était relâchée, elle aurait pu se retrouver scalpée.

« Je devrai m’absenter pendant quelques mois » elle entendit ses paroles lui parvenir aux oreilles comme étouffées. « Je dois me rendre en terres germaniques, en Bavière, où je visiterai un important monastère des Pères Dominicains. Alors, mettez la ceinture de chasteté ! Tout de suite ! Vous, les femmes, vous êtes toutes des catins. Il ne faudrait surtout pas qu’en mon absence vous ayez l’idée de coucher avec un autre homme. Je dois partir l’esprit tranquille ! Je dois me consacrer aux affaires politiques, je ne peux certainement pas être distrait par la pensée que vous pourriez vous amuser dans les bras d’un autre. »

« Je dois porter… cet instrument de torture ? »

« Oseriez-vous me désobéir ? » Et ce disant, il saisit sur la coiffeuse une épingle à cheveux acérée, qu’il porta contre la peau de son cou en la menaçant. « Si vous n’obéissez pas immédiatement, je vous égorge comme une poule ! »

Les larmes aux yeux, encore entièrement nue, Laura saisit l’objet de métal et de cuir, le serra autour de sa taille, fit passer la bande de sécurité, munie de deux petits orifices destinés à laisser s’écouler les excréments, autour de l’aine, puis elle se retourna de manière à permettre à Alessandro de le fermer à l’arrière à l’aide du cadenas prévu à cet effet.

Elle le regarda, impuissante, pendant qu’il enfilait ses chausses et rangeait la clé dans une poche intérieure. Puis, torse nu, le pourpoint jeté sur l’épaule, il quitta la pièce sans un mot. Elle n’avait même plus la force de se rhabiller. Elle se laissa tomber sur le lit et pleura longuement, jusqu’à s’endormir. Elle se réveilla après quelques heures, le corps couvert d’une sueur glacée. Elle tremblait, en partie à cause du froid, en partie à cause de la tension. Elle appela sa servante pour se faire aider. Elle avait besoin d’un long bain chaud avant de se rhabiller et d’affronter à nouveau la dure réalité.

Alessandro avait entretenu, dès son plus jeune âge, un rapport difficile avec les femmes. Il n’avait jamais connu sa mère, morte en lui donnant naissance. Son père, le marquis Pierpaolo, s’était remarié peu après, et de cette seconde union étaient nées trois filles. Comme sa belle-mère ne le considérait pas comme son propre fils et portait toute son attention à ses filles, le petit Alessandro avait peu à peu développé un profond ressentiment envers elle et ses demi-sœurs, en étendant sa haine à tout le genre féminin. À l’adolescence, il était devenu taciturne, extrêmement réservé. Il était très timide et il lui était impossible de se comporter naturellement avec les jeunes filles, contrairement à ses camarades beaucoup plus désinvoltes. Le marquis Pierpaolo s’était aperçu des difficultés de son fils et avait décidé, dès l’âge de treize ans, de l’orienter vers la carrière militaire. Mais là encore, durant l’entraînement, il avait rencontré de grandes difficultés, aussi bien dans ses rapports avec ses supérieurs, dont il ne supportait pas d’être commandé, que dans le fait qu’il était, de toute façon, très maladroit dans le maniement des armes.

« Un garçon pareil tombera dès sa première bataille », déclara le lieutenant au marquis Pierpaolo, en parlant de son fils, et il lui conseilla de le ramener à la maison sans tarder.

C’est pourtant au cours de cette période qu’Alessandro prit conscience d’un côté obscur de lui-même. À vingt ans, il n’avait encore jamais connu l’intimité charnelle, ni avec de jeunes demoiselles, ni, encore moins, avec des filles de joie. Il se rendit compte cependant que la souffrance, surtout celle des femmes, éveillait en lui des émotions troubles. Une nuit, alors qu’il rentrait au campement avec d’autres recrues après avoir bu dans une taverne, ils croisèrent une jeune fille seule sur le chemin du retour. Deux de ses compagnons, passablement ivres, jetèrent la jeune fille à terre et soulevèrent sa jupe. Puis ils se tournèrent vers lui en le provoquant : « Vas-y, elle est pour toi ! Qu’est-ce que tu attends ? Tu veux rester puceau toute ta vie ? ». Comme Alessandro hésitait, ne sachant que faire, l’un des deux ajouta à voix basse : « Si tu n’en profites pas, nous serons contraints à la tuer tout de suite. On ne peut pas se permettre qu’elle aille nous dénoncer aux autorités » Et tout en parlant, il posa ses mains autour du cou de la jeune fille toujours allongée au sol. Elle se débattait, peinait à respirer, son visage prenait une teinte violacée, ses yeux semblaient prêts à sortir de leurs orbites. Ce spectacle troubla profondément Alessandro, et il sentait son membre durcir à l’intérieur de ses chausses. Il aurait voulu intervenir pour sauver la demoiselle, mais il était resté paralysé en la regardant souffrir. Et au même instant où elle rendit son dernier souffle, il comprit que ses chausses étaient en train de se mouiller de ses humeurs. Ses deux amis saisirent le corps inerte de la jeune femme et le jetèrent par-dessus le parapet d’un pont. Le bruit sourd du corps, lorsqu’il entra en contact avec les eaux du fleuve, l’excita de nouveau, à tel point qu’il arriva au camp d’entraînement avec encore le membre en érection. Dans les jours suivants, il repensa souvent à la scène en saisissant son sexe de ses mains et en atteignant le plaisir en pensant à cette femme qui souffrait et mourait. Et dans son imagination, il aurait voulu réserver le même traitement à sa marâtre et à ses demi-sœurs, en s’excitant aussi à l’idée de leur mort violente. Il avait pleinement conscience que ses pensées, comme ses gestes, étaient empreints de péché, qu’il aurait dû aussitôt aller se confesser à un prêtre et demander pardon. Il essayait de se retenir, de penser à autre chose, mais c’était plus fort que lui. Chaque jour, il y retombait, chaque fois son imagination le faisait voyager et ainsi, souvent même plus d’une fois par jour, il atteignait son plaisir malsain.

De retour à Jesi et ayant abandonné la carrière militaire, son père lui proposa d’épouser la jeune comtesse Laura Franciolini-Baldeschi, devenue orpheline. Ce mariage, en plus de lui permettre de prétendre au titre de Capitaine du Peuple de la République de Jesi, représentait pour Alessandro l’espoir de se libérer enfin de ses pensées obscures. Il pensait qu’aimer une jeune femme douce et aimante l’en délivrerait. Mais dès la nuit de noces, il se rendit compte de son impuissance. Laura était splendide. Il aperçut ses formes dans la pénombre, juste avant qu’elle ne souffle les bougies et vienne se blottir dans ses bras. Son corps, nu, chaud, tendu de désir, l’attendait. Mais son membre...



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