E-Book, Französisch, Band 1/3, 178 Seiten
Reihe: Musique
Gaubiac Musique
1. Auflage 2025
ISBN: 978-2-322-64349-3
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
Emilie
E-Book, Französisch, Band 1/3, 178 Seiten
Reihe: Musique
ISBN: 978-2-322-64349-3
Verlag: BoD - Books on Demand
Format: EPUB
Kopierschutz: 6 - ePub Watermark
C'est une histoire en musique. C'est l'histoire de Rémy, professeur atypique et passionné du 7e art, apprécié par ses élèves et sa hiérarchie. Sa vie professionnelle le rend heureux. Sa vie personnelle est plus compliquée. Il vit seul, meurtri par un passé douloureux qui le retient chez lui. Une rencontre va tout changer. C'est une histoire qui s'écoute et qui se lit, rythmée par la musique.
Un air fredonné dans sa ou bien sous un abribus, Les mots qui s'invitent et s'inventent, pas besoin de beaucoup plus, Appelle ça de l'art brut, de l'art sauvage, appelle ça de l'art nu, Quand ta scène est un champ, un voyage ou un banc au bout de l'avenue ... Besoin de rien Grand Corps Malade, Ben Mazué, Gaël Faye
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John Coltrane - say it
Les jours se suivent et se ressemblent. Les matins sont les mêmes. Rémy ne passe toujours pas par le portail donnant sur le lac. Il ne peut pas. Le trajet pour se rendre au travail est identique à celui emprunté les jours précédents. Il prend son bus quotidien, pour rejoindre le tram, qu’il attendra tranquillement sur le quai. Tiens, la jeune femme aperçue ici même n’est pas là aujourd’hui ! Il monte dans le tram par la même porte que d’habitude et il reste debout, comme chaque jour, encore et toujours. Il ne regarde pas vraiment dehors mais son regard porte sur les paysages en mouvement. Cela lui donne l’impression d’être dans un autre monde, peuplé d’ondulations féeriques et effrayantes. Toutefois, il a besoin de penser à autre chose. Il plonge sa main dans sa sacoche pour en sortir son livre et continuer à écouter les récits de Paloma et la rencontre inattendue que Renée va faire. Cinq minutes plus tard, son attention est attirée vers sa gauche. La personne qui attendait le tram l’autre jour, cette nouvelle tête, nouvelle dans le quartier sans doute, est là parmi les autres gens, au milieu de la foule, le regard perdu vers l’extérieur, écouteurs dans les oreilles. Il reste quelques instants à la regarder, comme attiré. Il replonge dans son roman et ne voit pas qu’à cet instant précis, la jeune femme se retourne vers lui. Il descend au même arrêt que les jours précédents. Quelques bonjours furtifs aux étudiants. Il reste un moment avec ses collègues, évite le plus possible Catherine, puis va préparer sa salle de classe. Il est studieux et méthodique. Il s'accorde un instant pour regarder vers l’extérieur. Peu de bruits malgré des étudiants qui parlent fort, s’embrassent, rigolent, tandis que d’autres sont assis, déjà exténués par la journée qui les attend et le corps épuisé par la folle soirée qu’ils ont passée la veille. Trop de lumière, il tire les rideaux. Il ferme les yeux et écoute ce qui est presque le silence. Cela lui permet de faire appel à ses souvenirs sans tomber dans la rumination. Il n’a pas besoin de concentration pour penser à Camille. Chaque trait de son visage est ancré dans sa mémoire. Un raclement de gorge le sort de ses pensées. Il se retourne et une ombre se tient devant la porte d’entrée de la salle restée ouverte. La lumière venant de l’extérieur de la pièce produit un effet de contre jour et la personne se trouve dans la pénombre. – Oui ? – Je vous prie de m’excuser, j’ai frappé mais je pense que vous ne m’avez pas entendue. C’est une voix féminine. Il reste près de la fenêtre, elle est sur le pas de la porte. – Je peux faire quelque chose pour vous ? En faisant un pas en avant, la silhouette répond : – Puis-je ? – Oui bien sûr, entrez car là je vous devine. Je vous perçois mais je ne vous vois pas. – Souhaitez-vous que j’allume, dit-elle en s’approchant. – Non laissez comme ça s’il vous plaît. Il interrompt sa phrase, car plus qu’une silhouette, son visage est maintenant éclairé par un trait de lumière. – Vous êtes la jeune femme du tram ? – Je vous demande pardon ? – Non … désolé c’est un peu abrupt mais