E-Book, Französisch, 240 Seiten
MALIKA Pour tourner à gauche, prenez à gauche !
1. Auflage 2017
ISBN: 978-2-322-11718-5
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Aimer est un art...
E-Book, Französisch, 240 Seiten
ISBN: 978-2-322-11718-5
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Malika est l'auteure de nombreux romans répartis en deux collections distinctes : "Love is an equation" (Des Désirs et des Ailes) et "Love is the Solution" (Marie et Anne s'aiment; Pour tourner à gauche; prenez à gauche !; Line Code ou l'étrange guide des relations amoureuses). Elle est également l'auteure de quelques romans jeunesse. Relations amoureuses, amour-propre, développement personnel, humour, vérité, foi, espoir et joie sont les maîtres mots de ses oeuvres à vocation et au service de l'Amour dans son sens le plus général et surtout le plus Universel. Coach en développement personnel, scientifique et spirituelle, Malika offre des livres à son image, pleins d'énergie et de foi en nous-mêmes. "Love is THE solution" : voilà sa devise.
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Chapitre 2 : L'essence interdite
Malgré tout, dans les starting-blocks d’un départ imminent, ou pas, je sentais étrangement comme une envie de dépasser mes peurs, en profitant des lieux. Pourquoi pas même, me réconcilier avec la capitale, ne serait-ce que l’espace d’une journée. Étais-je en train de subir un test ? Était-ce l’épreuve qui conduit à la complétude ? Ce qui relevait du challenge pour moi était visiblement une routine pour d’autres, puisque je ne pouvais que constater leur motivation à sortir de bon matin. Ou alors les gens avaient regardé la météo après avoir dévoré le journal ? Allez savoir… Toujours est-il, qu’à seulement neuf heures du matin, les terrasses des cafés se remplissaient déjà allègrement.
« Ça promet ! »
L’avantage de bien connaître le coin, c’était de savoir que les places extérieures y étaient très chères, surtout dès qu’un rayon de soleil venait réchauffer les quelques chaises vides. J’en pris bien entendu une d’assaut, avant de m’installer au bord du trottoir, là où la vue était plus dégagée qu'ailleurs. En face de moi, une place pavée, une fontaine, un arbre et beaucoup de passants. Tout ce que j’aime…
Contempler ce simple décor me détendit instantanément. Je savourais chaque seconde, jusqu’à la trois-centième, où je finis par me déconnecter complètement de ma réalité, comme si j’avais atterri sur un petit nuage. Je regardais les gens passer, je réfléchissais à l’état de ma vie un an plus tôt, cette fameuse période où je ne savais plus où j’en étais. Mon sombre passé me paraissait lointain, tandis que mon présent me laissait croire que j’avais suivi le rythme des animaux, que j’avais hiberné à mon tour, trouvant alors la chaleur vitale et protectrice au plus profond de mon être intérieur, coupé de tout et surtout, de tout le monde. Ce que je ressentais était merveilleux. « Après la pluie, vient le beau temps », dit le proverbe. Mais encore faut-il aller le chercher, comme les oiseaux migrateurs, ajouterais-je.
Noyée dans mes pensées, je fus prise d’un sursaut à l’approche du serveur. Si j’imagine aisément que la grimace que je lui offris aurait pu faire vomir un rat, le garçon de café ne paraissait pas plus à l’aise que moi. Un peu gênée par mon brutal atterrissage depuis mon voyage hors du temps, la situation pourtant banale me fit définitivement perdre tous mes mots ! Ne trouvant rien de mieux à faire, nous nous sommes regardés, avant d’exploser de rire.
Jamais je ne saurai expliquer ce qui s’était passé à ce moment précis, si ce n’est qu’il y a des matins, comme celui-ci, où le simple fait de commander un verre relève du défi. Surtout quand on sait qu'un rat est incapable de vomir...
Et pourtant, je n’étais pas au bout de mes surprises. Outre ce moment d’hilarité, je me sentais étrangement mal, un peu comme si des choses se tramaient dans mon dos, ou que j’étais observée, épiée. Était-ce à cause des quelques personnes qui discutaient derrière moi ? Était-ce à cause de leurs éclats de rire ? Je n’osais pas tourner la tête et encore moins me retourner, de peur de découvrir des visages connus, des visages que j’avais fui pendant des mois. Et si c’était la bande à Karen ?
Les secondes défilaient et je restais murée dans mon mutisme, tandis que le serveur attendait toujours mon verdict. Les lèvres tremblantes, c’est tant bien que mal que je parvins à demander un café. Sans bouger la tête, cela va de soi.
