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E-Book, Französisch, 166 Seiten

Figuier Cagliostro : prodiges et sortilèges

Une enquête sur la figure controversée de l'aventurier, escroc et thaumaturge italien du XIIIe siècle
1. Auflage 2022
ISBN: 978-2-322-44934-7
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

Une enquête sur la figure controversée de l'aventurier, escroc et thaumaturge italien du XIIIe siècle

E-Book, Französisch, 166 Seiten

ISBN: 978-2-322-44934-7
Verlag: BoD - Books on Demand
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Joseph Balsamo, dit comte de Cagliostro, né à Palerme (Sicile, Italie) le 2 juin 1743 et mort à San Léo le 26 août 1795, est un grand personnage énigmatique du xviiie siècle. Il a emprunté durant sa vie de nombreux pseudonymes, notamment des titres de noblesse illégitimes. Sa vie obscure, ses origines mystérieuses, ses agissements douteux d'aventurier ont laissé place à un mythe autour de sa vie, cultivé par de grands auteurs à travers leurs oeuvres.

Joseph Balsamo, dit comte de Cagliostro, né à Palerme (Sicile, Italie) le 2 juin 1743 et mort à San Léo le 26 août 1795, est un grand personnage énigmatique du xviiie siècle. Il a emprunté durant sa vie de nombreux pseudonymes, notamment des titres de noblesse illégitimes. Sa vie obscure, ses origines mystérieuses, ses agissements douteux d'aventurier ont laissé place à un mythe autour de sa vie, cultivé par de grands auteurs à travers leurs oeuvres.

