Vidal | Les Fantômes | E-Book | www.sack.de
E-Book

E-Book, Französisch, 84 Seiten

Vidal Les Fantômes


1. Auflage 2024
ISBN: 978-2-322-62089-0
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark

E-Book, Französisch, 84 Seiten

ISBN: 978-2-322-62089-0
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark



Solitaire et sans mémoire, Bo erre dans la cité désertée. Jusqu'à cette rencontre inattendue, comme une porte ouverte ou une main tendue. Entre errance et quête, comment retrouver le sens de ce qui a été perdu ?

Un chat, un balcon, un café, une fascination pour les villes aux heures creuses et beaucoup de questions. En faut-il plus ?

Vidal Les Fantômes jetzt bestellen!

Autoren/Hrsg.


Weitere Infos & Material


l
Sur un banc de la place, les jambes étendues, les bras posés sur le torse, Bo fixe la mosaïque colorée du sol. Le tracé délicat s’étale sur l’esplanade et se prolonge jusque dans l’ouverture du boulevard principal qui plonge et disparaît dans la cité-monde. Bo connaît cet endroit. Iel le sait. Iel se souvient parfaitement avoir longuement parcouru les entrelacs de la mosaïque et avoir même demandé à Titien le sens du message qui ne manquait pas de se cacher derrière. La déception d’apprendre que celle-ci ne répondait à rien d’autre qu’un aléa créatif généré par le programme de réfection des voiries de la ville était amère. Encore maintenant, iel ne peut s’empêcher de chercher dans les formes un signe, le premier pas vers la révélation d’un mystère plus grand. Une illusion. Comme le reste. Iel sent la colère. Amère, elle aussi. Et personne à qui la dire. Iel soupire. Au-dessus de sa tête l’immensité sombre piquée d’étoiles se devine entre les feuillages. Encore une question à laquelle le robot n’a pas répondu. Le ciel, c’est le ciel. C’est tout. Titien. Son regard vide, sa voix éraillée, ses mouvements brusques et ses propos énigmatiques. Comme tout cela parait loin soudain. Iel se souvient, en tailleur sur le grand tapis, la chaleur réconfortante de la chambre et l’invitation quotidienne à partager ses doutes et ses questions. Mais à quoi cela a-t-il servi ? Iel sait maintenant que tout était faux. Les portes s’ouvrent et la route comme la nuit ne mangent personne. Soudain un bruit éclate dans son dos. Bo se lève d’un bond, anticipant la fuite, le cœur battant la chamade, le souffle court. Rien. Iel tend l’oreille, se concentre sur le murmure rauque de la cité-monde qui répercute déjà l’écho en contre-bas. Un fantôme peut-être. Bo attend, alternant entre panique et effroi, mais rien ne vient. Alors qu’iel s’apprête à se détourner, Iel avise un mouvement sur sa droite. Une forme sombre qui glisse le long de la façade, changeante, allongée, presque liquide. Bo recule, ses genoux cognent contre le banc de plastique tandis que l’ombre s’approche, se déformant sur les aspérités du mur. S’étire puis se rétracte au fur et à mesure qu’elle avance. Les fantômes ont-ils une ombre ? Iel se rend compte n’y avoir jamais fait attention. Chaque apparition l’a toujours surpris et iel n’a étrangement jamais essayé de trouver comment les anticiper. L’ombre s’arrête. Bo baisse la tête. Un petit être recouvert de fourrure brune, les oreilles pointées vers l’avant, pose un regard curieux sur sa surprise. Un chat. Iel sent l’excitation monter alors que l’animal, le regard jaune et luisant, s’assoit sur son arrière train. Bo devine ses longues moustaches et sa queue qui bat nerveusement le pavé. Un vrai chat. Attentiste, iel fait quelque pas vers son visiteur qui ne le quitte pas des yeux. Mais alors qu’iel va tendre la main, le chat fait demi-tour et s’enfuit vers la rue qu’il vient de quitter. Bo ne prend pas même le temps de réfléchir avant de s’élancer derrière le petit félin. Ses pas claquent sur le pavé, étouffant la course silencieuse de l’animal qui file droit devant lui tandis que Son corps raide lui fait regretter d’avoir tant négliger la gymnastique quotidienne à laquelle l’astreignait Titien. Les poumons en feu, iel fait son possible pour ne pas se laisser devancer, ne pas lâcher l’espoir tenu que l’animal représente. Iel a envie de lui crier d’arrêter, qu’il ne lui arrivera rien, mais iel devine que cela ne changerait rien. Le chat bifurque sur la droite, dans une ruelle étroite et sombre, surprenant Bo qui freine brutalement. Ses chaussures crissent sur les dalles, dérapent sur le sable poussiéreux. Iel manque presque de tomber, se jetant en avant pour reprendre sa course. Le chat disparaît déjà à l’autre bout du boyau. Iel atteint finalement le coin de la rue, à bout de souffle. L’allée est courte et déserte mais débouche sur une rue bordée d’une haute grille dont s’échappe les branchages