Ward / Mon Autre Librairie | Herbert Ward | E-Book | www.sack.de
E-Book

E-Book, Französisch, 229 Seiten

Ward / Mon Autre Librairie Herbert Ward

Artiste et homme d'action
1. Auflage 2021
ISBN: 978-2-38371-016-5
Verlag: Mon Autre Librairie
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

Artiste et homme d'action

E-Book, Französisch, 229 Seiten

ISBN: 978-2-38371-016-5
Verlag: Mon Autre Librairie
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



Sarita Stanford (1860-1944) était la fille aînée du millionnaire anglo-américain Charles-Henry Stanford qui, après avoir fait fortune en Argentine, faillit ruiner la Barings Bank dans le krach de 1890. Elle rencontra Herbert Ward sur un paquebot faisant route vers New York. L'attirance fut immédiate et réciproque, et quelques mois plus tard, ils étaient mariés. Les 30 années qui suivirent, elle les consacra à être Madame Ward. Elle nous présente ici la biographie tendre et discrète d'un mari aimé et admiré. (Édition annoté)

Herbert Ward (1863-1919) a vécu trois vies : aventurier et explorateur en Nouvelle-Zélande et en Australie, puis membre d'une expédition de Stanley au Congo, une expérience qui le marqua à jamais. De retour en Europe il se maria et entama une carrière de conférencier, mais surtout d'artiste : peintre et sculpteur reconnu, il se fixa en France, à Paris et Rolleboise, où le rattrapa la première guerre mondiale. Malgré ses multiples obligations et la lourde charge d'une famille de cinq enfants, il se porta volontaire au sein du comité anglais de la Croix-Rouge française, qui l'envoya au front, dans les Vosges, pour participer à la récupération des blessés. Se dépensant sans compter malgré une santé de plus en plus chancelante, il finit par mourir d'épuisement, à cinquante-six ans.
Ward / Mon Autre Librairie Herbert Ward jetzt bestellen!

Weitere Infos & Material


Bornéo, 1882-1883

Ce fut à son arrivée, en novembre 1882, au port de Kudat, dans la colonie nord de Bornéo, qu’Herbert rencontra Frank Hatton, un épisode de sa vie qui orienta indirectement son avenir.

Au cours de l’été précédent, peu après son retour d’Australie, une notice lui tomba sous les yeux, un rapport concernant la British North Company, qui l’intéressa particulièrement. Un Syndicat anglais, ayant acquis des Sultans de Brunei et Sulu une portion de territoire à l’extrémité nord de l’île de Bornéo, connue sous le nom de Sabah, avait constitué une Compagnie à charte dans le but d’ouvrir et de développer cette contrée, en organisant un système complet de surveillance des côtes, et d’exploration à l’intérieur. Les bruits qui couraient sur d’importants trésors cachés dans les rivières et forêts de Bornéo, et l’alléchante perspective d’une exploration dans l’intérieur encore sauvage et inexploré du Sabah, avaient motivé cet appel. L’esprit rempli de tout ce qu’il avait ainsi appris sur ce pays plein de promesses, Herbert mit de nouveau à la voile, cette fois pour Singapour, plein d’enthousiasme pour une nouvelle aventure, ayant définitivement en vue Bornéo.

Il décrit de la sorte son arrivée à Kudat, dans une interview de Joseph Hatton,1 publiée dans l’ouvrage de ce dernier, North Bornéo.

Nous venions d’arriver le long de la jetée de Kudat. Sur la rive était une foule bigarrée d’indigènes, Chinois et Sikhs, dans leurs costumes variés, quelques-uns en un très simple attirail, car il faisait très chaud. De leur milieu se détacha un jeune homme grand et beau, qui vint à bord. Il paraissait souffrant, mais je remarquai sa silhouette nerveuse et son aspect distingué. M. Edwards me le présenta comme étant M. Frank Hatton, l’explorateur scientifique de la compagnie. J’avais déjà entendu parler de lui à Singapour, et sur le bateau. Il jouissait d’une grande réputation de courage personnel, était très populaire parmi les officiels, s’était grandement distingué dans sa façon de mener les indigènes, et sa dernière Expédition était citée comme un remarquable succès. J’étais, à cause de cela, très intéressé par lui.

