E-Book, Französisch, 923 Seiten
Scott Les Chroniques de la Canongate
1. Auflage 2019
ISBN: 978-80-273-0270-3
Verlag: e-artnow
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Histoire de M. Croftangry + La Veuve des Higlands + Les Deux Bouviers + La Fille du chirurgien + La Jolie Fille de Perth ou Le Jour de la Saint-Valentin
E-Book, Französisch, 923 Seiten
ISBN: 978-80-273-0270-3
Verlag: e-artnow
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Chroniques de la Canongate (titre original en anglais, Chronicles of the Canongate) est le titre collectif sous lequel sont édités deux nouvelles et deux romans de l'auteur écossais. Table des matières: La Veuve des Higlands: Elspat, ou la femme de l'Arbre, est la veuve de Hamish MacTavish, dit Hamish MacTavish Mhor (le grand), un redoutable cateran - un gentilhomme highlander vivant du vol des troupeaux des ' Saxons ' (les Lowlanders). Après l'écrasement des jacobites à la bataille de Culloden, le cateran est tué par les habits rouges. Elspat parvient à s'enfuir entre les balles, emportant Hamish Bean, leur nouveau-né. Les Deux Bouviers: Robin Oig, bouvier highlander, s'apprête à quitter Doune (au nord-ouest de Stirling, en Écosse) pour conduire un troupeau de b?ufs en Angleterre. Sa tante Janet, douée de seconde vue, voit du sang anglais sur sa main et sur son poignard. Elle réussit à le convaincre de confier l'arme au conducteur d'un autre troupeau, le lowlander Hugh Morrison. Robin se met en route. Il rejoint à Falkirk son ami, le bouvier anglais Harry Wakefield. Les deux hommes se connaissent depuis trois ans. Ils voyagent souvent ensemble, et fort joyeusement... Histoire de M. Croftangry La Fille du chirurgien Les Chroniques de la Canongate, 2e série La Jolie Fille de Perth ou Le Jour de la Saint-Valentin
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INTRODUCTION
Tous ceux qui connaissent l’histoire des premiers temps du théâtre italien savent qu’Arlequin, dans la conception originale, ne se borne pas, comme sur notre théâtre, à faire des miracles avec son sabre de bois, à entrer et à sortir par la fenêtre ; mais on trouve en lui, ainsi que l’indique sa veste bigarrée, un bouffon ou un clown dont la bouche, loin d’être éternellement fermée, laisse échapper, comme celle de notre Touchstone1, une foule de quolibets, de railleries piquantes et de saillies ingénieuses, la plupart improvisées. Il n’est pas facile de deviner pourquoi on lui donna son masque noir, qui représentait anciennement la figure d’un chat ; mais il paraît que le masque était essentiel à ce rôle, comme le prouvera l’anecdote suivante.
Un acteur du Théâtre Italien, établi à la Foire Saint-Germain, à Paris, était renommé pour la vivacité et la hardiesse de son esprit, les saillies brillantes et les reparties heureuses dont il assaisonnait à pleines mains son rôle de bouffon. Quelques critiques, qui avaient moins de jugement que de bienveillance pour un acteur favori, s’imaginèrent de lui adresser certaines remontrances au sujet de son masque bizarre. Ils se dirigèrent adroitement vers leur but en lui faisant observer que ce déguisement insignifiant jetait une teinte burlesque et ridicule sur son esprit cultivé et vraiment attique, sur l’originalité de ses saillies, et sur son heureuse facilité pour le dialogue : certes, de pareils talents produiraient bien plus d’effets s’ils étaient secondés par la vivacité de son regard et l’expression naturelle de ses traits. La vanité de l’acteur une fois mise en jeu, il se décida facilement à tenter l’expérience. Il joua Arlequin à visage découvert, et tout le monde fut d’avis qu’il avait complètement échoué. Il avait perdu la hardiesse que lui donnait le sentiment de l’incognito, et, avec elle cette imperturbable gaieté qui donnait tant de vivacité à son jeu. Il maudit ses conseillers et reprit son masque grotesque ; mais jamais, ajoute-t-on, il ne put retrouver l’insouciante et heureuse légèreté qu’il avait puisée d’abord dans la conscience de son déguisement.
Peut-être l’auteur de Waverley est-il sur le point de courir un danger du même genre, et de risquer sa popularité pour avoir quitté l’incognito. Ce n’est certainement pas une expérience volontaire que je tente comme Arlequin ; car, mon intention première était de ne jamais avouer les nouvelles dont je me reconnais aujourd’hui l’auteur : seulement, pendant ma vie, les manuscrits originaux avaient été soigneusement conservés, quoique plutôt par les soins des autres que par les miens, dans le dessein de servir de preuve évidente de la vérité, quand l’époque de la faire connaître serait arrivée. Mais les affaires de mes éditeurs étant malheureusement passées en d’autres mains, je compris que je n’avais plus le droit de compter sur le secret de ce côté : ainsi mon masque, comme celui de ma tante Dinah, dans Tristram Shandy, ayant commencé à s’user un peu du côté du menton, force me fut de le mettre de côté de bonne grâce, si je ne voulais le voir tomber morceau par morceau.