il me semble vous avoir aperçue tout à l’heure. – Ah peut-être. Je suis effectivement venue par ce moyen de transport. Un silence s’installe. Ce silence qui parfois peut être dérangeant est ici agréable. Il paraît s’éterniser et pourtant ne dure que quelques secondes. Ils se regardent sans grande intensité mais suffisamment pour produire chez eux un léger sourire. – Que puis-je faire pour vous ? – A l’accueil on m’a envoyée ici. C’est vous qui donnez les cours théoriques pluridisciplinaires de l’audiovisuel ? – En fait, le terme exact est "cours théoriques interdisciplinaires du cinéma". – Ce n’est pas ce que j’ai dit ? – En fait, la pluridisciplinarité fait appel à une juxtaposition des métiers alors que l’interdisciplinarité propose l’interaction des corps de métiers du cinéma entre eux, et uniquement du cinéma. Pas de l’audiovisuel. – Wahou ! Bref avec vous on parle cinoche ? – Oui c’est ça, répond Rémy. Alors vous êtes ? – Émilie Jones. – Nouvelle étudiante ? – Oui. – Bien. – J’intègre la formation en candidate libre via une Validation des Acquis de l’Expérience. – Ah ! On ne m’a pas prévenu. Soyez la bienvenue. On s’assoit ? Nous avons dix minutes avant l’arrivée des autres étudiants. Faisons connaissance ? Parlez-moi de vous. Ce qui se passe ensuite est digne d’un écrit scénaristique des plus captivants. Émilie a un débit de parole impressionnant. Elle fait valser les mots les plus simples, pour ne pas dire simplistes, de la langue française. Sa façon de parler embellit chaque mot. Rémy écoute ce monologue. Elle n’aborde pas sa vie personnelle mais évoque plutôt son passé scolaire et professionnel, son présent et les raisons de son arrivée dans cette ville depuis un mois, à trente cinq ans et pourquoi elle a choisi de suivre cette formation. Elle parle de ce qu’elle souhaite, de ses objectifs et de ses projets. Il ne l’interrompt pas. C’est elle qui décide de lui passer la parole. – Et vous ? – Pardon ? – Vous avez dit : faisons connaissance. Alors dîtes m’en plus sur vous. Sauvez par le gong, comme hier, Mike Oldfield rameute les troupes et les étudiants entrent les uns après les autres dans la salle. – Une autre fois peut-être, répond Rémy troublé. – Oh mais vous ne vous en tirerez pas comme ça ! Il se lève pour s’adresser à l’ensemble des étudiants. – Bienvenue à tous ! Installez-vous s’il vous plaît. J’espère que tout le monde est en forme. On accueille Émilie parmi nous. – BONJOUR EMILIE, reprennent les étudiants en choeur. – Bienvenue. Aujourd’hui nous allons parler musique. On abordera la musique diégétique et extradiégétique. – Je peux lire l’étonnement sur vos visages. Pas d’inquiétude, vous commencez à me connaître, je vais tout vous expliquer. Du moins je vais essayer. – Abdellatif, tu écoutes quel genre de musique ? – Du RAP principalement. – Ok, dans des films, tu en as déjà entendu ? Tu as certainement une référence ? – Plusieurs vous voulez dire. « Something from Nothing » documentaire de Ice-T, le Biopic « Notorious B.I.G », « Réussir ou Mourir » avec 20 Cents, « Comment c’est loin » de et avec OrelSan et bien évidemment « 8 miles ». – « 8 miles » de Curtis Hanson avec Eminem. Ce style musical fait partie intégrante du film car il est utilisé en fond sonore autant en diégétique, lors des joutes oratoires, qu’en extradiégétique, c’est-à-dire extérieur au plan, lors des musiques d’ambiance par exemple. Si je vous dis Monty Norman, ça vous parle ? Silence dans la salle, interrompu par Rémy qui se met à chantonner : – Don DonGue Dong Dong, Don Don Don Don DonGue Dong Dong, Pa la Pa la Pa la la. – James Bond s’écrie quelques étudiants. – Mais je croyais que c’était John Barry qui avait composé cette musique, précise l’un d’entre eux. Émilie sourit et commence à se prendre au jeu. – L’arrangement et l’orchestration sont de John Barry et il a également composé des musiques de films comme « Out of Africa », « Danse avec les loups », « Chaplin ». Tous les étudiants sont à l’écoute, certains prennent même des notes, dont Émilie, à qui, de temps en temps, Rémy jette un petit coup d'oeil, pour vérifier si elle accroche. Il leur parle entre autre de Henry Mancini, Bernard Herrmann, Rachel Portman, Ennio Morricone, Hans...