Pergaud | La guerre des boutons | E-Book | www.sack.de
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E-Book, Französisch, 186 Seiten

Pergaud La guerre des boutons

le célèbre roman adapté au cinéma
1. Auflage 2022
ISBN: 978-2-322-43517-3
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

le célèbre roman adapté au cinéma

E-Book, Französisch, 186 Seiten

ISBN: 978-2-322-43517-3
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



RÉSUMÉ : "La guerre des boutons" de Louis Pergaud est un roman qui plonge le lecteur dans l'univers rural de la France du début du XXe siècle. L'intrigue tourne autour de la rivalité entre deux bandes de garçons issus de villages voisins, Longeverne et Velran. Ces jeunes garçons, animés par un esprit de compétition et de bravade, s'affrontent dans des batailles où les boutons de vêtements deviennent les trophées de guerre. Au-delà de ces affrontements puérils, le récit explore des thèmes profonds tels que l'innocence de l'enfance, le passage à l'âge adulte et les dynamiques sociales des petites communautés rurales. Pergaud, avec une plume à la fois humoristique et critique, dépeint les moeurs et les coutumes de l'époque, tout en offrant une réflexion sur la nature humaine et la société. Le roman, bien que léger en apparence, soulève des questions sur la guerre, l'autorité et la solidarité. L'authenticité des dialogues et la vivacité des descriptions font de "La guerre des boutons" une oeuvre intemporelle qui continue de résonner auprès des lecteurs contemporains. Le livre a connu plusieurs adaptations cinématographiques, témoignant de son impact durable et de sa capacité à captiver des générations entières. L'AUTEUR : Louis Pergaud, né le 22 janvier 1882 à Belmont, dans le Doubs, est un écrivain français reconnu pour ses oeuvres qui capturent l'essence de la vie rurale en France. Fils d'instituteur, il grandit dans un environnement qui valorise l'éducation et la littérature. Après des études à l'École normale de Besançon, il devient lui-même instituteur, une profession qu'il exercera dans plusieurs villages de l'Est de la France. Cette expérience nourrit son écriture, lui offrant un regard intime sur les communautés rurales qu'il dépeint dans ses oeuvres. En 1910, il publie "De Goupil à Margot", un recueil de nouvelles qui lui vaut le Prix Goncourt. "La guerre des boutons", publié en 1912, est sans doute son oeuvre la plus célèbre, traduisant avec humour et sensibilité les rivalités enfantines. La Première Guerre mondiale interrompt brutalement sa carrière littéraire. Mobilisé en 1914, Pergaud meurt au front le 8 avril 1915, lors de la bataille d'Argonne. Son héritage littéraire perdure, et ses oeuvres continuent d'être étudiées et appréciées pour leur authenticité et leur profondeur.

Louis Pergaud est un écrivain français né le 22 janvier 1882 à Belmont (Doubs) et mort pour la France le 8 avril 1915 à Fresnes-en-Woëvre (Meuse). Il est notamment l'auteur de De Goupil à Margot, prix Goncourt 1910, et de La Guerre des boutons, paru en 1912.
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CHAPITRE PREMIER


La déclaration de guerre


– Attends-moi, Grangibus ! héla Boulot, ses livres et ses cahiers sous le bras.

– Grouille-toi, alors, j’ai pas le temps de cotainer, moi !

– Y a du neuf ?

– Ça se pourrait !

– Quoi ?

– Viens toujours !

Et Boulot ayant rejoint les deux Gibus, ses camarades de classe, tous trois continuèrent à marcher côte à côte dans la direction de la maison commune.

C’était un matin d’octobre. Un ciel tourmenté de gros nuages gris limitait l’horizon aux collines prochaines et rendait la campagne mélancolique. Les pruniers étaient nus, les pommiers étaient jaunes, les feuilles de noyer tombaient en une sorte de vol plané, large et lent d’abord, qui s’accentuait d’un seul coup comme un plongeon d’épervier dès que l’angle de chute devenait moins obtus. L’air était humide et tiède. Des ondes de vent couraient par intervalles. Le ronflement monotone des batteuses donnait sa note sourde qui se prolongeait de temps à autre, quand la gerbe était dévorée, en une plainte lugubre comme un sanglot désespéré d’agonie ou un vagissement douloureux.

L’été venait de finir et l’automne Baissait.

Il pouvait être huit heures du matin. Le soleil rôdait triste derrière les nues, et de l’angoisse, une angoisse imprécise et vague, pesait sur le village et sur la campagne.

Les travaux des champs étaient achevés et, un à un ou par petits groupes, depuis deux ou trois semaines, on voyait revenir à l’école les petits bergers à la peau tannée, bronzée de soleil, aux cheveux raides coupés ras à la tondeuse (la même qui servait pour les bœufs), aux pantalons de droguet ou de mouliné rapiécés, surchargés de « pattins » aux genoux et au fond,mais propres, aux blouses de grisette neuves, raides, qui, en déteignant, leur faisaient, les premiers jours, les mains noires comme des pattes de crapauds, disaient-ils.

Ce jour-là, ils traînaient le long des chemins et leurs pas semblaient alourdis de toute la mélancolie du temps, de la saison et du paysage.

Quelques-uns cependant, les grands, étaient déjà dans la cour de l’école et discutaient avec animation. Le père Simon, le maître, sa calotte en arrière et ses lunettes sur le front, dominant les yeux, était installé devant la porte qui donnait sur la rue. Il surveillait l’entrée, gourmandait les traînards, et, au fur et à mesure de leur arrivée, les petits garçons, soulevant leur casquette, passaient devant lui, traversaient le couloir et se répandaient dans la cour.