Cependant je n’avais pas la plus légère intention de choisir pour cette révélation le moment et le lieu où elle fut accomplie. Il n’y eut non plus rien de concerté entre mon savant et respectable ami lord Meadowbanck2 et moi dans cette occasion. Ce fut, comme le lecteur le sait probablement, le 23 février dernier3, dans une assemblée publique convoquée pour l’établissement d’une caisse de retraite pour les artistes dramatiques, que cette communication eut lieu. Avant qu’on se mît à table, lord Meadowbank me demanda si je désirais encore garder l’incognito sur ce qu’il appelait les romans Waverley. Je ne compris pas immédiatement où tendait la question de Sa Seigneurie, quoique, avec un peu de réflexion, il m’eût été facile de le deviner, et je répondis qu’il y avait maintenant tant de gens dans le secret, que j’étais devenu indifférent sur ce point. Ce fut ce qui porta lord Meadowbank, tout en me faisant l’honneur de proposer ma santé à l’assemblée, à dire, au sujet de ces romans, quelques mots qui me désignaient si clairement pour en être l’auteur, qu’en gardant le silence je me serais trouvé convaincu soit de la paternité réelle, soit du tort beaucoup plus grand de solliciter indirectement des louanges auxquelles je n’avais aucun titre. Je me trouvai donc, à l’improviste, placé dans le confessionnal, n’ayant que le temps de me rappeler que j’y avais été conduit par la main d’un ami, et que je ne pouvais trouver une meilleure occasion de mettre publiquement de côté un déguisement qui commençait à ressembler à un masque reconnu.
Je fus donc dans l’obligation pénible de m’avouer, devant une société nombreuse et respectable, pour le seul et unique auteur de ces romans Waverley, dont la paternité semblait destinée à soulever un jour une piquante controverse. Je crois maintenant devoir ajouter que, tout en prenant sur moi seul le mérite et le démérite de ces compositions, je reconnais avec gratitude qu’il m’a été communiqué de différentes parts des légendes et des idées qui ont servi de base à plusieurs de mes compositions, ou qui y ont trouvé place en forme d’épisodes. Je signalerai surtout la constante obligeance de M. Joseph Train, inspecteur de l’excise à Dumfries, aux recherches infatigables duquel j’ai été redevable de plusieurs traditions intéressantes et de quelques faits dignes de la curiosité d’un antiquaire. Ce fut M. Train qui me remit en mémoire l’histoire du Vieillard des tombeaux, quoique j’eusse eu moi-même, vers l’an 1792, une entrevue personnelle avec ce célèbre personnage, que j’avais trouvé livré à sa tâche habituelle. Il s’occupait alors de réparer les pierres tumulaires des presbytériens morts, pendant leur captivité, dans le château de Dunnotar, où un assez grand nombre de ces sectaires avaient été renfermés à l’époque du soulèvement d’Argile. Le lieu de leur réclusion est encore appelé la Prison des Whigs. M. Train me procura cependant sur ce singulier personnage des renseignements étendus que je n’avais pu obtenir de lui-même durant une courte conversation. Il était, comme j’ai pu le dire quelque autre part, natif de la paroisse de Closeburn, dans le comté de Dumfries ; et l’on croit que des chagrins domestiques, joints à un sentiment de dévotion, l’engagèrent à se livrer au genre de vie errante qu’il mena pendant si long-temps. Plus de vingt ans se sont écoulés depuis la mort de Robert Patterson, laquelle arriva sur la grande route près de Lockerby, où on le trouva expirant. Le petit pony blanc, compagnon de tant de pèlerinages, était à côté de son maître mourant, et le tout formait un tableau qui n’était pas indigne d’un pinceau habile. Ce fut M. Train qui m’apprit ces détails.
Une autre dette que je m’empresse d’acquitter est celle que j’ai contractée envers une correspondante inconnue : il s’agit d’une dame4 qui me fit la faveur de me communiquer l’histoire d’une personne de son sexe, remarquable par la droiture et la rectitude de ses sentiments et de ses principes. J’en ai fait Jeanie Deans dans la Prison du Mid Lothian. Son refus de sauver la vie de sa sœur par un parjure, et le voyage qu’elle fit à Londres pour obtenir la grâce de la condamnée, me furent donnés comme des faits réels par mon aimable et obligeante correspondante : c’est là ce qui me fit envisager la possibilité de rendre un personnage imaginaire intéressant par la seule dignité de son esprit et la rectitude de ses principes joints à un caractère tout uni et au simple bon sens, sans rien avoir de la beauté, de la grace, de l’esprit et des talents auxquels il semble qu’une héroïne ait un droit incontestable. Si la peinture de ce caractère fut accueillie du public avec quelque intérêt, je sens combien j’en ai été redevable à la vérité et à la vigueur de la première esquisse, que je regrette de ne pouvoir présenter au public.
De vieux livres bizarres, et une collection considérable de légendes de famille m’offrirent une autre mine si vaste à exploiter, qu’il était très-probable que les forces manqueraient à l’artisan avant les matériaux. Je citerai, pour en donner un exemple, la terrible catastrophe de la Fiancée de Lammermoor, qui arriva réellement dans une famille écossaise de haut rang. Une de mes parentes qui me communiqua cette triste histoire, il y a bien des années, était elle-même étroitement liée avec la famille dont il s’agit, et elle ne racontait jamais le fatal événement sans un air de mystérieuse mélancolie qui en augmentait l’intérêt. Elle avait connu, dans sa jeunesse, ce frère de la malheureuse victime, que j’ai peint galopant joyeusement vers l’église : quoique enfant alors, et fort occupé de la figure élégante qu’il faisait en tête du cortége nuptial, il ne put s’empêcher de remarquer que la main de sa sœur était froide et humide comme celle d’une statue. Il est inutile d’écarter davantage le voile de cette scène de douleur domestique ; car, bien que plus de cent ans se soient écoulés depuis la catastrophe, la publicité pourrait être désagréable aux représentants des familles qui devraient figurer dans cette narration. Il peut être bon d’ajouter que j’ai reproduit les événements,...