Certaine qu’une présence me gênait, me troublait même, ce que j’éprouvais n’était pas de la crainte, mais plutôt une appréhension à l’idée de me retourner. Qui m'observait ? Et où se trouvait cette personne ? Dieu seul le savait. Lorsque le serveur revint, je fis mine que tout allait bien, même si je compris à son visage qu’il avait décelé mon anxiété persistante. Ce qu’en outre je n’avais pas remarqué avant qu’il ne porte le regard sur elle, c’était une jeune femme absolument sublime, que j’aurais volontiers désignée comme étant la plus belle créature de l’Univers. Installée à quelques mètres de moi, plus précisément à la table d’à côté, elle dégageait une aura si puissante qu’elle ne pouvait qu'être la personne à l’origine de mes tremblements, et de mon stress grandissant. Jamais je n’avais connu un tel état. J’étais sûre de moi, certaine même, que c’était cette inconnue et personne d’autre qui éveillait subitement tous mes sens. Pourquoi m’intimidait-elle en même temps qu’elle m’attirait d’une façon phénoménale ? Mystère… La chaleur envahissant mon corps, mes glandes sudorales entamèrent instantanément un urgent processus de régulation.
Sa beauté éblouissante était à mes yeux inégalable et inégalée jusque-là, même au cinéma. Je me demandais même si Dieu ne l’avait pas dessinée de sa propre main, prenant volontairement le meilleur de toutes choses pour faire d’elle la perfection suprême. Il se serait alors bien fait plaisir ! Étais-je la seule à l’avoir remarquée, ou alors est-ce que cette découverte m’était exclusivement destinée et réservée ? Je balayais la terrasse du regard, égoïstement ravie de constater que personne ne semblait prêter attention à cette créature splendide, magnifique, sublime… C’était exactement comme avec le panneau. Chacun vaquait à ses occupations, sans même remarquer que l’extraordinaire se manifestait sous leurs yeux. Ah Paris ! En attendant, pourquoi et comment avait-elle animé tous mes sens, avant même que je ne la voie ? Avait-elle des pouvoirs surnaturels ? Mon Dieu ! Sur quelle planète avais-je encore atterri ! Lorsque mon regard croisa le sien, je voulus rester discrète, en vain. Pire même. Non seulement elle m’avait vue la fixer, mais un fou rire nerveux m’avait dominée, avant que je ne passe du rouge au vert. Vous me direz, il s'agissait au moins de couleurs complémentaires…
Encore plus stressée que je ne l’étais quelques secondes auparavant, je me sentais par-dessus tout stupide, ridicule d’avoir ri ainsi, pour rien. En toute objectivité, je me demandais si je ne rêvais pas. Une réalité pareille ne pouvait exister, à moins d’avoir été transportée dans une autre dimension. Comment et pourquoi ressentais-je ces sentiments étranges face à une inconnue ? Comment était-ce possible qu’elle me trouble, avant même que je ne la voie ? Qui était cette femme ? Concentrée sur son ordinateur, elle relevait la tête par intermittence, pour observer les passants. Une activité que nous avions visiblement en commun. Ou alors, elle attendait quelqu'un ? Intervint mon cerveau gauche.
Je respirais profondément dans le but de calmer mes émotions, devenues inlassablement gênantes, quand l’incroyable se produisit. Sentant son regard sur moi, j’osai enfin tourner la tête pour l’affronter de face, lorsque son éblouissante beauté eut raison de moi. Si elle était souriante, ma bouche, elle, se crispa, et mon cœur palpita à un rythme effréné. En réalité, j’étais subjuguée, comme jamais je ne l’avais été auparavant. Son profond regard était d’un marron très clair, tandis que le simple mouvement de ses lèvres, naturellement colorées, m’avait laissée entrevoir des dents aussi parfaitement blanches qu’alignées. Son charme m’ayant coupé le souffle, je restais figée. Imaginant aisément ma tête d’ahurie, je me sentis d’autant plus bête qu’elle me fixait, et que je craignais de l’agacer. Après une lutte sévère contre mes émotions, je parvins après quelques secondes d’horreur à détourner mon regard, certainement devenu insistant et lourd.
« Excusez-moi, j’étais pensive, m’étais-je justifiée avant de me retourner.
- Ne soyez pas gênée. »
Sa voix, si douce, si agréable, n’avait fait qu’amplifier mon...




