Lars | L'Élégance de Bitcoin | E-Book | www.sack.de
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E-Book, Französisch, 420 Seiten

Lars L'Élégance de Bitcoin

Histoire, Enjeux et Principes
1. Auflage 2024
ISBN: 978-9916-7-2363-0
Verlag: Konsensus Network
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

Histoire, Enjeux et Principes

E-Book, Französisch, 420 Seiten

ISBN: 978-9916-7-2363-0
Verlag: Konsensus Network
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Bitcoin est un mode?le novateur de monnaie nume?rique de?centralise?e, dont l'existence vient bousculer l'ordre e?tabli en proposant une alternative audacieuse au syste?me bancaire classique. Depuis son e?nigmatique conception par Satoshi Nakamoto en 2008, Bitcoin a connu une croissance fulgurante qui a marque? les esprits. Il a de?chai?ne? toutes les passions, de l'enthousiasme de?mesure? de ses promoteurs au rejet e?pidermique de ses de?tracteurs. Plongez dans cet ouvrage captivant ou? l'auteur propose un point de vue re?aliste et pragmatique sur Bitcoin. Vous de?couvrirez sa fantastique histoire, ainsi que les principes e?conomiques, ide?ologiques et techniques qui ont assure? sa survie dans un environnement hostile. Vous en ressortirez avec une compre?hension de Bitcoin susceptible de transformer votre vision du monde. A PROPOS DE L'AUTEUR Ludovic est re?dacteur et formateur dans le monde de la cryptomonnaie. Sa de?couverte de Bitcoin en 2013 l'a progressivement conduit a? reconnai?tre le formidable potentiel de libe?ration apporte? par cet outil. Il se consacre depuis 2018 a? en de?crire le fonctionnement de la fac?on la plus fide?le possible.

Liberté, propriété, prospérité. Passionné de cryptomonnaie, focalisé sur Bitcoin : #BTC, #BCH ?, #XMR ?. Auteur de L'Élégance de Bitcoin.
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Une croissance conflictuelle


Après un début unifié autour de la figure de Satoshi Nakamoto entre 2009 et 2011, la communauté de Bitcoin s’est rapidement organisée sans sa médiation, de manière décentralisée. Gavin Andresen avait bien été nommé responsable du projet, mais il n’avait pas l’autorité morale suffisante pour imposer une vision claire de Bitcoin aux autres et préférait la conciliation. De ce fait, la communauté s’est retrouvée en proie à de multiples conflits internes, qui ont progressivement gagné en intensité avec l’afflux des nouveaux arrivants lors des différentes vagues spéculatives. La querelle entre les développeurs à propos de début 2012 n’était ainsi que la préfiguration de divisions bien plus profondes.

Quatre évolutions majeures ont affecté l’écosystème de Bitcoin au cours de son histoire et ont mené à la création de clivages majeurs au sein de la communauté. Ces évolutions ont été : la financiarisation de l’économie, caractérisée par le développement des intermédiaires de confiance ; l’atteinte de la limite de capacité transactionnelle de la chaîne de blocs, ayant mis en évidence le manque de scalabilité du système (et donné lieu à la célèbre « guerre des blocs ») ; l’essor des cryptomonnaies alternatives, accueilli de façons très diverses par les utilisateurs de Bitcoin ; et l’intégration institutionnelle réalisée par les instances étatiques, posant la question du rapport à entretenir avec l’autorité.

Bitcoin a ainsi connu une croissance conflictuelle qui a forgé ce qu’il est devenu et la perception que nous en avons aujourd’hui. C’est pourquoi nous nous concentrerons sur ces quatre clivages dans ce chapitre.

La financiarisation


La financiarisation de Bitcoin se caractérise par une professionnalisation de l’activité d’échange entre le bitcoin et les monnaies étatiques, ce qu’on appelle formellement le change, et l’arrivée des acteurs traditionnels dans l’écosystème. Elle s’accompagne d’une croissance du prix sans précédent, d’une plus grande liquidité du marché, mais aussi d’un resserrement des contraintes réglementaires et d’une mutation du discours dominant au sein de la communauté.

Le besoin de disposer de services de change se fait ressentir très rapidement. En effet, de manière générale les gens possèdent, gagnent et dépensent de la monnaie fiat comme du dollar ou de l’euro, et non du bitcoin. Ainsi, même si Bitcoin est un système théoriquement indépendant du système traditionnel, il est essentiel qu’il existe des passerelles entre les deux univers, au moins de manière temporaire.

À partir de l’année 2011, on assiste de ce fait à un essor sans précédent des places de marché, des bourses en ligne traitant de manière automatisée les ordres d’achat et de vente des clients. C’est en particulier le cas de la plateforme Mt. Gox qui, malgré des débuts houleux, devient rapidement une véritable plaque tournante de la conversion entre bitcoins et dollars, recueillant un volume journalier d’au moins 200 000 $ et dépassant parfois le million de dollars. D’autres plateformes émergent comme Bitstamp, Bitcoin-Central, TradeHill ou BTC-e, mais elles ne parviennent pas à concurrencer Mt. Gox qui continuera de représenter 90 % du volume total échangé sur le marché durant le reste de son existence.