Les deux Gibus du Vernois et Boulot, qui les avait rejoints en cours de route, n’avaient pas l’air d’être imprégnés de cette mélancolie douce qui rendait traînassants les pas de leurs camarades.

Ils avaient au moins cinq minutes d’avance sur les autres jours et le père Simon, en les voyant arriver, tira précipitamment sa montre qu’il porta ensuite à son oreille pour s’assurer qu’elle marchait bien et qu’il n’avait point laissé passer l’heure réglementaire.

Les trois compaings entrèrent vite, l’air préoccupé, et immédiatement gagnèrent, derrière les cabinets, le carré en retrait abrité par la maison du père Gugu (Auguste) le voisin, où ils retrouvèrent la plupart des grands qui les y avaient précédés.

Il y avait là Lebrac, le chef, qu’on appelait encore le grand Braque ; son premier lieutenant Camu, ou Camus, le fin grimpeur ainsi nommé parce qu’il n’avait pas son pareil pour dénicher les bouvreuils et que, là-bas, les bouvreuils s’appellent des camus ; il y avait Gambette de sur la Côte dont le père, républicain de vieille souche, fils lui-même de quarante-huitard, avait défendu Gambetta aux heures pénibles ; il y avait La Crique, qui savait tout, et Tintin, et Guignard le bigle, qui se tournait de côté pour vous voir de face, et Tétas ou Têtard, au crâne massif, bref les plus forts du village, qui discutaient une affaire sérieuse.

L’arrivée des deux Gibus et de Boulot n’interrompit pas la discussion ; les nouveaux venus étaient apparemment au courant de l’affaire, une vieille affaire à coup sûr, et ils se mêlèrent immédiatement à la conversation en apportant des faits et des arguments capitaux.

On se tut.

L’aîné des Gibus, qu’on appelait par contraction Grangibus pour le distinguer de P’tit Gibus ou Tigibus son cadet, parla ainsi :

– Voilà ! Quand nous sommes arrivés, mon frère et moi, au contour des Menelots, les Velrans se sont dressés tout d’un coup près de la marnière à Jean-Baptiste. Ils se sont mis à gueuler comme des veaux, à nous foutre des pierres et à nous montrer des triques.

Ils nous ont traités de cons, d’andouilles, de voleurs, de cochons, de pourris, de crevas, de merdeux, de couilles molles, de…

– De couilles molles, reprit Lebrac, le front plissé, et qu’est-ce que tu leur z’y as redit là-dessus ?

– Là-dessus on « s’a ensauvé », mon frère et moi, puisque nous n’étions pas en nombre, tandis qu’eusses, ils étaient au moins tienze et qu’ils nous auraient sûrement foutu la pile.

– Ils vous ont traités de couilles molles ! scanda le gros Camus, visiblement choqué, blessé et furieux de cette appellation qui les atteignait tous, car les deux Gibus, c’était sûr, n’avaient été attaqués et insultés que parce qu’ils appartenaient à la commune et à l’école de Longeverne.

– Voilà, reprit Grangibus, je vous dis maintenant, moi, que si nous ne sommes pas des andouilles, des jeanfoutres et des lâches, on leur z’y fera voir si on en est des couilles molles.

– D’abord, qu’est-ce que c’est t’y que ça, des souilles molles, fit Tintin ?

La Crique réfléchissait.

– Couille mollet… Des couilles, on sait bien ce que c’est, pardine, puisque tout le monde en a, même le Miraut de Lisée, et qu’elles ressemblent à des marrons sans bogue, mais couille molle !… couille molle !…

– Sûrement que ça veut dire qu’on est des pas grand-chose, coupa Tigibus, puisque hier soir, en rigolant avec Narcisse, not’meunier, je l’ai appelé couille molle comme ça, pour voir, et mon père, que j’avais pas vu et qui passait justement, sans rien me dire, m’a foutu aussitôt une bonne paire de claques. Alors…

L’argument était péremptoire et chacun le sentit.

– Alors, bon Dieu ! il n’y a pas à rebeuiller plus longtemps, il n’y a qu’à se venger, na ! conclut Lebrac…

– C’est t’y vot’idée, vous autres ?

– Foutez le camp de là, hein, les chie-en-lit, fit Boulot aux petits qui s’approchaient pour écouter !

Ils approuvèrent le grand Lebrac à l’unanimité, comme on disait. À ce moment le père Simon apparut dans l’encadrement de la porte pour frapper dans ses mains et donner ainsi le signal de l’entrée en classe. Tous, dès qu’ils le virent, se précipitèrent avec impétuosité vers les cabinets, car on remettait toujours à la dernière minute le soin de vaquer aux besoins hygiéniques réglementaires et naturels.

Et les conspirateurs se mirent en rang silencieusement, l’air indifférent, comme si rien ne s’était passé et qu’ils n’eussent pris, l’instant d’avant, une grande et terrible décision.

Cela ne marcha pas très bien en classe, ce matin-là, et le maître dut crier fort pour contraindre ses élèves à l’attention. Non qu’ils fissent du potin, mais ils semblaient tous perdus dans un nuage et restaient absolument réfractaires à saisir l’intérêt que peut avoir pour de jeunes Français républicains l’historique du système métrique.

La définition du...



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