désordonnés d’un amas d’arbres, attisant la curiosité, l’incitant à presser le pas. Comme ailleurs, le ruban habituel de la route y est encadré par deux trottoirs ponctués régulièrement de mobilier urbain. Une rue si semblable à tant d’autre. Au-delà, sur le trottoir d’en face, là où devrait s’élever l’immeuble, il y a cette grille et ce feuillage épais et hirsute dont on ne devine pas de fin et qui par endroit semble se jeter en avant, à peine retenu par les barreaux de métal. Iel s’étonne de constater qu’iel n’a jamais mis un pied ici. Constat étrange éclipsant presque l’amertume d’avoir perdu le petit animal. Iel devine que le chat, si pressé de lui échapper, s’est précipité là-bas, sous les branches. Le métal est froid sous ses doigts. Un instant, iel envisage de se hisser par-dessus, mais les pics acérés qui composent la partie supérieure de la grille et la cuisson douloureuse si présente dans ses jambes et son dos suffisent à inhiber ses hardeurs. Iel saisit une branche d’une main, la secoue, faisant tomber quelques feuilles puis tire brusquement, faisant ployer un tronc, espérant apercevoir quelque chose de l’autre côté. Rien. Le feuillage dense du premier arbre n’en cache qu’un second au feuillage encore plus sombre et impénétrable. Iel fait un pas en arrière. A droite comme à gauche la grille longe le trottoir, sans trace d’ouverture. Iel revient vers le coin de la ruelle qui l’a conduit ici et se laisse glisser le long du mur blanc. Un souffle d’air balaie les pavés, l’air frais s’insinue sous l’épais manteau, l’oblige à tirer sur le col de son par-dessus. Iel frissonne, prenant conscience de sa chemise trempée de sueur qui lui colle à la peau. Iel se recroqueville davantage. A ses côtés, la rue s’étire, vide et silencieuse. Combien de temps encore jusqu’au matin ? Iel a bien l’impression qu’alentours, l’éclairage est moins vif. Une bourrasque plus soutenue agite le feuillage comme mille mains tendues, venant à sa rencontre. Un instant iel hésite à revenir sur ses pas, à retrouver le robot endormi et la douce chaleur de sa chambre. A s’enfouir sous la couverture et d’oublier le regard de cette fille, la Tour 8 et la nuit et reprendre jour après jour le tissage de sa vie. Une vie sans témoin. Iel secoue la tête. Quelque chose l’attire ici. Malgré tout. Dans cet endroit incompréhensiblement inconnu. A bien y réfléchir, Bo ne sait d’ailleurs pas vraiment où il se situe. Minutieusement, iel tente péniblement de refaire mentalement le trajet qui mène ici mais s’égare plusieurs fois et finit par laisser tomber. La vision du défilé d’entrelacs gris minuscules s’étirant à perte de vue depuis le toit de la Tour 8 s’impose à son esprit. Si vaste qu’il en paraît infini, invitant à chercher des limites et des repères. Iel se souvient avoir tenté de distinguer les quelques éléments qu’iel croyait reconnaître, perdant systématiquement le fil de ses recherches noyées dans les déclinaisons de gris, prenant soudain conscience de la naïveté de sa propre assurance. Que connaît-iel vraiment de la ville dans le fond ? Quelques rues et places s’enchevêtrant sur quelques kilomètres. Iel doit bien avouer n’avoir jamais poussé ses explorations bien loin. La nuit et la peur dissuadant toute initiative. Et, de toute façon, pourquoi l’aurait-iel fait ? La certitude que rien de bien différent, ne pouvait se trouver au-delà était si confortable. Pourtant, Titien vantait toujours l’immensité de la cité-monde. La honte monte, rouge et cuisante, tandis que les propos du robot sur les trésors de la mégalopole lui reviennent. Comment a-t-iel pu oublier ? Les images que le robot lui montrait avait pourtant semblé si étrange et fascinante, pleine d’un mystère attisant l’envie d’aventure et de découverte. Certes, Titien avait aussi vite étouffé ses ardeurs sous d’infinies recommandations. Ses mains tombées sur les dalles se ferment sur le sable poussiéreux. L’amertume dans sa bouche lui renvoie l’image d’un insecte, si petit, si frêle, insignifiant. A peine plus que les grains qui s’échappent en cascade entre ses...



Ihre Fragen, Wünsche oder Anmerkungen
Vorname*
Nachname*
Ihre E-Mail-Adresse*
Kundennr.
Ihre Nachricht*
Lediglich mit * gekennzeichnete Felder sind Pflichtfelder.
Wenn Sie die im Kontaktformular eingegebenen Daten durch Klick auf den nachfolgenden Button übersenden, erklären Sie sich damit einverstanden, dass wir Ihr Angaben für die Beantwortung Ihrer Anfrage verwenden. Selbstverständlich werden Ihre Daten vertraulich behandelt und nicht an Dritte weitergegeben. Sie können der Verwendung Ihrer Daten jederzeit widersprechen. Das Datenhandling bei Sack Fachmedien erklären wir Ihnen in unserer Datenschutzerklärung.