Outre les plateformes où la négociation se fait « au comptant » (les actifs réels sont échangés), on voit aussi apparaître des plateformes de trading sur marge qui permettent de négocier des contrats et ainsi de recourir à l’effet de levier () et de faire de la vente à découvert (). La première d’entre elles est Bitcoinica, qui connaît une existence tumultueuse entre septembre 2011 et mai 2012, avant d’être remplacée par la plateforme Bitfinex, qui prend la relève en octobre 2012.

En parallèle se développe un service nommé BitInstant aux États-Unis, cofondé en juin 2011 par Gareth Nelson et Charlie Shrem, dont le rôle est de faciliter les transferts vers et depuis les plateformes de change. L’entreprise sert d’intermédiaire entre les clients et les plateformes et permet de rendre les dépôts (et les retraits) instantanés moyennant une commission. Charlie Shrem, jeune New-Yorkais d’origine juive syrienne, assure le rôle de PDG et devient rapidement la figure principale de l’entreprise, bien que d’autres personnes soient impliquées dans le projet comme Roger Ver et Erik Voorhees. Dès le début de l’année 2012, BitInstant propose diverses méthodes de transfert d’argent (Liberty Reserve, Dwolla, Paxum, dépôts d’espèces, ) pour interagir avec les principales plateformes de l’écosystème, dont notamment Mt. Gox qui est basée au Japon. En avril 2013, l’activité de BitInstant finira par représenter environ 30 % du volume total échangé sur les plateformes de change1.

Mais les places de marché ne sont pas les seules à fleurir. Premièrement, on constate un développement des applications dépositaires, qui permettent d’envoyer et de recevoir facilement des bitcoins sans devoir en gérer la détention soi-même, dont MyBitcoin était le précurseur entre 2010 et 2011. C’est le cas de Coinbase, fondé en mai 2012 par Brian Armstrong et Fred Ehrsam, qui se développe initialement comme un « portefeuille Bitcoin hébergé2 ». Coinbase intégrera progressivement les fonctionnalités d’une plateforme de change classique au fil des années.

Deuxièmement, on voit apparaître des processeurs de paiements qui donnent aux commerçants la possibilité de recevoir des bitcoins et de les revendre instantanément pour échapper à la volatilité. L’exemple par excellence de ce type de service est BitPay, un processeur de paiement fondé en mai 2011 par Tony Gallippi et Stephen Pair qui deviendra rapidement la solution de facilité pour de nombreux commerçants.

Troisièmement, les services de change de particulier à particulier se multiplient également. Ceux-ci permettent à deux individus d’échanger du bitcoin via divers moyens de paiement, dont notamment l’échange en personne contre des espèces. La plus connue est la plateforme LocalBitcoins, qui est fondée en juin 2012 par Jeremias Kangas et qui inspirera les autres plateformes du même type. Dans le même esprit, il existe également les marchés de gré à gré () par lesquels les plus fortunés peuvent procéder à des échanges importants entre eux, en privé, sans affecter instantanément le cours sur les places de marché.

Ainsi, l’offre de services financiers se développe considérablement entre 2012 et 2013. Cela s’explique par une forte demande de la part des clients de plus en plus désireux de se procurer du bitcoin. Cette demande s’illustre par l’apparition de la cryptomonnaie dans la culture populaire, réellement inaugurée par l’épisode de diffusé le 15 janvier 2012 aux États-Unis qui est consacré entièrement à Bitcoin3.

En particulier, l’intérêt des acteurs du monde financier traditionnel fait la différence. On assiste en effet à la venue d’investisseurs très fortunés qui s’intéressent au bitcoin, en raison de son offre limitée (la fameuse limite des 21 millions) et par son potentiel technologiquement disruptif. Ils placent leur argent non seulement dans le bitcoin, mais aussi dans les entreprises de l’écosystème.

C’est d’abord le cas de Barry Silbert, un afficionado de Wall Street ayant fait fortune grâce à SecondMarket, une société facilitant la négociation d’actifs sur le marché secondaire. Il s’intéresse au bitcoin en 2012 et en achète pour des centaines de milliers de dollars. Il sera à l’origine de la création de Grayscale Investments en 2013 et du Digital Currency Group en 2015.

C’est aussi le cas des frères Tyler et Cameron Winklevoss, qui sont connus pour leur différend avec Mark Zuckerberg concernant la création de Facebook et pour avoir été dédommagés de 65 millions de dollars dans cette affaire. Les jumeaux apprennent l’existence de Bitcoin en août 2012 par le biais de David Azar, un associé de Charlie Shrem. Puis ils rencontrent ce dernier, qui les convainc d’investir dans le bitcoin. Ils finissent également par investir dans sa société BitInstant en mai 2013. Ils seront plus tard à l’origine de la plateforme de change Gemini.

On peut enfin citer l’entrepreneur et philanthrope argentin Wences Casares, qui achète du bitcoin en février 2013. Il fondera sa propre société dans le milieu, Xapo, qui est aujourd’hui l’un des plus importants dépositaires de bitcoin au monde pour les particuliers.

Cette financiarisation apporte ainsi un afflux considérable d’argent, mais elle s’accompagne aussi d’un changement de discours. Grâce à sa politique monétaire fixe, le bitcoin est désormais de plus en plus perçu comme un investissement, comme un actif apportant un profit dû à la croissance de son économie. De ce fait, on le voit de moins en moins comme une monnaie permettant d’échanger de la valeur entre particuliers sans l’intervention des banques ou des États.

Contrairement aux cypherpunks et aux libertariens, les nouveaux investisseurs ne sont en effet pas vraiment des...



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