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CHAPITRE II
CAGLIOSTRO À BORDEAUX — SON ARRIVÉE À PARIS — PRODIGES QU’IL Y ACCOMPLIT — LE BANQUET D’OUTRETOMBE DE LA RUE SAINT-CLAUDE — MIRACLES DE LORENZA, LA GRANDE MAÎTRESSE — LE SOUPER DES TRENTE-SIX ADEPTES — LA GUÉRISON MIRACULEUSE DU PRINCE DE SOUBISE PAR CAGLIOSTRO — ENTHOUSIASME DE LA CAPITALE POUR LE NOUVEAU THAUMATURGE Cagliostro entra à Bordeaux le 8 novembre 1783. Il assure que l’affluence des malades fut si grande, qu’il dut « avoir recours aux Jurats pour obtenir des soldats à l’effet d’entretenir l’ordre dans sa maison. » Cette précaution, qui pouvait n’être qu’une manœuvre de son charlatanisme, ne doit pourtant pas empêcher de croire aux effets puissants qu’il produisit dans cette ville. Nous savons d’ailleurs, et c’est un fait constant, que le P. Hervier, ce magnétiseur si plein de facultés, ayant osé lutter de puissance fluidique avec lui, fut publiquement terrassé, et reçut, à cette occasion, de toute la société mesmérienne, le blâme que méritait son imprudence. Ici le mémoire de Cagliostro va nous donner son itinéraire, et nous apprendre aussi qu’en tous lieux sa gloire était mêlée de quelque amertume : « … Le genre de persécutions qui m’avait éloigné de Strasbourg, m’ayant suivi à Bordeaux, je pris le parti, après onze mois de séjour, de m’en aller à Lyon dans les derniers jours d’octobre 1784 ; je ne restai que trois mois dans cette dernière ville, et je partis pour Paris, où j’arrivai le 30 janvier 1785. Je descendis dans un des hôtels garnis du Palais-Royal ; et, peu de temps après, j’allai habiter une maison rue Saint-Claude, près du boulevard. « Mon premier soin fut de déclarer à toutes les personnes de ma connaissance que mon intention était de vivre tranquille, et que je ne voulais plus m’occuper de médecine ; j’ai tenu ma parole et me suis refusé absolument à toutes les sollicitations qui m’ont été faites à cet égard4. » On ne voit pas, en effet, Cagliostro signaler par beaucoup de guérisons son séjour dans la capitale, qui, pourvue alors d’une Société de l’harmonie, de plusieurs cliniques mesmériennes, desloniennes, juméliennes, etc., d’arbres magnétisés dans les jardins et les promenades, et de plusieurs milliers de baquets à domicile, n’eût vraiment eu que faire d’un nouveau dispensateur du fluide vital. Il se retourna donc vers un autre genre d’opérations plus étonnantes que les cures magnétiques, dans lesquelles Paris commençait à ne plus rien voir de surnaturel. Les phénomènes qu’il produisit furent de ceux qui échappent à la compétence et à la discussion des corps académiques, mais qui n’en frappent que plus fortement les esprits, et dont nous avons déjà vu quelques préliminaires à Strasbourg, dans la séance des colombes. Il étonna par l’évocation des ombres, c’est-à-dire en faisant apparaître, à la volonté des curieux, dans un miroir ou dans une carafe pleine d’eau, des personnages morts ou vivants. Cagliostro, à Paris, ne voulut être que thaumaturge, et il fit, en cette qualité, d’assez grands miracles ou d’assez grands tours, pour éclipser un moment toute autre célébrité contemporaine. Dans le peuple, dans la bourgeoisie, chez les grands et surtout à la cour, l’admiration alla pour lui jusqu’au fanatisme. On ne l’appelait que le divin Cagliostro. Son portrait était partout, sur les tabatières, sur les bagues et jusque sur les éventails des femmes. On posait sur les murailles des affiches où l’on rappelait que Louis XVI avait déclaré coupable de lèse-majesté quiconque ferait injure à Cagliostro. Tout le monde voulait être témoin de ses merveilles, et ceux qui ne pouvaient les voir se les faisaient narrer avec détail, et ne se lassaient pas d’en écouter le récit. On racontait qu’à Versailles, devant quelques grands seigneurs, il avait fait paraître, dans des miroirs, sous des cloches de verre et dans des carafes, non pas seulement l’image de personnes absentes, mais ces personnes mêmes, des spectres animés et se mouvant, et même plusieurs morts qu’on lui avait désignés. Ces évocations de morts illustres étaient le spectacle ordinaire qu’il donnait à ses convives dans des soupers qui faisaient grand bruit dans Paris, à cette époque où Diderot, d’Alembert et plusieurs autres célèbres encyclopédistes n’existant plus, la marmite des soupers philosophiques était renversée. L’auteur des Mémoires authentiques pour servir à l’histoire de Cagliostro a fort heureusement décrit une de ces scènes où des encyclopédistes passés à l’état d’ombres, viennent jouer leurs rôles. « … Le grand thaumaturge avait annoncé que dans un souper intime, composé de six convives, il évoquerait les morts qu’on lui désignerait, et qu’ils viendraient s’asseoir au banquet, la table devant avoir six couverts. « Le souper eut lieu rue Saint-Claude, où demeurait Cagliostro, et à l’insu de Lorenza. « À minuit, on se trouva au complet. Une table ronde, de douze couverts fut servie avec un luxe inouï, dans une salle où tout était en harmonie avec l’opération cabalistique qui devait avoir lieu. Les six convives, et Cagliostro septième, prirent place. On devait donc être treize à table ! Le souper servi, les domestiques furent renvoyés, avec menace d’être tués roide, s’ils tentaient d’ouvrir les portes avant d’être rappelés. Ceci était renouvelé des soupers du Régent. « Chaque convive demanda le mort qu’il désirait revoir, Cagliostro prit les noms, les plaça dans la poche de sa veste glacée d’or, et annonça que, sans autre préparation qu’un simple appel de sa part, les esprits évoqués allaient venir de l’autre monde en chair et en os ; car, suivant le dogme égyptien, il n’y avait point de morts. Ces convives d’outre-tombe, demandés et attendus avec une émotion croissante, étaient : Le duc de Choiseul, Voltaire, d’Alembert, Diderot, l’abbé de Voisenon et Montesquieu. On pouvait se trouver en plus sotte compagnie. « Les noms furent prononcés à haute voix, lentement et avec toute la puissance de volonté dont était doué Cagliostro. Il y eut un moment affreux et plus terrible que l’apparition même, ce fut le moment de l’incertitude, mais ce ne fut qu’un moment. Les six convives évoqués apparurent et vinrent prendre place au souper avec toute la courtoisie qui les caractérisait. Quand les invités vivants eurent un peu repris leur respiration, on se hasarda à questionner les morts. « Ici nous laisserons parler l’historiographe de ce prodigieux souper. « La première question fut : Comment l’on se trouvait dans l’autre monde ? « Il n’y a point d’autre monde, » répondit d’Alembert. « La mort n’est qu’une cessation des maux qui nous ont tourmentés. On n’a nulle espèce de plaisir, mais aussi on ne connaît aucune peine. Je n’ai pas trouvé Mlle Lespinasse, mais aussi n’ai-je pas vu Linguet. On est fort sincère. Quelques morts qui sont venus nous rejoindre, m’ont assuré que j’étais presque oublié. Je m’en suis consolé. Les hommes ne valent pas la peine qu’on s’en occupe. Je ne les ai jamais aimés, maintenant je les méprise. « — Qu’avez-vous fait de votre savoir, » demanda M. de… à Diderot ? — « Je n’ai pas été savant, comme on l’a cru, répondit-il ; ma mémoire me traçait ce que j’avais lu, et, lorsque j’écrivais, je prenais de côté et d’autre. De là vient le décousu de mes livres, qu’on ne connaîtra pas dans cinquante ans. L’Encyclopédie, dont on m’a fait honneur, ne m’appartient pas. Le métier d’un rédacteur est de mettre de l’ordre dans le choix des matières. L’homme qui a montré le plus de talent à l’occasion de l’Encyclopédie est celui qui en a fait la table, et personne ne songe à lui en faire honneur. « — J’ai beaucoup loué cette entreprise, dit Voltaire,...



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