Le destin avait voulu que ces deux garçons se rencontrassent. C’était par pur hasard que Frank Hatton se trouvait ce jour-là à Kudat. Il se préparait à mettre à la voile le lendemain matin pour remonter au Nord, vers la Chine et le Japon, afin de remettre sa santé après les fièvres de Bornéo. Dès le premier moment un lien de sympathie les réunit, et cette amitié, qui alla croissant depuis cette rencontre du hasard, eut une influence qui se prolongea sur le reste de la vie d’Herbert.

Bien qu’au milieu des préparatifs de son départ, Frank accompagna Herbert à terre, et le présenta à M. Treacher, le gouverneur de Sabah, qui avec une grande amabilité fit le nécessaire pour lui donner l’hospitalité à la Trésorerie. Dans les courtes vingt-quatre heures qui précédèrent le départ de Frank, Herbert fut en mesure d’obtenir de très appréciables informations et conseils touchant l’existence à l’intérieur du pays. Les deux garçons prolongèrent la conversation jusqu’au jour, et ce fut avec un sincère regret qu’ils se séparèrent, sans pouvoir prévoir le tragique incident qui quatre mois plus tard devait mettre fin à une vie qui présageait tant de promesses.

Peu après le départ de Hatton, Herbert fut engagé comme cadet par la British North Bornéo Company, et envoyé en Expédition au loin dans l’intérieur, en remontant la Kinabatangan River, jusqu’à un poste extrême, à Pinungah, une station solitaire dans une région sauvage et presque inconnue, entourée par les tribus des Dyaks, chasseurs de têtes. La saison des pluies venait juste de commencer ; les rivières, nombreuses et larges, aux courants violents, roulaient de grands volumes d’eau, et le voyage de sept cents milles en remontant en canot la Kinabatangan River, au travers de marais presque infranchissables, prit plusieurs dures semaines, du 6 décembre au 14 janvier.

Le travail à Pinungah s’accomplissait dans les conditions les plus pénibles et les plus éprouvantes, et Herbert contracta en route la malaria, qui peu à peu se développa en fièvre de la jungle, qui le mit, plus tard, à deux doigts de la mort.

Les seuls souvenirs que j’aie pu retrouver de cette Expédition consistent en quelques vagues feuillets détachés, et en un vieux carnet de notes, rongé et tout aplati, sur lequel il griffonnait au crayon (aujourd’hui pâli et presque illisible) un bref rapport de la routine de ces mois de travail et de fièvres. Ce bref mémorandum, s’il dit peu de choses de la contrée et de ses habitants, et parle même moins encore du danger des crocodiles et des serpents pythons, et des soucis exaspérants des sangsues s’attaquant aux chevaux, des piqûres d’insectes et de fourmis, est le témoignage d’une extraordinaire force de volonté et de persévérance chez un homme si jeune. Il était là un garçon tout seul au milieu des indigènes et des Chinois, sans une distraction quelconque pendant des mois, secoué de frissons et de fièvre, sans la consolation d’aucun commerce intellectuel, souvent en danger, tenant sa vie dans ses mains, et pourtant chaque jour, il écrivait quelques lignes.

Dans ces premières notes au crayon, qui sont des séries de brèves esquisses, on a le portrait de cet énergique garçon anglais, de dix-neuf ans, commandant son étrange petite flottille composée d’un large « gobang » de Bornéo, de deux petites pirogues, d’un canot Rob-Roy, monté par un équipage mélangé de Sooloos et de Malais, partant au loin pour une région inconnue, plein de vigueur et d’enthousiasme. On le voit plus tard, atteint, dans l’espace d’une semaine, par la fièvre intermittente des marais, et s’entêtant à aller toujours de l’avant. Nous le voyons, jeune et imprudent, dès qu’il peut se redresser de sa couche, plonger pour une baignade dans le courant impétueux pour se retrouver tout bonnement couché de nouveau avec la fièvre, le lendemain.

Malgré cette première attaque de fièvre, il tint bon jusqu’à l’arrivée à Malapi, le premier établissement sur le fleuve, qu’il n’atteignit qu’avec de grandes difficultés à cause de la vitesse des courants. Après un court repos, le voici de nouveau en marche, bravant la lourde chaleur des marais, les pénétrantes pluies tropicales et le danger des rapides du fleuve.

Qu’il sut réagir prestement, le petit journal en témoigne.

Il écrit par exemple :

18 décembre. – Un petit peu mieux aujourd’hui. Rechargé le « gobang ». Il y a près d’ici les cavernes de Gomanton, où l’on trouve des nids d’oiseaux comestibles.

Grandes difficultés ces trois derniers jours, courant très fort, obligé de faire souvent halte pour laisser reposer les hommes. Forêts interminables jusqu’à ce que nous ayons atteint Seebongan, un petit campement de huit ou dix huttes complètement isolé.

Ni oiseaux, ni papillons. Aperçu seulement une fois quelques petits singes.

Me sentant mieux, j’ai fait une pleine eau. Aplati le nez d’un homme de l’équipage, avec gants de boxe.

Noël, et l’anniversaire de son jour de naissance le trouvèrent encore à bord. « Démarré et en route à l’aube », c’est la note de chaque jour.

Il écrit :

Noël. Il fait sombre. Il pleut. Le décor est plus intéressant. De nombreux singes se balancent et font du sport sur les branches d’arbres, poussant des cris perçants. Les eaux ayant baissé, on avance plus facilement, rencontré en général le reflux. Nous faisons environ trente milles en moyenne. Fièvre et mal de reins. J’envie la santé de ces diables noirs, qui bavardent, pagaient et chantent.

Noël dernier, j’étais au large du cap Horn, dans la neige et la glace. Quel bon temps ont les gens, en ce jour, dans notre vieux monde !

26 décembre. – Boxing day. Répétition de la journée d’hier. Trombes de pluie cette nuit et tout le jour. Juré plus aujourd’hui que depuis longtemps (ça ne sert à rien, mais je ne puis m’en empêcher). Courant très fort, avons presque chaviré, avons avancé seulement de six milles environ, travaillé dur.

Pris d’un retour de fièvre, il écrit étant à Imbok, où il a dû faire halte pour attendre du renfort, plusieurs de ses hommes ayant déserté :

J’ai essayé de faire une promenade, mais ça ne va pas fort. Envoyé Kasedin en avant avec mon canot.

À midi, douze Sulus arrivent et nous renforcent. J’apprends qu’il y a des tigres sur les collines, beaucoup de gros gibier. On raconte des histoires d’orang-outang et d’hommes mis en pièces ; des crocodiles sont aussi à craindre par ici.

Le jour de son anniversaire, peu de temps avant d’arriver à Pinungah, il écrit :

11 janvier. – Mon jour de naissance (20). Belle matinée. Des renforts arrivent de Pinungah, conduits par Hassan, avec deux mata-matas (agents de police, traduction littérale « tous yeux ») au service de la Compagnie et douze Malais.

Il écrit plus tard :

Journée fleurie de surprises, rochers énormes avec des courants rapides, repêché Kasedin avec mon canot, deux cordes rompues, à deux doigts de chavirer.

De son travail à Pinungah, endroit qu’il décrit comme « vallonné et pittoresque, situé sur un rocher d’où l’on a une belle vue », il dit peu de choses, bien qu’il note avec une certaine fierté :

Journée affairée. Jour de paie. Je commence à me considérer comme un homme...



Ihre Fragen, Wünsche oder Anmerkungen
Vorname*
Nachname*
Ihre E-Mail-Adresse*
Kundennr.
Ihre Nachricht*
Lediglich mit * gekennzeichnete Felder sind Pflichtfelder.
Wenn Sie die im Kontaktformular eingegebenen Daten durch Klick auf den nachfolgenden Button übersenden, erklären Sie sich damit einverstanden, dass wir Ihr Angaben für die Beantwortung Ihrer Anfrage verwenden. Selbstverständlich werden Ihre Daten vertraulich behandelt und nicht an Dritte weitergegeben. Sie können der Verwendung Ihrer Daten jederzeit widersprechen. Das Datenhandling bei Sack Fachmedien erklären wir Ihnen in unserer Datenschutzerklärung.